CHAPITRE PREMIER
iieur lui vaudra, dans ce monde ou dans l’autre, cette humble docilité que ne put obtenir de lui , dans le pressant intérêt de son ûme, le saint P. de Ravignan?
A ces détails de l’an 4857, postérieurs d'une année à nos documents florentins, je dois ajouter quelques traits encore, et d’une assez notable importance. Je les ai recueillis, en ligne toute directe, auprès de vieilles et intimes connaissances qui, pendant toute une saison d’été, eurent les longs et fréquents rapports d’un voisinage étroit avec notre jeune et inoccupé médium.
M. Home fut, dès sa tendre enfance, le favori des Esprits visiteurs, et leur continuelle obsession semble l’avoir détourné de s’adonner à quelque occupation digne et sérieuse...
...De temps en temps, les phénomènes dont il est devenu le centre attractif, et comme le pivot, prennent un tour sinistre et qui l’épouvante, sans que les témoins dont il est entouré puissent discerner la raison de ces vives et accidentelles terreurs. Un jour, et pour ne citer qu’un de ces incidents entre plusieurs , un fauteuil se mit spontanément en branle et traversa, comme une locomotive, le salon au bout duquel se tenait en observateur un de mes amis. Le médium blêmissant poussa malgré lui-même un cri d’eflroi, et ne se calma qu’avec peine et lenteur : « Oh! je n’aime pas, je n’aime pas, se prenait-il à répéter, quand les fauteuils vont comme cela tout seuls! »
C’est que le médium, à bien le délinir et à son insu, n’est que le cornac de la bête immonde : bête féroce et qui se plaît de temps en temps à déchirer la main qu’elle léchait, à mettre en pièces celui dont elle semblait être l’humble, la docile et câlinante compagne. L’histoire de la sorcellerie et des pythonisses surabonde en catastrophes qui démontrent cette vérité : l’instinct conservateur, et la conscience réveillée du médium, la lui rendent quelquefois présente à l’esprit...
LE MONDE MAGIQUE
Des princes, de grands princes en Europe, recherchèrent M. Home, et ce fut, je le suppose, afin de se livrer sur sa personne à de sérieuses éludes. Qtielques-uns l’accueillirent dans leur familiarité, lui donnèrent quelques privilèges d’intime, presque de favori, et le comblèrent de menus présents. Sa main ne s’ouvre point à l’argent monnayé, comme rèrnunération de ses séances ; mais il a pour les joyaux les instincts de la coquetterie la plus féminine. Vous le voyez, l’œil flamboyant de joie, couvrir sa cravate des pierreries qui scintillent aux chatons de ses riches épingles, et l’un de ses enfantins bonheurs est de bigarrer ses doigts des étincelles de ses bagues.
En France, et à l’étranger, la vie de M. Home est devenue publique , elle est tombée dans le domaine le plus rebattu de la publicité. — (Lire un livre qui n’est point dans, le commerce, celui de M.le comte ïh. Walsh : Doiujlns Homey Paris, Claye, 1858. — La Revue spw it un liste , et entre autres tout le n° 7, 1855. Ce numéro rapporte les principaux exploits du médium.) — Elle eut plus de retentissement que la comète Leverrier; et aujourd’hui môme on la dissèque, on l’analyse, on étudie tous les éléments qui permettent d’en saisir et d’en pénétrer les qualités mystérieuses. Comment donc lorsqu’il s’agit de cette étude, si importante par la nature du sujet auquel elle se rattache, comment oser taire, mais aussi comment savoir dire que M. Home le médium est d’une dévotion peu commune; que souvent on le voit non-seulement réciter son chapelet et s’adonner avec ferveur à la prière, mais encore se livrer aux actes de la piété la plus vive et la plus tendre... Effrayant, et trop vulgaire phénomène que celui d’une religion pratiquée de bonne foi, — je 7ti impose la loi de non point douter, — mais avec un aveuglement qui suscite les saintes colères d’un directeur de la taille du P. de Ravignan, et qui nous jette à corps