‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 145 sur 243 · ÉTUDE DU FANTÔME HUMAIN ET DU PRINCIPE VITAL · texte numérisé non relu

ÉTUDE DU FANTÔME HUMAIN ET DU PRINCIPE VITAL

Les Esprits, anges, démons ou âmes, ont-ils un corps naturel? — Sont-ils unis à une substance fluidique? — Cette substance leur sert-elle d’instrument? — Opinions, sur ce point, des Pères de l’Église, des philosophes de l’idolâtrie et des modernes. — Quand, comment et pourquoi les Esprits ont un corps.

Libres de la crainte incessante et puérile dont les prétendues opérations d’un fluide générateur de merveilles \ et le phénomène très-réel, mais infiniment restreint de l’hallucination, semblaient devoir épouvanter notre raison, ne nous trouvons-nous point autorisés à répéter une fois de plus, avec les faits qui nous assiègent : Oui, les véritables agents, les agents primaires et sérieux de ce que notre langage a nommé le Surnaturel, ce sont des Esprits ! La part qui leur est dévolue dans l’économie des phénomènes de ce monde est énorme ; mais leur opération le plus souvent échappe et se dérobe à notre intelligence. Arrive-t-il donc qu’un fait, inexplicable d’après les lois des sciences profanes, frappe nos sens et se manifeste contraii'ement au cours naturel des choses; oh! c’est alors que nous nous prononçons, et que, pour nous, le prodige commence.

Et, dans ces conditions de crédibilité, voir le prodige, lorsqu’il se révèle et apparaît, ce n’est point voir avec des yeux d’halluciné. Bien loin de là; l’hallucination consiste, en ce cas, à le regarder en hébété sans le voir , à le méconnaître en le voyant, puis à le nier de bonne foi dans la candeur de son aveuglement !

Mais si les Esprits, dont l’habitude dominante est de se

‘ Fluide à mille noms , selon les temps : aujourd’hui magnétique, odyle, etc.

LE MONDE MAGIQUE

donner pour les âmes ou pour les fantômes des morts, jouent le plus souvent un rôle si propre à nous déconcerter, ne nous importe-t-il [loint d’ÉTuniEii leur nature , de les . analyser, de les connaître arec précision, de voir s’ils ne ' sont point une simple, mais exceptionnelle émanation de l’homme ; et l’une des premières questions, dans l’étude des I faits exceptionnels qui naissent de leur action , ne seraitelle point celle-ci : Les Esprits ont-ils une substance qui les revête et les enveloppe ' ? Sont-ils doués d’un instrument naturel et physique faisant partie de leur être? En un mot, ont-ils un corps gazeux , fluidique, ou formé d’une substance inimaginablement subtile? Traitée à plus d’un point de vue déjà, cette proposition est d’un intérêt qui ne se révèle point toujours avec éclat au premier coup d’œil 5 et loin de se borner aux purs Esprits, elle étend son importance jusqu’à nous; elle se lie à la question même de notre être ; elle nous entraîne à nous demander, aussitôt que nous jetons les yeux sur notre personne : Mais cette même substance dont il serait possible que les Esprits fussent enveloppés comme | d’un corps, n’enveloppe-t-elle pas aussi notre àme? IN’existet-elle pas en nous comme une partie constitutive de la personne humaine? Ne forme-t-elle point de l’homme, concurremment avec son corps visible et son âme, un être trinaire?

Enfin, cette fugace et pénétrante substance, ce corporel arôme doué d’une merveilleuse élasticité, ne suit-il pas à la mort, et au gré des circonstances, tantôt l’âme et tantôt le corps? N’est-il point, aussitôt que s’allume en nous l’étincelle vitale, la forme, c’est-à-dire, dans le langage de l’ancienne philosophie, le principe de la confiyuration et de la vie du corps de l’homme? Et souvent, lorsque la mort sépare l’âme de notre corps, ne devient-il point le formateur du fantôme, la forme du spectre humain, tel qu’il se révèle ‘ Périsprit , péri-psychê , péri-noiis. '

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