‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 200 sur 243 · CHAPITRE VINGT-TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-TROISIÈME

Ajouterons-nous, en nous adressant aux catholiques, que ces paroles éblouissantes de raison prennent leur point d’appui sur l’autorité formelle d’uu concile ; « Que s’il se rencontre désormais une personne osant s’opiniâtrer à soutenir que l’iime raisonnable ou intellective n’est point, par elle -même, et d’une manière essentielle, forme cUt corps humain, il faut le tenir pour hérétique »

^ Si quisquam, cleinceps, asserere, etc. Concile de Vienne, I3'II. Clément Y. Apud Labbe, t. XXV, p. il-l. Confirmé par Léon X dans le cinquième de Latran. Apud acta concil. H, t. IX, p, 1719.

Cette doctrine concorde d’ailleurs rigoureusement avec le symbole d’Athanase, cette grande lumière du catholicisme.

Perfectus homo, ex anima rationali et humana carne subsistens...

Nam^ sicut anima rationalis et caro unies est homo, ita Deus et homo unus est Christus...

Ad cujus adventum omnes hommes habent resurgere cum corporibus suis.

Une àme et un corps ! voilà donc l’homme complet selon l’Église.

Que l’on nous permette d’indiquer sommairement à quelles doctrines le principe vital fait aboutir ceux qui s’aventurent à le suivre , s’ils raisonnent juste; si, comme tout chasseur d’idées sachant son métier, ils se laissent entraîner vers les conséquences par les indomptables limiers de la logique.

Jésus-Christ étant, d’après saint Paul, le type original de l’homme, <lit le R. P. Ventura, on ne peut, on ne doit rendre compte de l’homme que par Jésus-Christ h et réciproquement; en ce sens, fausser la nature de l’homme, — ce qui n’est presque rien en apparence, — c’est fausser la nature du Christ, puisque la nature humaine est absolument la même chez le Christ et chez l’homme. C’est donc ouvrir la porte au flux des hérésies religieuses, philosophiques, médicales ; c’est fausser un des grands rayons de la science ; c’est fausser la religion tout entière.

Et la religion est l’expression des rapports qui unissent l’homme à Dieu , puis à ses semblables. C’est donc fausser tous les rapports fondamentaux de ce monde.

Ce mot si simple, ce germe d’aperçus scientifiques que je livre aux penseurs, suffit pour indiquer l’importance d’une erreur qui semble n’ôtre, au premier coup d’œil, que d’un intérêt si minime.

Aussi, le génie du mal n’a-t-il jamais cessé de prêter à cette erreur tous les travestissements et toutes les formes capables de la faire échapper aux poursuites des plus sagaces chami)ions de la vérité.

' De In vraie et de la fausse philosnpluc, p. l.").

LE MONDE MAGIQUE

L’âme raisonnable est la forme du corps, nous alFirme le concile lui-méme. C’est dire que le corps ne vit et ne fonctionne que par l’opération de cette âme; car la forme, on se le rappelle, est le principe qui fait qu’un être est ce qu’il est, et n’est point autre chose!

CONCLUSION

Lors donc que , dans notre personne , deux principes d’action, ou deux êtres intelUijenis et distincts se manifestent, ainsi, par exemple, que dans le somnambulisme magnétique, ainsi que dans l’état de médium ou de pylhonisé; lorsque deux moi se mettent en guerre, ou diffèrent seulement l’un de l’autre; lorsque l’un des deux sait et dit ce que l’autre ne sait pas; ou bien, encore, lorsque l’un de ces deux moi fait ses preuves d’intelligence, tandis que l’autre se confine à un rôle organique et brute, l’un des deux nest point nous-mêmes; il n’est point une âme quelconque de notre corps.

Ce moi de surplus, ce faux moi, n’est que greffé sur nous ; mais c’est trop dire encore, il n’y est que posé. — Maître et tyran du logis,- hôte bienvenu, parasite maudit, agité, convulsif ou somnolent, quel que soit son rôle apparent, il n’est point une des facultés, il n est jamais une des substances vitales de /’eire humain, vivant ou cadavre. 11 n’anime en aucun cas, et ne forme point notre corps; il ne préside à aucune fonction des organes pendant la vie ; il ne rassemble naturellement après notre mort aucune partie de notre organisme, il n’en recueille aucun fluide, aucune vapeur, il n’en compose aucun simulacre de ce qu’était le corps, il ne donne naissance à aucun fantôme, si ce n’est en qualité d’ Esprit, toujours et parfaitement distinct de notre être. En un mot, je veux dire qu’il n’e^^ qu un parfait étranger dans la personne de l’homme, soit qu’il y séjourne, soit qu’il la traverse.

Page 1