‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 141 sur 243 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

bons désirs restent frappés d’impuissance. Mais je tiens pour certain que Dieu ne permettra jamais au démon de tromper une personne qui, .ve (Méfiant d' elle-même en tout, est si ferme dans la foi que, pour la moindre des vérités révélées, elle serait prête à alfronter mille morts. L’esprit de ténèbres peut cependant nous tendre bien des pièges; et le plus sûr est de toujours craindre, et d’avoir un maître éclairé auquel notre ame soit entièrement ouverte. Avec de telles précautions, il ne peutnous arriver aucun jusqu àp. 330.)

... M’essayant à retracer les variétés ballucinatives, et le désordre des facultés visuelles et auditives du corps et de l’ème de l’homme, je ne saurais recueillir avec trop d’empressement ni ces instructions sacrées , ni la parole qui nous révèle la nature et la variété des visions divines, et les distingue de celles qui ont le démon pour auteur. Oh! quelle serait la science de nos docteurs profanes si leurs yeux s’ouvraient « à la doctrine céleste de Térèse, dont l’Église souhaite que les âmes des fidèles se nourrissent » et se fortifient ! (^Oraison pour la fêle de sainte Térèse : lia cœlestiSy etc.) — ( Térèse écrit son nom sans h.)

« Le jour de la fête du glorieux saint Pierre, étant en oraison, dit sainte Térèse, je vis, ou, pour mieux dire, car je ne vis rien ni des yeuæ du corps ni de ceux de râme, je sentis près de moi Notre-Seigneur Jésus-Christ, et je voyais que c’était lui qui me parlait. 11 me semblait qu’il marchait toujours à côté de moi; néanmoins, comme ce n’était pas une vision imaginaire, — c’est-à-dire dont l’objet fût pour les yeux du corps ou de l’âme une image, — je ne voyais pas sous quelle forme. Je connaissais seulement d’une manière fort claire qu’il était toujours à mon côté droit, et voyait tout ce que je faisais. Je sus depuis que cette vision est de l’ordre le plus élevé, et que, de toutes les visions, dest celle où le démon peut avoir le moins d'accès. Je dis

que je ii’y vis Noire-Seigneur ni des yeiiæ du corps ni de ceux de Vdme, attendu que cette vision n’est point sous forme d’image. (P. 349.) Notre-Seigneur s’y montre présent à l’âme par une connaissance plus claire que le soleil... c’est une lumière qui, sans qu’aucune lumière frappe nos regards, illumine l’entendement. Notre âme voit que la très-sainte humanité de Notre-Seigneur nous accompagne, et qu’elle a lavolonlé de nous favoriser de ses grâces. » (//)., p. 350-351.)

« Notre-Seigneur s’imprime donc dans l’entendement par une connaissance souverainement claire, qui exclut le doute. Il veut que cette connaissance y demeure si profondément gravée qu’elle produise une certitude plus grande que le témoignage des yeux; car, pour ce qui frappe notre vue, il nous arrive quelquefois de douter si ce n’est pas une illusion. Et cette vision est quelque chose de tellement spirituel, qu’il n’y a, ni dans les puissances de l’âme ni dans les^eens, aucun mouvement où le démon puisse trouver prise. » (P. 352.)

Mais la nature des visions, ai-je dit, n’est point toujours la môme. Ainsi, « le jour de la fête de saint Paul, Jésus-Christ daigna m’apparaître dans toute sa très-sainte humanité , tel qu'on h peint ressuscité, avec une beauté et une majesté ineffables!... On sent, quand on veut décrire de telles choses, une impuissance qui tue! Notre-Seigneur me fit si souvent et si bien voir la vérité d’une telle faveur, qu’en très-peu de temps je me vis alFranchie de toute crainte d’illusion, et je reconnus combien j’avais eu peu d’esprit. En effet, quand bien même je me serais effoi^cée pendant des années entières de 7)ie figurer une beauté si ravissante, jamais je n’en eusse pu venir à bout!... Auprès de ses rayons,... ceux du soleil perdent tellement leur lustre qu’on ne voudrait plus les regarder. » (P. 368.) Enfin cette lumière « est telle que l’esprit le plus pénétrant, môme après les efforts d’une longue vie, ne pourrait s'en former une idée. » (P. 369.) Je n’ai

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