‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 35 sur 243 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

lités sacramentelles primitivement requises pour la médintion .

En Chine donc, en ce pays où ni les traditions ni les usages ne sont d’hier, les lettrés, c’est-à-dire les savants et la nation tout entière, les chrétiens et les juifs, ainsi que les idolâtres et les infidèles, se trouvent être à l’unisson avec les vrais savants de l’Europe, avec les savants de l’Amérique, avec les savants de toutes les religions et de tous les siècles qui sondèrent les profondeurs de la question du sur- ' naturel, et qui poursuivirent cette étude jusque sous ses aspects les plus futiles! Peut-être se fera-t-il un peu plus tard que la Chine ait encore sur cet intéressant sujet quelque mot utile à nous dire, quelque tribut important à nous payer.

i III-

Prédispositions physiologiques à l’état de médium. — Prédispositions originelles ou acquises. — Fautes des parents. — Passions, éducation, hygiène, régime. — Comment se garantir de ce dangereux état.

Maintenant, nous croyons que nos regards se sont assez fermement arrêtés sur les actes et la profession de médium pour que nous puissions aborder avec avantage la question, singulièrement utile à notre régime vital, des prédispositions naturelles qui conduisent et ravalent l’homme à ce triste état.

Et d’abord, le lecteur nous permettra quelques observations relatives à ce mot que prononçait tout à l’heure .M. Home : « On doit à la nature d’être médium! a

Si peu que l’on donne à cette proposition la valeur d’une vérité générale, l’induction ne veut-elle point que, lorsque la nature nous rend médium, cette prédisposition, ou, disons mieux , ce vice orûfinel, provienne de ceux à qui nous devons notre sang ? nos pères en sont donc les coupables!

Quoi de plus clair? et quel médecin refuserait d’admettre en nous une nature que la paternité fonde , qu’elle nous

LE MONDE MAGIQUE

transmet, et qui porte gravé dans les intimités de sa profondeur le sceau de son OllIGINLl bonne ou mauvaise?

Mais aussi gardons-nous bien de ne point observer que, sur cette profonde empreinte, se surajoute, en la modifiant, quelquefois môme en la transformant, une seconde empreinte que forme en notre personne, et au jour le jour, l’habitude ou la lente action de notre rèyime matériel et moral!

En d’autres termes, ce régime corrobore, modifie ou détruit en nous le tempérament originel bon ou mauvais.

A ce double point de vue, non-seulement l’homme naît, en ([uelque sorte, non-seulement if est conçu médium, mais on le rend, mais lui-même il se rend médium! Or, être médium, — et les bouches les plus dissidentes sont unanimes à nous le redire, — c’est devoir au grand agent du magnétisme, de la magie ou du spiritisme, qu’importe le nom, une série de facultés exceptionnelles. Et c’est ici le lieu d’écouter une indication précieuse que l’art médical nous répète, au sujet de ces prédispositions organiques!

Dans un ouvrage intitulé De la cause du sommeil lucide (1819), ou du Yoyantisme de la spécialité de médium que nous appelons somnambules, M. l’abbé Faria, cet effrayant magnétiste , nous dénonce la liquidité du sang comme la cause de cette prédisposition *. Il nous est dit, en outre, que cette pauvreté du sang , que cette prédominance de la lymphe ou de l’eau dans le sang, produit ce que la médecine appelle le bruit de souffle, ou de diable, dans les vaisseaux du col.

Or, M. le D*' Bouillaud, antagoniste du magnétisme, formulant son opinion à la suite de milliers d’exemples, a con-

1 J’ai lu quelque part, et je jette en courant cet indice, mais sans l’avoir vérifié, que les Pythonisses des temples anciens ne fonctionnaient ((u’avant ou après les deux époques critiques de la femme : celle où la femme n’a point acquis, celle où elle a perdu la force de se reproduire.

Page 1