‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 47 sur 243 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Isis. Le fait est de l’authenticité la plus historique, et le técnoignage de toutes les nations de la terre est unanime sur le pouvoir curatif de celte déesse. Sa main sème dams le 7’di'e des malades les remèdes appropriés à leurs maux, et des malheureux que tous les médecins semblent avoir reconnus pour inguérissables sont guéris contre l’attente universelle! Une seule condition les oblige : celle d’une scrupuleuse obéissance aux paroles que la déesse a dictées *.

Le plus ancien des dieux de l’Égypte , selon la parole d’Hérodote, c’est le Phénicien Esmun, ou Schemin, c’està-dire le dieu-soleil^ Pan-Mendès , appelé \g génie de la médecine et adoré sous la figure du bnuc^l Or, ce dieu, génie de la médecine antique, est celui de la magie; il est Baphomet, c’est-à-dire le bouc du sabbat des templiers et du sabbat de nos sorcières! Astronoé, divinité des Tyriens, le nomme Païàn-Esculape ; et, dans le temple romain d’Apollon, dieu de la médecine, lesVestales invoquaient au cri de Pæan cette divinité à mille noms, représentée en ce lieu sous les attributs et sous la forme de ce même Esculape, celui que nous voyons si souvent se dépouiller de toute apparence humaine et s’enrouler autour de son bâton noueux. Car, c’est en revêtant la figure du reptile que le dieu vulgaire de la médecine aime surtout à se révéler aux hommes^.

^ Diodore de Sicile, 1. I, Strabon, 1. XVII. Slrabon tient un même langage sur le dieu Sérapis, et Galliensur le dieu du temple d’Héphestiuin, à Memphis. L. I, de Méd., sect. Genès., c. i, Vulcain-Soleil, feu créateur.

Strabon, 1. XIV, p. 100-1. — Dornedeus phusmenophis ^ in-8" Golt., 1792, p. 321 . — Hérodote, 1. Il, c. xlvi, p. 152. C. cxlv, p. 209, Sprengel, v. I, p. 43.)

^ Tous ces dieux médecins ou guérisseurs, et toutes ces déesses^ sont des dieux Lumiére-cl-Nalure. En les poussant du côté de leur origine, ils rentrent l’un dans Vautre, et disparaissent en ne laissant plus apercevoir qu’un dieu unique!

Le culte du soleil et du serpent représente, dans un symbole direct, le dieu vainqueur do l’iiomme dans le jardin d’Éden. Ces deux cultes,

LE MONDE MAGIQUE

Les livres sibyllins, religieusement interrogés, envoyèrent les Romains à Epidanre chercher le dieu devant lequel devait cesser le lléau de la peste; ce trait d’histoire est dans tous les souvenirs! Et le dieu cherché, — qui ne se le rappelle, — ce fut un serpent! Il sauta de lui- môme sur le vaisseau d’Ogulmius, et vint marquer dans l’île du Tibre la place où Rome devait lui élever un temple ' ! Enfin, de tous temps, et presque chez toutes les nations, le serpent a été honoré comme le symbole de la ruse et de la matjie ; et dans les mystères d’Éleusis son rôle était d’une haute importance.

Que si 1e serpent figurait, à la fois, la toute puissance wed.icale, la toute-puissance mayique et \di divinité , que si les dieux, encore, étaient médecins, gardons-nous bien d’oublier, devant ce fait primitif, que les prêtres représentaient leurs dieux, jouaient le rôle des dieux, mimaient leurs dieux au besoin (lire Dieu et les dieuæ)’^ et que, de temps en temps adorés après leur mort, ils étaient identifiés eux -mêmes aVec la di\anité qu’ils avaient servie, ce qui causa dans l’histoire d’inextricables confusions^ ! Souvent encore, ces prêtres divinisés laissaient en mourant des fils ou des disciples, tenant à honneur de porter et de perpétuer leurs noms : autres sources d’erreurs pour la postérité, qui, trop peu soucieuse

dis-je, se sont combattus et fondus dès la haute antiquité (lire dans Dieu et les dieux). On les rencontre fondus Tundans l’autre à Delphes, à Babylone, dans les temples druidiques du Soleil, etc. Les Épidauriens ont leur Esculape serpent, ils ont tme race de serpents sacrés, dont leurs colonies emportent avec elles un individu qu’elles installent dans chacun de leurs nouveaux temples. (Pausanias, 1. II, c. xxviii; 1. III, c. XXIII. — Valer. Max., id. — Worst, in-8“. — Bévol, -1672, 1. I, c. VIII, § 2, p. 33, Sprengel.)

^ Souvenirs du paradis terrestre et des prodiges qui s’opéraient dans les temples, où quelquefois le serpent, ainsi que sous le trépied de la pythonisse de Delphes, rendait des oracles !

2 Le système d’Evehmère voulait que les dieux ne fussent que des hommes divinisés.

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