‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 45 sur 243 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

ciens, ceux-ci alléguaient-ils, comme Apulée, que ce que l’on appelait la magie n’était autre que le culte grec luiméme, et que les enchantements qu’on redoutait se réduisaient au commerce saint et légitime établi par les rites entre l’homme elles dieux. » {Ibid., p. 93).

Quoi qu’il en soit, les liens qui rapprochaient, de manière à les confondre, les pratiques magiques, que nous regardons aujourd’hui comme particulières au magnétisme, et celles de la religion ou de la magie sacerdotale, se relâchèrent quelquefois. Jamais cependant la rupture n’en fut complète. Mais le rapprochement de ces deux faces du même art, paraissant tantôt profane et tantôt sacré, se manifeste dans son évidence à l’époque où le sacerdoce, irrité de l’humiliation

tuelles, qui soient matérielles, mécaniques? — Nous essayerons de donner place à un chapitre écrit sur cette question.

Quant à la réforme tentée par les philosophes de l’idolâtrie , elle fut reprise par d’autres philosophes, quelques siècles plus tard, à l’époque qualifiée du nom de Renaissance. M. Maury, qui devrait pour le quart d’heure se nommer Mgr Gaume, nous démontre par quelle voie cette révolution s’accomplit. Mais nous ferons précéder son jugement du jugement de Jésus-Christ sur saint Jérome, émerveillé que nous sommes de trouver un pareil accord, et sur un tel point, entre le Sauveur des hommes et M. Maury, de l’Institut. — « Saint Hiérôme estant encore ieune, fut en vision mis deuant Nostre-Seigneur et ses anges et, là, chastié pour ce qu’il s’adonnoit outre mesure à des Hures Gentils. » [Vie de sainte Térèse, du P. de Ribera, jésuite. Lyon, J 620.) •

En effet, nous dit M. Maury, « la Renaissance' avait réveillé le goût des anciens, qui s’était comme évanoui dans le vide fait par la scolastique en Italie, en France, en Allemagne, eh Angleterre. On courut s’abreuver à la lecture des philosophes païens; et la beauté du langage d’Homère, de Virgile, de Platon , de Cicéron et de Plutarque, ramena naturellement pour leurs opinions religieuses un penchant qui, un siècle auparavant, aurait été traité d’hérésie. On se plut à retrouver chez ces auteurs les opinions (pie le christianisme avait consacrées; et, sous le prestifje de l’admiration , on se laissa aller sur la pentk nu pag.v- Nis.ME. Aussi vit-on plusieurs érudits de ce temps revenir aux théories philosophiques condamnées par l’Église; et, à l’abri du commentaire, reprendre et développer les doctrines de la philosophie polythéiste! » (Alfred Maury, ibid., p. 211, 212.)

D’autres ailèrcrit moins loin dans le principe, et se contentèrent de se séparer de l’Église en répudiant au gré du caprice, décoré du nom

LE MONDE MAGIOUE.

de ses dieux, éprouve le besoin de réunir contre le christianisme jusqu’au moindre de ses éléments de puissance. Voilà ce que nous saisissons clairement dans les pages des plus illustres philosophes de la théurgie; voilà ce que déjà nous avons cru reconnaître dans Apulée ; que l’on en juge à ce passage :

Une esclave le prémunit contre la magicienne dont il est devenu l’hàte; femme redoutable, et qui opère une partie de ses enchantements d’après les procédés du magnétisme, c’est-à-dire tantôt par le souffîe de la bouche, tantôt à l’aide des cheveux de la victime, dont elle ordonne à cette esclave de s’emparer d’une main furtive... [Ane d'or, liv. II, p. 278-Ï298, édit. Niz.) Plus tard, Apulée cherche le port du salut, et veut connaître la lumière des milintions. Le joontife le conduit dans le temple, offre le sacrifice et

d’inspiration, une partie de la foi chrétienne. Leur religion devint celle de la négation aà libitum, c’est-à-dire sans autre règle que celle du bon plaisir.

Aujourd’hui, dans la plus grande partie du monde, le courant religieux de la Renaissance et son courant philosophique se sont réunis et fondus dans un seul ; et la révélation s’y est noyée... On n’y reconnaît plus pour' souverain que la raison ; mais toujours, bien entendu, la raison individuelle , c’est-à-dire celle qui enseigne, par la bouche de tel individu , le contraire de ce qu’elle enseigne par la bouche de tel autre. •

Quiconque saiiV état vrai du protestantisme, en Allemagne et ailleurs, ne demandera point la preuve de ces paroles. La plus énorme et la plus incroyable serait cellé que nous offre au sein de la religieuse Angleterre le livre tout récent de MM. Temple, Poxvell, etc., Essays and reviews. M. Temple est, en sa qualité de chapelain de la reine, le présomptif héritier de l’évêque protestant de Londres. Or, ses pages, où il énonce a ne publier que ce que, chacun dans l’Église — anglicane — professe depuis vingt ans, » réduisent à néant l’autorité de la Bible. La Bible, si nous en croyons ce faux savant, et ses tristes collaborateurs, n’est qu’un tissu d’erreurs. Cependant, pour le protestantisme, les saintes Ecritures sont la religion tout entière. Et voici que, d’après sa philosophie révolutionnaire, ces écritures ne sont plus rien! On jugera du succès de ces idées par le succès du livre , dont la douzième édition inondait l’Angleterre et l’Amérique (juelques mois après sa publication. — .l’ignore où il en est, je ne l’ai point suivi.

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