‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 46 sur 243 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

tire tle l’abri le plus mystérieux du sanctuaire les caractères sacramentels du grimoire, combinés de manière à rester inintelligibles au vulgaire. Les uns imitent des figures d’animaux; les autres s’enchevêtrent en nœuds, s’arrondissent en roue, ou se contournent en spirales semblables aux vrilles de la vigne. ...Enfin, les pratiques de l’initiation s’accomplissent... Oh! je dirais bien ce qui se passe, s’écrie Apulée, s’il était permis de le dire; mais il y a crime égal pour les oreilles confidentes et pour la bouche révélatrice.

Cependant, il nous révèle les extases où le plonge le pontife doué de cette science pratique . 11 a subi la mort magnétique, c’est-à-dire la léthargie du sompieil artificiel qui, dans les temples surtout, ouvre nos yeux à la lumière. — J’ai touché les portes du trépas, s’écrie-t-il; j’ai posé le pied sur le seuil de Proserpine; j’ai traversé tous les éléments dans la profondeur de la nuit, et j’ai vu rayonner le adieux de l’enfer; les dieux de l’empyrée ont été vus par moi face à face, et adorés de près!...

Cette scène n’est-elle pas une de celles où se rapprochent et se rejoignent avec évidence le magnétisme et /a magie, dont le prêtre laissait entrevoir l’éclat prestigieux dans les rites de l’initiation et dans la révélation des mystère.s ? Elle est une des scènes de ce magnétisme spiritualiste que nos adeptes considèrent comme angélique ou divin. (Lire, par exemple, la Revue spiritualiste de Piérart, n“ 10, t. IV, etc., etc.)

Mais nous n’étonnerons point le monde savant en répétant ce mot, que nous ont dit elles-mêmes les plus hautes autorités du mesmérisme : le magnétisme c’est la magie; car l’un des chefs de l’école médicale les plus hostiles au spiritualisme nous le redit en termes bien positifs : c< Plus nous avançons vers notre époque , et plus les sciences occultes qui surgissent se mêlent aux sciences qui, désormais, ont acquis un empire incontesté. » Le magnétisme est de ce

genre; et si, par certains faits irrécusables qui lui appartiennent, il rentre dans le domaine de la biologie et de la médecinGy il rentre par une foule de points dans celui de la magie. « Qu’a jamais promis la magie do plus merveilleux que ce qu’il promet? Et s' est-elle jouée jjIios qu’il ne LE FAIT des lois naturelles ? » (P. xxxii. ïntrod., Sciences occultes, Salverte, 3" édit. ly E. Littré, Paris, 1856).

Tel est le langage de M. le D‘‘ Littré, de l’Institut. Après lui avoir prêté notre complaisante oreille , embrassons les enseignements inattendus de l’histoire, et ne nous préoccupons, pour le moment , que des rapports de l’art médical avec le dogme religieux, mais surtout avec le sacerdoce idolâtre exerçant les fonctions de médium , c’est-à-dire évoquant et mettant en jeu, dans un intérêt curatif, les agents suprêmes de la magie, les Esprits mêmes pour lesquels sa religion nous demande un culte.

Un mééQCm rationaliste et célèbre, se pénétrant du vaste sujet qu’il s’est proposé de traiter recueille, rassemble les précieux éléments de la science et nous dit : L’homme regarde la maladie comme un fléau que déchaînent contre lui les dieux courroucés. Les dieux envoient donc le mal; mais, par contre, ils le guérissent et, sous leur aspect consolateur, ils sont médecins. Les plus grandes divinités de ce monde, celles qui représentent les attributs principaux du Dieu suprême, ont porté ce litre.

Instruite par la Chaldée et par les peuples asiatiques, dont elle adopte et façonne à son gré les dieux avant de les transmettre à la Grèce , l'Égypte , par eæemple, nous dira les services que lui rendit dans l’art de guérir la grande déesse

1 Histoire de la médecine depuis son or igirie jusqu'au dix-neuvième siècle, par Knol Si)rengel, Iracl. de l’allemand sur la deuxième édition^ par Jjo.squillon, D’’ It. de la faculté de médecine de Paris, censeur honoraire, etc. — Sprengel, né le 3 août 177G, professeur de médecine à Halle en 1789, vol. 1.

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