‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 17 sur 243 · CHAPITRE PREMIER. T · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. T

Il sera donc intéressant de consacrer une page à dire l’origine, la raison et la fin des rapports de M. Home avec son saint directeur le R. P. de Ravignun. — Une plume digne de cet -instructif récit remplacera pour un instant la mienne.

« Il s’agit donc de ce fameux médium américain qui aurait le triste talent de faire tourner autre chose que les tables, etd’évoquer les morts pour divertir les vivants. On a beaucoup parlé, même dans les journaux, de ses rapports religieux et intimes avec le P. de Ravignan; et l’on a semblé vouloir, sous le passe-port d’un nom accrédité, introduire et consacrer en France ces belles découvertes du nouveau monde. » •

« Voici le fait dans toute sa simplicité. Il est très-vrai que le jeune étranger, après sa conversion en Italie, fut adressé et recommandé de Rome au P. de Ravignan; mais à celte époque, en abjurant le protestantisme, il avait aussi répudié la magie , et il fut accueilli avec cet intérêt qu’un prêtre doit à toute âme rachetée du sang de Jésus- Christ, et plus encore peut-être à une âme convertie et ramenée dans le sein de l’Église. A son arrivée à Paris, toutes ses anciennes pratiques lui furent de nouveau absolument interdites. Le P. de Ravignan, é' accord avec les principes de la foi qui proscrivent la superstition , défendait, sous LA PEINE LA PLUS SÉVÈRE Qu’iL PUT INFLIGER, d’être acteur ou même témoin de ces scènes dangereuses et quelquefois criminelles. Un jour, le malheureux médium, ob-sédé par je ne sais qui, homme ou démon, vint à manquer à sa promesse; il fut repris avec une vigueur qui le terrassa ; survenant alors, par hasard, je l’ai vu se rouler à terre et se tordre comme un ver aux pieds du prêtre saintement courroucé. Cependant le père, touché do ce repentir convulsif, le relève, lui pardonne et le congédie

LE MONDE MAGIQUE

après avoir exigé cette fois, par écrit, une promesse sous la foi du serment. Mais il y eut bientôt une rechute éclatante, et le serviteur de Dieu, rompant avec ckt esclavk des esprits, lui fit dire de ne plus reparaître en sa présence. » (P. 298-299, t. II. Vie du R. P. Xavier de RavUjnan, de la compagnie de Jésus , par le P. A. de Pontlevoy, de la môme compagnie. Paris, Douniol, 1860.)

Quoi qu’il en soit, ce que tout Paris apprit un peu plus tôt, un peu plus tard, c’est qu’au jour fatal du rendez-vous donné par les Esprits, c’est-à-dire le 10 février 1857, — ils reprirent possession de leur domicile; ils redevinrent les familiers, les lumières, les inspirateurs et la puissance de M. médium!

Puissance variable, puissance intermittente, puissance dont il n’est jamais le maître, puissance qui l’assujettit, puissance qui lui ménage quelque cruelle et perfide surprise, et sur la cause mystérieuse de laquelle il répond : « C’est à l’état de maladie où je suis, que je dois de me trouver en rapport dès cette vie avec les Esprits et les trépassés * . ))

Or, le désordre organique dont souffre M. Dunglas Home est une maladie de cœur, accompagnée de vomissements de sang, et de ces crises de nerfs qui, du temps de l’idolutrie, suffisaient en quelque sorte à élever un homme au rang des pontifes (voir au chapitre suivant, Sprengel, Uist. de la médecine)^ et je suppose que ces maux sont descendus vers lui de génération en génération; car le don de seconde vue, le Voyantisme, ou l’état de médium est héréditaire dans sa famille qui n’est point Américaine, mais d’origine écossaise;

I Voir le Monde illustré, n° 2, 25 avril 1857! On n’a pas oublié que les maladies sont une prédisposition à l’état magnétique, ou magique. Voir le cliap. xn, de la Maijie au dix-neuvième siècle... Spiritus infirmitatis, saint Luc, Évangile, ch. xin, ■i;. ii.

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