‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 33 sur 243 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

de diamètre, auquel s’adapte un crayon, ou , si mieux on aime, une baguette. Tel est l’instrument qui tracera des caractères sur une surface couverte de sable ou de poussière.

Le docteur à qui nous devons le récit de ces expériences, les interpi'ète avec l’illogisme naturel à la plupart de ses modernes confrères aussitôt que les faits s’écartent du monde purement organique et matériel. Aussi , ses malheureuses tentatives de raisonnement placent-elles, sur ce point, son intelligence fort au-dessous de ces autres intelligences que, par une illusion d’optique assez fréquente , il se figure contempler de haut en bas.

Cependant, ajoute-t-il avec son habituelle droiture de cœur, l’explication que je donne’ n’a rien de satisfaisant pour un Chinois. Vous ne rencontrerez probablement pas un seul indigène, idolâtre ou chrétien, juif ou musulman, chez lequel ne subsiste la conviction religieuse que ces phénomènes ont pour auteurs des agents surnaturels. 11 est môme rare que chacun d’eux ne justifie point sa foi par quelque récit dont le moindre mérite est d’être singuliè-

à l’un de ses pieds. Je penserais donc que toutes ces sorcelleries ont passé d’Orient en Europe. »

Lettre du missionnaire Vinchot à un professeur du séminaire de Saint-Brieuc, publiée par la Bretagne et VUnivers, du 14 avril 1857.

Mais à Paris, en 1839, nous faisons bien mieux encore. Le panier, le meuble écrivant s’est métamorphosé en un oiseau posé sur des roulettes dont l’exquise mobilité leur permet de virer en tous sens à la moindre impulsion. Un crayon arme le bec de cet oiseau, qui, sous la forme profanée du Saint-Esprit, nous dipte la parole de l’Esprit de révolte. Cinq mille de ces oiseaux de bois, du prix de quinze francs, viennent d’étre exécutés, en 1859, à l’usage du monde spirite. Ce, qui prouve qu’en France on a tout à fait cessé de s’occuper d’Esprits et d’évocations, ainsi que le répètent chaque jour tant d’hommes pour lesquels il est si difficile ou si pénible de voir, les yeux ouverts, ce qui se passe sous leur grise barbe !

‘ Elle est tout juste celle que donnèrent quelques-uns de nos savants, et que réduisit à néant M. do Gasparin lui-mème. Il dit; They %üill folknv the motion they unconscionsly communicate , etc.

LE MONDE MAGIQUE

rement curieux. « Et, vous affirmeront-ils, si vous évoquez lin Esprit avec les formalités religieuses co.nve- NARLES *, vous obtiendrez presque infailliblement en réponse la révélation de choses secrètes, de faits mystérieux, )) — ^ou uill alnwst invariahly hâve caracters traced hy the spirit, lohich yenerally reveals somethwy occult and mysterieus.

Le démon, ou l’Esprit invoqué, sera quelquefois incapable d’écrire, ou bien vous le trouverez d’une humeur et d’une disposition maligne; peut-être aussi se bornera-t-il à tracer quelques traits et à griffonner quelque sentence vide de sens , ou calculée pour vous induire en erreur ; calculated to 7iiislead. Mais il arrive souvent aussi que ces caractères tracés d’une course rapide , — traced in the cursive fomiy — donnent une prose du meilleur style, et communiquent avec une singulière exactitude , aux opérateurs , des choses qui leur sont entièrement inconnues , — accurately communicating things altogether unknoun to the operators.

11 est , en outre , dans la canaille des dieux chinois ^ un Esprit du nom de Fan-Kang, répondant sous quelques rapports à Cloocina , la déesse des égouts de l’ancienne Rome. On le consulte surtout aux approches de la nouvelle année, afin d’apprendre de lui quel bonheur il nous tient en réserve ; et voici le procédé dont on use pour le l'amasser :

Une jeune fille se rend dans un égout pour l’adorer. Elle porte avec un cierge allumé un bâton d’encens, et tient en main un panier à riz. Dans cet état, elle invoque l’immonde lutin, TUE FiLFiiY ELF; et la croyance générale est que

• Ce qui justifie mon chapitre des Sacrements du diable, Sacramenta, nul sacramentaha, dans Mœurs et pratiques des démons.

2 Voir une même canaille des dieux dans l’antiquité gréco-romaine, etc. La magie en tire parti : Quos appellant plebem superilm, dit Cornélius Agrippa, De occulta philosophia, p. 289.

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