CHAPITRE VINGT ET UNIÈME
venant en ce monde, et n’y venant que pour c’est-à-
dire pour j}rt.s\ser ailleurs (per-ire, passer au travers^ et non pas cesser d'être), rien nous engage-t-il à nier l’existence d’une sorte de germe propre au corps, indestructible, et futur instrument de sa résurrection? ratio oorporalis.
Non, et tout au contraire ! car a ce que vous semez, dit le grand apôtre , ne reprend point la vie s'il ne meurt auparavant. Et quand vous semez, vous ne semez point le corps qui doit naître, mais la graine seulement; après quoi Dieu donne à chaque semence le corps qui lui est propre'. » Or, ce germe, ce type indéfinissable, que l’acte mystérieux de la génération ou dégage en le renfermant dans
CE PREMIER TOMBEAU DE l’ètre, le seiu de sa mère; ce germe, disons-nous, n’a pourtant en cette vie rien de spirituel encore, puisque, au contraire, il doit le devenir en changeant de milieu^ en redevenant le corps, à l’aide de l’àme, lorsqu’à l’appel de Dieu l’âme et le corps spiritualisé devront se réunir et s’embrasser à tout jamais*. Car il est dit : « Le corps de l’homme est semé corps animal, et il ressuscitera corps spirituel. » Ce que justifiera donc la résurrection, lorsque agira cette semence corporelle qui ne se nourrit aujourd’hui que dans la matière, c’est que, « s’il
* 1 Corinth., ch. xv, p. 36. Tout meurt, au contraire, et pour ne point -revivre , chez la brute, car « toute chair n’est point la même chair; mais autre est la chair de l’homme, autre est la chair des bétes. » Saint Paul, 1 Corinth., ch. xv, 39. Tout a l’heure je consacrerai quelques mots à l’àme des bétes.
2 De cette idée du germe de la résurrection procède la folle erreur de quelques philosophes des sciences occultes : que ce germe est un ossement spécial, jilacé dans le picd.Kornman, De mirac.niort., p.379. Guodam pedis ossc tanquam ex semine. — Les rabbins appellent luz cet os incorruptible, qui reste encore à trouver, et lui donnent jiour siège l’épine dorsale. [Disc, sur la résurrection, Bible Vence , Drach, t. XXII, J). 273.) — Quelles sont la nature, l’étendue, la divisibilité do ce germe ? .le me garderai bien de me lancer dans ces recherches oiseuses ; la généralité la plus vague est la plus sure pour mon ignorance; je ne démontre point, j’indique!