‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 21 sur 243 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

En ce moment, « un domestique arrivant du dehors et par conséquent étranger à toute iniluence hallucinatrice , s’il y en avait eu, s’en vint pour enlever la théière qui était déposée sur la table. Mais il ne put le faire. Le vase était comme collé à son plateau, et celui-ci à la table... Il fallut que M. Home, averti de ce fait, s’approchât et, par un acte de sa volonté, défît le charme. »

« Voilà ce qui se passa cet hiver, n® 12, rue de l’Arcade, M. et.madame Kyd, qui furent témoins de tous ces faits, sont prêts à les certifier à qui voudra, et quand on voudra ‘. » Ainsi donc, rue de l’Arcade, et depuis en bien d’autres lieux, M. Home, imitant Simon le Mage et tant d’autres magiciens ou possédés, se souleva de terre et resta suspendu au sein de l’air. « Jamblique, priant les dieux, étoit de la sorte levé plus de dix coudées de haut, ce dit Eunape (in vita Jamblici)^ et sa robe et son vêtement sembloient reluire comme l’or. )) (Leloyer : les Quatre livres des spectres , p. 468.) Que de saints dont la-vie fut scrupuleusement étudiée par rÉglise eurent ce privilège, usurpé, sur la ligne parallèle, par les faussaires ou les ennemis patents de l’Esprit de sainteté ^ !

On nous saura gré de rapporter à propos de ce dernier fait un récit que nous empruntons à Fléchier, plus tard évêque et orateur chrétien, mais écrivant alors la tenue des Grands .Jours d’Auvergne de la 1665® année de notre ère.

a Lorsque nous fûmes arrivés, nous trouvâmes au logis M. l’intendant qui revenait d’Aurillac, et qui avait eu bien de la peine à se tirer des neiges H avait’ fait arrêter un pré-

^ Piérart, ancien rédacteur en chef du Journal du Magnéiisme, revue spiritualiste, n° 7, p. 156, etc. Lire les autres faits, et le nom des per- ' sonnes et des personnages qui les rapportent. Quelques-uns de ces faits me sont connus.

Lire dans Piérart, vol. IV, n° 10, p. 337-368 à 37:2, une accumulation de ces faits reconnus dans les deux camps hostiles.

•i2 LE MONDE MAGIQUE.

sident de l’élection de Brioude qu’on accusait de plusieurs crimes, et particulièrement de magie. Un de ses valets déposait qu’il lui avait donné des caractères qui le faisaient quelquefois élever de terre lorsqu’il allait à l’église, à la vue de tout le monde. (P. 69.)

» L’intendant l’ayant interrogé sur cet article, il en fut si interdit qu’il faillit à en perdre l’esprit; il s’emporta furieusement et supplia qu’on ne le pressât pas davantage; qu’il n’était point en disposition de rien avouer pour ce jour, et qu’on lui donnât terme jusqu’au lendemain; qu’il confesserait tous les dérèglements de sa vie. On lui accorda sa demande, et M. Fortia le mit entre les mains de quatre sergents. Je ne sais s’il avait tiré promesse du diable qu’il échapperait des mains du maître des requêtes, ou si, par son art, il charma ceux qui le gardaient; mais il est certain qu’il trompa la vigilance de ses gardes , et qu’il se jeta dans les bois et les montagnes, où on le poursuit encore depuis trois jours. Voilà comme le diable est de bonne foi et d’amitié pour ceux qui l’aiment, et comme il trompe même les intendants. J’eus bien du regret qu’on eût perdu cette occasion d’apprendre des nouvelles du sabbat et de savoir V art des caractères »..., Vun des moyens de lamayie. (P. 69 ; Paris, 1844.)

Mais, quelle que soit la valeur du tragi-comique et intéressant récit de Fléchier, hâtons-nous de rentrer dans le siècle de M. Home. Nous n’omettrons point d’observer, en reprenant le fil de son histoire, que lorsque les manifestations dont nous étions le narrateur commencèrent à se succéder avec entrain, on se sentit comme remué; le siège sur lequel on était assis tremblait, et le sol lui-mêm'e était agité, tentennava , selon l’expression italienne du comte Spada, et comme à Florence!

Ailleurs, un des potentats de l’Europe s’entretenait de ces

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