CHAPITRE SEIZIÈME
Voilà donc les spectres, ou les revenants!... c’est-à-dire une représentation sai.sissante , un fac-similé vaporeux de nos personnes. Car, observons-le bien, ce n’est point une àme ordinaire que Lucrèce représente sous la forme d’Iio- 1 mère — neque aii imœ, neque corqwra, sed siinulacra ^ — ■c’est un type, c’est un modèle, un patron de son corps, (/c/.. Odyssée, 1. XL) Et CE SIMULACRE, qui n’est POINT UNE AME, Q^aisonne et ensoiyne pourtant! IL semblerait êU'e Homère tout entier, si les mains pouvaient le toucher! si l’on ne nous disait : son âme et son corps sont iailleurs!
Observons en outre, à propos du simulacre d’Homère, que hle poète lui-même connaissait admirablement les illusions à ! l’aide desquelles il est facile aux Esprits de nous décevoir : A( Non, tu n’es pas mon père, dit Télémaque à Ulysse qui se liJécouvre à son.fils; — tu n’es qu’un démon, qu’un esprit, i|qui me flatte et m’illusionne L »
Les anciens peuples possédaient beaucoup plus de vérités (jque X orgueil et X ignorance ne nous permettent de le recconnaître. La tradition les leur avait /û’rees intactes; mais, lile leurs mains grossières, ainsi que nous le voyons à chaque [>pas, ils les avaient mutilées ou travesties. C’est pourquoi iiious nous gardons d’un trop naïf étonnement lorsque, plus ;.tard, les savants du monde profane, ignorant l’état primitif :de ces vérités défigurées d’une manière odieuse, n’en recueillent un si grand nombre que pour les laisser mourir ■sous leurs dédains, que pour les collectionner froidement idans leurs nécropoles. Et nous cessons de nous émerveiller lorsque d’étranges confusions et de singulières erreurs ,
similitude, notre simulacre. Lucrèce, De'nat. rerum,\. I®’'. — Lireladisserlal. de la Rible de Vence Drach, sur les bons et les mauvais anges, t. XX, |). 32, .33. 1829.
‘ Où cru y’ Oûuaccùç èaai 7raTr,p euoç, aX)iot \j.z OeXyei. . .
{Odyssée, 1. XVI, v. 194.)