CHAPITRE PREMIER
PRES IDÉES (p. 91). A ceux-ci le don des langues, et la lucidité de la seconde vue
D’autres encore^ et ce sont les médium écrivains, sentent leur main conduite par un pouvoir qui s’élève au-dessus de leur contrôle, et se joue de leur volonté! (/r/., p. 9i.)....
Je puis dire pour ma part, avoir vu ces médium à l’œuvre, et le témoignage du grand-juge Edmonds me semble être dune incontestable autorité... Un jour, j’entrai dans une maison qui m’était devenue familière, et que des Esprits hantaient. L’un de ces invisirles, à l’instant môme, lit courtoisement entendre une volée de coups, et s’empara de la main d’un médium armée d’un crayon. Effleurant â vol d’hirondelle une table massive dont nous nous tenions à respectueuse distance ^ la main légère que l’Esprit emportait, écrivit en traçant mon nom : Je suis enchanté devons voir. Le dernier mot tombait à peine du crayon, que la table pointant à' elle-même un de ses angles vers la région où s’élève mon cœur, bondit et s’élançant jusqu’à moi s’arrêta sans me heurter.
Plus d’une fois, déjà, j’avais vu bondir cqHq table parfaitement isolée de tout contact humain... Pour le moment, c’était confirmer par une sorte de prévenance et de cajolerie canine, le sens de la phrase écrite sur le signal des coups frappés! Deux fois de suite, X invisible , attisé ce semble par mes froideurs, me donna ce signe de ses empressements sympathiques. Mais, presque aussitôt après, le crayon volage traçait cette ligne sentimentale : Je soupire après M.
— 11 ne vient donc point? demandons-nous. — Si, le voici! — Quelqu’un sonna presque aussitôt; c’était ce préféré...
‘ Nous renfermons tout somnambule, ou Voyant, disons môme tout animal, tout objet matériel écrivant ou parlant un langage de convention, sous le nom de médium, ou d’intermédiaire. — C’est là ce que nous dit le mot de Tertullien : « Per quos et caprœ, et rnensœ, divinare consuoverunt. » Apol. c. 23.
« LE MONDE MAGIQUE
M. l’abbé Hue * me dit un jour : Étant auprès d’un médium, je lui adressai cette requête à brûle-pourpoint : « Ecrivez-moi le nom que je me donnais en Chine, w TV ul ne savciit ce nom, dont le sens était : le Temps qui revit... ou quelque chose d’analogue! Ce médium — que j’eus, de mon côté, l’occasion de voir à l’œuvre, — prit aussitôt la plume, et l’écrivit correctement! Il ignorait jusqu’au premier mot de la langue chinoise, et ce nom formait toute une phrase.
Les Esprits à l’inspiration desquels obéit le médium, ont un goût très-particulier à se donner pour des âmes de morts. . . Ils soutiennent ensuite qu’il n’y a d’autres démons que ces âmes! et nos bons spiritistes de prêter à ces paroles leur plus béate crédulité!-.. Un jour, trois m.édium, dont l’un était de ma connaissance*, furent séparément priés d’évoquer une meme âme; l’âme évoquée traça par leurs mains quelques sentences; et des trois côtés différents, l’écriture fut exactement la môme. Aucun de ces médium ne connaissait l’autre! (Les âmes peuvent-elles être évoquées? Voir la Magie au dix-neuvième siècle, chap. iv-w)
Mais ici se présente naturellement une remarque à propos de la forme de Récriture, du style, et de X orthographe des médium de bon aloi. Tantôt en effet ces trois choses se réunissent pour reproduire, dans une parfaite imitation, le fac-similé de la main-courante des Esprits; car, la plupart du temps, ces invisibles se donnent au médium pour des morts anciens ou modernes, dont l’âme prétend écrire à l’aide de sa plume. Tantôt encore aucun de ces caractères ne revit dans les lignes dont le papier se couvre d’une façon plus ou moins méthodique. De temps en temps, aussi, 1 écriture , le style, et l’orthographe concordent avec les habitudes et l’éducation de ce singulier truchement des
‘ Auteur des Voyages au Thibet, — à la Chine, — du christianisme à la Chine, etc.