‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 48 sur 243 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

, ;ile l’ordre chronologique des faits , lia plus d’une fols ces ■*\isfences diverses en une seule et les confondit dans une I tcHe unique! C’est ainsi que, par exemple, Mélampe chez les ; \Wgiens, Orphée chez les Thraces, Tirésias chez les Théoains, et Bacis chez les Athéniens, sont les noms collectifs [H’autant de familles de prophètes qui avaient exercé chez ces peuples les fonctions du sacerdoce et de la médecine majique. (Lire Sprengel, v. I, p. 85, 92, 97. — Jacobi, art. Mélampe y etc.)

Or, les dieux étant à la fois médecins et représentés par d.eiir sacerdoce, une assimilation fréquente eut lieu tout na- Iturellement entre les fonctions médicales et celles du minnistre des temples. Aussi, lorsque nous prenons les choses à Itleur origine, nous commençons par voir que quiconque est iprétre est médecin; que, par conséquent, le médecin an- Itique doit être compté parmi les grands médium de la magie, cou de la religion. Tel est encore le spectacle que répètent (!de nos jours et les jongleurs de l’Amérique et les schamans (de la Sibérie. (Sprengel, v. l, p. d9.) Tel était le specttacie que répétaient, aux yeux des Grecs déjà policés, les j.prétendcjs savants de la Scythie, qu’ils nommaient anandries : (àvaviîptsç), savants qui cumulaient à la fois les fonctions alu pontife, celles du maître de l’art de guérir, et du magi-

• cien; savants encore que l’on voyait tomber dans les afî'reuses

• et caractéristiques convulsions des pythonisses lorsque, remiplis de leurs dieux, ils se livraient à leurs mystiques et sujperstitieuses pratiques. (Sprengel, v. l, p. 207. 208, Hérodote, 1. IV, chap. Lxvii, p. 355.)

D’où les peuples avaient jugé qu’un homme était, en ‘ quelque sorte, marqué du ciel pour les privilèges de la dignité 'Sacerdotale et de la fonction de médium lorsqu’il était atteint de maladies convulsives, lorsqu’il tombait dans certains accès de démence ou d’épilepsie; c’est-à-dire, en ufi mot, lorsqu’il

LE MONDE MAGIQUE

souffrait du mal nommé par eux le mal d’Hcrcule, ce grand dieu de la médecine! [Vide suprà , et th., v. 1, p. 10 et 140.)

Car ce désordre , s’il est quelquefois naturel , a souvent aussi son caractère surnaturel et divin. — Tantôt les peuples accueillent avec respect ceux qu’ils en voient agités, tantôt avec une curiosité à laquelle se mêlent le dégoût et la crainte, (c Ils estimoient , dit Hippocrate , que les épileptiques et furieux étoient saisis des démons et malins Esprits qui les toiirmentoient, ce qui faisoit cracher au sein ceux qui les voyoient, de peur que quelque inconvénient ne leur en print' . » Le mal démoniaque, ou divin, — car ces deux termes, chez les idolâtres, se donnèrent longtemps l’un pour l’autre, — se manifeste lorsque fléchissent les faibles organes de l’homme sous l’empire d’un dieu prenant possession de son corps. Dans le monde idolâtre et magique, ce mal est celui de l’inspiration prophétique, le mal qui tord et qui tue la pythonisse sur son trépied. 11 estdonc le mal qui caractérise le vrai médecin sacerdotal, celui qu’inspire VJSsprit de la science divine et magique. Aussi, par une conséquence de cette foi que légitimait l’expérience, (( la haute médecine, qui paraissait compter bien plus sur les formules magiques et su?' l’assistance des démons que sur la vertu des médicaments, étaitelle réservée aux prêtres supérieurs ! » L’histoire, — entre ces derniers, que nous sommes loin de vouloir représenter comme étant nécessairement épileptiques, — nous signalera comme types « les devins et les sages qui figurent dans les livres de Moïse o. Ces hauts initiés « se vantaient de produire une foule d’effets surnaturels, et possédaient à eux seuls toute l’érudition » du pays. (Sprengél, v. 1 , p. 50.) Mais ils ne se vantaient pas en vain , car l’Égypte entière et le

1 De sacromorbo, et de morbis virginum... Despuitin molles cl sibi quisque sinus... (Leloyer, p. 257. Spect., 1586.)

Page 1