CHAPITRE PREMIER
Je vais brièvement le dire, et d’après mes recherches poussées en remontant le cours des siècles, et d’après mes fouilles au travers de masses et de pyramides d’ouvrages, écrits depuis une vingtaine d’années.en diverses tangues. Mes paroles auront d’ailleurs pour garant mon expérience toute personnelle, et mieux encore, celle de savants et très-consciencieux amis.
Que tes médium le sachent ou qu’ils l’ignorent, ils ne sont, et leur nom le dit, que des médiateurs ou intermédiaires entre l’espèce humaine et les agents extra-naturels du monde spirite, c’est-à-dire démoniaque ou magique. Or, le magnétisme, nous ont dit les grands maîtres de cet art, c’est la magie! et c’est là ce que, dans un instant, noùs répétera M. le docteur Littré, de l’Institut. Mais, à ce mot, si juste et si précieux, il faut ajouter que, « le m.aynétisme est la hase du spiritualisme ^ qui en est le couronnement; vérité que nous ne saurions trop souvent répéter ». Ainsi nous l’affirme un célèbre expert, M. le docteur Ashburner, de Londres, recommandant aux magnétisles leur « divine science », et les conjurant de s’inspirer de l’esprit d’apos'lolat ; c’est-à-dire de jeter leurs essaims, de fonder leurs séminaires, et de diriger leurs missions avec le zèle dont ont su s’animer MM. Allan Kerdec et Piérart. {Revue spiritual. Piérai't, l. IV^ n" 10, p. 364, etc.) Telles sont les vérités si pleines de lumière pour nos yeux, et, les paroles excitatives qu’accueille et' réchauffe dans son hospitalière revue, l’onctueux patriarche du spiritualisme, M. Piérart, tandis que les spirites, réduits par leur généalogie non moins que par l’évidence à la piteuse condition de magiciens, se proclament « les continuateurs du Christ », digne émule du mage Apollonius de Tyane! — (//>., p. 376-326. — Docteur Morhéry).
Mais il est à noter que brute, matière ou homme, le mé-
0 LE MONDE MAGIQUE
diimi, ce truchement du monde spirite, est rarement complet. Et de môme que les dons de T Esprit-Saint aiment 6 se partager entre les fidèles \ de môme, aussi, les dons de rinconnu que nous poursuivons, et qui chemine sur une ligne parallèle à celle de l’Esprit de sainteté, descendent dans leur variété bizarre, tantôt sur cette tôte humaine et tantôt sur cette chèvre, sur ce poulet, sur l’oiseau de cette cage ou sur cet escabeau. — (Voir la Magie au diæ-neuvième siècle, p. 3i0, etc.. Oiseaux, de M. Tréfeu^.)
Parmi les médium, dit le grand-juge Edmonds dans son très-remarquable ouvrage, les uns ne semblent ôtre doués que pour produire des manifesta tiov s jjh y signes ^ que pour effectuer le déplacement d’objets matériels. Leur mission est, sans doute, de convaincre les incrédules de la présence d’un pouvoir occulte et impalpable^ et de donner à nos sens la preuve d’une communion physique avec une puissance en dehors du pouvoir humain! (P. 91.)
D’autres médium, sujets ou non à des extases, parlent et subissent l’action éèune influence occidtey qui s’empare de leur esprit, et force au dehors V expression de ses pro-
1 L’un reçoit du Saint-Esprit le don de parler dans une haute sagesse, dit l’apotre saint Paul..., un autre le don de la foi, un autre le don de guérir les malades, un autre le don de prophétie, un autre le don du discernement des Esprits, un autre le don de parler plusieurs langues... Or, c’est un seul et même Esprit qui opère toutes ces choses. (Saint Paul, I Corinth., c. XIL, <f. 8 à 12.) Cependant, comme il est des hommes que Dieu comble, et, le plus souvent, en dérobant à demi la main qui verse le bienfait, il en est aussi que favorise de ses plus abondantes richesses l’agent extra-naturel du magnétisme ou de la magie!
^ Porro si magi phantasmata edunt... habentes semcl invilatorum dœmonum assislentem sibi potestatem, per quos et capræ et mensæ divinare consueverunt. — ïertull. Apolog. 23.
3 Edmonds, grand-juge, le docteur Dexter etl’ex-sénateur Tallmadge, gouverneur du Visconsin. — .l’ai lu et cité les écrits 'de ces trois personnages, dans Mœurs et pratiques des démons; mais j’ai voulu extraire le passage actuel du Journal du Maynélisme, qui l’adopte en le reproduisant (n° 181, p. 91).