CHAPITRE PREMIER
avoir vu, au mois de juin 1855,, une multitude de merveilles dont quelques-unes sont eœaclement semblables à celles que nous ont alTirmôes MM. Phiseps et Spada
Mais, avant de m’éloigner de Florence et de la Toscane, avant de jeter dans mes pages un mot à l’adresse des hallucinations, je veux rapporter une expérience encore, et Paris en a connu depuis de tout identiques. Mademoiselle de — dont le caractère « et le talent ont su faire tant d’honneur à la France, môme au milieu des merveilles de l’Italie », après avoir pris connaissance du manuscrit italien qu’un trait de plume vient de faire passer dans notre langue, y ajouta quelques détails; et « la dignité de son témoignage, — me mande M. de Mirville, — leur confère la plus grande autorité ! »
Puis, ayant assisté à la plupart des expériences que nous venons de décrire , et où les invisibles se donnent pour les âmes de nos prédécesseurs, elle finit par entrer, comme tout le monde, en correspondance avec ses grands parents. Elle fut avec cette sorte de respectueuse Qi polie, selon sa Spirituelle expression et selon ses habitudes de bonne com-
^ Voir le livre ; Healing of nations. C. Linton and N. Tallmadge, 18o5, New-York, p. 44 à 62, etc., etc.
Aux faits dont il fut témoin, le comte Spada en ajoute d’autres fort étonnants, et qui viennent de se passer sous les yeux de personnes dignes de foi : persone degne di fede. .le ne les traduirai point, car de tels faits surabondent dans mon portefeuille, et moi-mème je fus témoin de phénomènes du môme genre. Le sénateur Tallmadge affirme en outre avoir vu des médium guérisseurs, doués d’un pouvoir presque miraculeux; Healing medium., of almost miraculous power! (P. 62.)
Un médecin fort distingué, de ma connaissance, m’affirme avoir vu guérir instantanément , sous ses yeux, des maladies aiguës qui s’étaient jouées de la science. Le guérisseur était un de ses amis. — Mais comment vous y prenez-vous donc, mon cher? — J’ai des prières et des invocations!... Observons que ces prières ne s’adressaient pas à Dieu ! Je ne me lasserai point de rappeler les ch. xxn et xxiit de ['Apologétique de Tertullien, (jui connaissait si bien les dieux que nous voyons rejiaraîtrc >
LE MONDE MAGIQUE
pagnie, mais tout en s’abstenant bien d’ôtre expansive! Or, un beau jour, les phénomènes ordinaires n’ayant point satisfait tous les spectateurs, on osa demander quelque chose de plus positif, et de plus appétissant. Cinq doigts d’une main vigoureuse soulevèrent aussitôt le tapis de la table devant laquelle on siégeait, et serrèrent les mains téméraires qui ne reculèrent point à leur approche... xMais, en personne qui sait son monde, mademoiselle de demanda la suppression du tapis, et la répétition de la môme scène sur une table nue. Trois mains coupées au poignet apparurent alors au beau milieu de cette table, et restèrent au service de tout le monde! Voir de ses yeux , et surtout voir en compagnie de personnes qui tombent d’accord avec vos propres yeux sur ce que vous voyez, c’est quelque chose déjà; mais, sentir et toucher, c’est plus encore. Mademoiselle de eut donc le courage de placer sa main au milieu de ces trois monstres, et ceux-ci eurent l’impudence de la serrer... Ces mains étaient, au toucher, d’une mollesse extrême et, — • contre X ordinaire en spectrologie , — elles, étaient complètement moites. — Voilà, le fait attesté. (Florence, 7 mai 1856. Lettre de M. de Mirville à M. des Moiisseaua; .)
Mieux que des mains quelquefois se font voir et sentir à nos corps; nous l’énoncerons avec autorité lorsque le temps en sera venu. Laissons cependant Michel Glycas nous dire que « Basile, empereur constantinopolitain (iv® partie , Annal.) ayant perdu son fds Constantin qu’il aimait uniquement, voulut le voir à quelque prix que ce fût après sa mort... A cette cause, il s’adressa à un moine de l’hérésie des Euchètes, qui avait nom Santaberène, et le pria de faire tant, qu’il pût voir son fils. Le moine, ayant fait ses conjurations, montra à l’empereur un spectre semblable à son lils, lequel l’empereur baisa pour son (ils, et tint si longuement embrassé que l’Esprit se disparut et évanouit entre ses bras. »