‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 209 sur 243 · CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME

l’homme, combien n’en compterions-nous point dont les épaules se lèvent de pitié devant la faiblesse d’esprit de nos aïeux. Nos aïeux étaient des hommes d’une superstition si gloutonne ! C’était une race tellement sénile et caduque! Et nous les remplaçons si glorieusement sous l’éclat des lumières dont notre siècle inonde le théâtre du monde!

Ces dédains, ces froids mépris, qui ne les connaît, qui n’en est, chaque jour, le témoin? Et pourtant quelle superstition plus ancienne et plus encroûtée , dans les écoles du paganisme et de la magie, quelle superstition plus surannée, plus ridicule, ^iplus féconde en erreurs sur la nature de riiomme; quelle superstition plus absurde en un mot, mieux signalée sous ses mille noms par l’Église, par la vraie science et par le gros bon sens, que celle du principe vital, dont un si grand nombre de médecins se font, avec tant de tapage, les gloriticateurs et les apôtres?

Une fois de plus, disons-le donc : En tous siècles, en tous pays, les phénomènes surnaturels du mouvement dans les cadavres surabondèrent et surabondent. Et, pour nous en. conserver le souvenir, la science médicale a ses recueils, et le magnétisme médical , qui se confond avec le magnétisme magique, ouvre ses annales ! L’Église, enfin, dans ses procèsverbaux de canonisation, auxquels préside la plus impitoyable critique, nous (jarantit la nature et la réalité d’une myriade de ces prodiges. Qu’opposer au merveilleux concert de ces autorités, l’une à l’autre étrangères et souvent hostiles?

Et puisque les collections de merveilles opérées dans le sein de la mort sont invoquées par M. le professeur Lordat, l’un des éminents et vénérables champions de la fausse doctrine du principe vital, nous voulons clore ce chapitre par le fragment de l’un des recueils qu’il a signalés à nos recherches; car ce passage résume la plupart des objections et des réponses que l’étude de ces phénomènes inspira.

408 LE MONDE MAGIQUE

« On nous demande, dit l’illustre Kornman, s’il luul attribuer à l’intervention miraculeuse de dieu, — à la NATURE, — ou AU DÉMON, — les apparitions et les phénomènes merveilleux ayant pour siège les cadavres, et tels, par exemple, que leur incorruptibilité, l’impossibilité de les réduire en cendres, la crue de leurs ongles, de leur barbe, l’écoulement de leur sang en présence de celi^i qui les frappa du coup mortel », ou que sais-je encore!

« Saint Augustin, Henri de Hesse et d’autres docteurs se réuniront pour nous donner la très-juste réponse que voici : Ces apparitions y ces phénomènes, ces fonctions, ont pour auteur Dieu, — les anges bons ou mauvais, — les âmes des saints, — les possédés, — les magiciens, — l’astuce humaine, — et la nature , » chacune de ces causes agissant par les voies que nous avons indiquées ou décrites. (Kornman, De 7niracidis rnortuorum y v. H, p. 307-308.)

Ce savant de haut renom consacra de longues veilles à l’étude assidue de cette question. Aussi, l’âme sensitive, ressuscitée dans le corps de l’homme sous le nom de principe vital, revêt-elle à ses yeux scrutateurs toutes les physionomies, une seule exceptée! Une seule! Et c’est celle d’un principe de vie organique, quelque humble et misérable qu’il nous plaise de le supposer.

En vain donc, pour le séduire, s’entourait de l’éclat et du renom de ses prestiges ce fameux principe vital ou fantasmarjorique qui, sous mille aspects, et chez toutes les sectes idolâtres ou magiques, ainsi qu’aux yeux de la médecine et de la philosophie fourvoyées, fut l’une des trois substances de la personne humaine. Le lecteur, s’associant à son opinion magistrale, pourra donc se dire désormais, en toute sécurité de science et de raison :

Non, ce principe animique n’existe pas et ne doit point exister dans l’homme. Il existe dans lâ brute dont il est

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