‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 26 sur 243 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

perdu dons les voies le plus diamétralement contraires à celle de l’humble prudence et de la plus banale orthodoxie ! Désolant et inconcevable entraînement que celui d’une religion qui, rapprochant les pratiques du catholicisme de leur opposé

le plus extrême, les pétrit ensemble et les amalgame!

Mais le jugement des consciences n’est point de notre ressort, et nous nous bornons à signaler, en historien discret, les actes extérieurs et publics.

Nous ferons observer que, du côté de la science et de la dignité personnelle, M. de Caudemberg est à ccyip sûr un homme de bien autre importance que ce médium exotique. Et, cependant, les solides qualités de ce savant ne purent le garantir des 'pratiques d'une tendre et bien regrettable dévotmi, où le poussèrent ses Esprits inspirateurs. C’est là ce qu’il nous apprendra lui-même avec détails dans un de ses ouvrages, et ce que nous redirons dans nos pages. Dieu sans doute a plus d’une raison de permettre ces prodiges d’aveuglement, que partagent, s’il faut en croire la voix publique, quelques graves et ignares conseillers. — Les desseins de sa providence ne seraient-ils pas d’elfrayer et de retenir, par un si incompréhensible spectacle, les hommes à cœur droit et simple qu’il daigne éclairer sur ce point, et de leur faire élever d’autant plus fortement la voix devant les pentes d’un tel abîme? Et sans doute encore laisse- t-il se produire de telles déviations afin de livrer aux séductions et «à la quiétude perfide de l’erreur des imprudents, ou des coupables, auxquels il lui plut de retirer sa lumière.

Quoi qu’il en soit des dons et talents spirilistes de miss Edmonds et de iM. Home, j’ai vu pour ma part d’assez riches variétés de médium. .l’ai vu ces entremetteurs en fonctions; je les ai retracés de face et de profil, et j’ai dit leurs œuvres; quelques-uns de nos savants assistèrent à ce même spectacle. (Voir la Magie au dix-neuvième siècle y chap. l®^)

LE MONDE MAGIQUE

Les pages que je leur ai consacrées pourraient suffire à coup sûr à ce chapitre; et cependant, je ne m’arrêterai point sans dire un mot des spécialités de l’espèce, et d’abord de ceux que nous voyons posséder le don de communiquer les Esprits, car celte opération s’est accomplie sous mes yeux.

Ce ne fut point de la manière que nous a décrite Psellus ; ce fut par le simple contact, c’est-à-dire de la façon dont on a la plus généralement coutume de s’y prendre pour communiquer le don de seconde vue, la clairvoyance magnétique... ou quelque maladie cutanée. La promesse du succès avait été faite par un Esprit formellement consulté quelques jours auparavant; et j’assistai fort à l’improviste à la livraison, que la partie intéressée venait réclamer au jour de l’échéance.

L’Esprit que vous m’avez promis est-il prêt, et puis-je espérer le recevoir ' ? Une volée de coups frappés par un invisible donne, en même temps que le crayon du médium, cette réponse probante : — Oui. Vous le recevrez dans cinq minutes. — Quel est son nom? — D’autres coups retentissent; le crayon vole derechef et trace, avec le nom de celui que l’on attendait, une formule évocatoire suivie de ces mots : Bien que cet Esprit se donne à vous, un médium vous sera nécessaire pour vous entretenir et converser avec lui. — Quel sera donc ce médium? — Consulté sur ce point délicat, l’Esprit livré refusa tout net la femme de son nouvel hôte, dont le mari proposait avec empressement la candidature. Il devina, sans grand effort de calcul, que la curiosité lui amènerait cette clientèle par-dessus le marché!... Le médium nommé, le vase d’élection, ce fut en fin de compte, la plus jeune fille de cette famille. Car le coup de maître de ces Esprits est d’engager jusqu’à l’innocence dans ces insi-

^ A la Chine on va les chercher dans des paniers, et aux égouts, ce que nous allons voir!

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