CHAPITRE PREMIER
jamais celui-ci ne se refuse à pareille invitation! L’Esprit saute donc dans le panier, et c’est dans ce récipient — lorsqu’il y a fait sentir sa présence, — qu’elle l’emporte à son domicile, (/c/., ib.)
(( En 1843, avant l’époque oirle port de Ning-Po fut ouvert au commerce , ces pratiques reçurent tout à coup une impulsion si merveilleuse qu’il serait difficile de ne point en comparer la propagation à celle d'une épidémie, A peine se trouvait-il une maison où, chaque jour, et pendant la saison tout entière, on ne s’en fît un passe-temps. Nulle cause, cependant, ne put être attribuée à la reprise de cet ancien usage : revival of an old ciistom. »
Mais cette fureur se calma; puis, au bout de fort peu de temps, chacun se trouva d’accord sur la raison pour laquelle on s’en était dégoûté; on se rappela que tout un déluge de maux, — amount of mischiefs^ — s’était répandu sur ceux dont la coopération ou la confiance avait favorisé ces ' communications avec le monde infernal. Les médium et leur clientèle avaient payé bien cher en ce pays, ainsi qu’en tant d’autres lieux, une curiosité funeste!
Plus récemment encore, un cercle de savants officiels, — , a cluh of litterary graduâtes , — fixa ses assemblées dans un temple Taniste où l’on pouvait se livrer tout à l’aise à ces mystérieuses opérations, c’est-à-dire pratiquer le Ki.
Les prodigieuses manifestations qui furent alors obtenues de la part des Esprits eurent un énorme retentissement, et leurs séances se prolongèrent pendant un temps considérable, jusqu’à l’arrivée d’un intendant qui censura ces actes de démonolùtrie. Son langage fut cependant celui d’un ami, qui ne les engageait à s’abstenir de pareils rapports que par une fort simple raison ; c’est qu’il en avait toujours vu résulter de grands maux, sans que jamais il en sortit le
LE MONDE MAGIQUE
moindre bien. — He had neveu knnwn an y good, but GONSIDERABLE EViL to i^csult from tJiem.
Les savants déférèrent à son conseil ; et , depuis lors, ce genre de divination ne fut plus pratiqué que dans de rares circonstances, et par des individus épars.
jNe nous étonnons point d’ailleurs si les Esprits, qui, par le canal des médium, se mettent en rapport avec les consultants, se sont conformés à l’habitude de se donner en Chine, ainsi que dans notre Europe, et chez les idolâtres de l’antiquité, pour les esprits des morts; — esprits que leur malice n’abandonne jamais sous ce masque. C’est ainsi qu’un pauvre savant ayant naguère évoqué l’âme de son aïeul, et candidement exécuté les instructions transmises à l’aide du crayon par cet ascendant, il en résulta pour lui les plus affreux malheurs : which proved disastrom to the scholar.
Aussi la règle générale du gouvernement est -elle ..de décourager ces pratiques , que l’expérience a condamnées. The government comnionly discoiirages the practice. Il a le grand sens de comprendre qu’elles feraient bientôt passer tous les pouvoirs sociaux du côté de ces conseillers perfides. (Tiré du Ocerland mai/, Hong- kong, 6‘^ of june,
1854. D" Mac-Gowan.)
Le gouvernement idolâtre du Céleste Empire eut certes les yeux d’une clairvoyance remarquable dans' cette grave question, qui fit au milieu des Européens les plus éclairés tant d’aveugles;... ou du moins, qui nous en fit voir et reconnaître un si grand nombre ! Nos magnétistes transcendants, c’est-à-dire nos spiritistes, ayant en tète MM. Allan- Kerdec et Piérart, devraient donc aller solliciter du bon sens chinois quelque utile leçon...
Quoi qu’il en soit, les médium tables^, les médium corbeilles et les médium animés ne sont pas en Chine un fait plus extraordinaire et plus nouveau que celui des forma-