CHAPITRE DEUXIÈME
\ weuple d’Israël virent les œuvres de ces hommes s’élever au I uiveau de leur orgueilleuse parole. (Exode, ch. vin. — Pa- I jyriis égyptiens^ traduits par F. Lenormant. — Coi^res- I mndantj février, 1858.)
I Cependant, l’art de guérir se confondant avec la magie, ftfet « faisant partie essentielle du culte divin entre les mains Biles prêtres » (Sprengel, v. 1, p. 64), l’état de cet art dut tétre à peu près aussi «talionnaire que la pratique en était lllangereuse. — Nenous figurons point d’ailleurs que l’Égypte ^eût le privilège exclusif de la médecine sacrée , de celle qui Hie laissait conduire au pas, sous les inspirations de la magie >.5acerdotale. En Béotie, Bacis ramenait à la santé les malrades en les soumettant à des cérémonies mystérieuses. Les lihymnes , c’est-à-dire les charmes ou les incantations des (Orphées, multipliaient autour d’eux les guérisons; et, la parrole, le chant magique et religieux des Esculapes, semait, een tombant dans l’oreille, dés cures qui faisaient crier a'u nmiracle! (Théopompe, Arist., p. 963. — Sprengel, Eist. ûdela Médec.y v. I, p. 97, 92, 87.) Mais ne soyons point ssobre d’exemples; prenons de l’espace, afin de montrer jusa qu’où s’étend l’autorité de notre parole ; et pour le moment «allons frapper jusqu’aux portes de Rome.
Un peuple d’origine orientale , « les Étrusques ou les Tyrrhéniens, prête à la religion romaine ses bases anttiques ». (/A., 177.) Rome semble en grande partie former .^sa foi sous la dictée de l’Étrurie. C’est pourquoi « les Rormains ne cessent de reconnaître les Étrusques pour maîtres (dans l'art divinatoire, et dans l'art de guérir les mala- (dies par des chants magiques. Nous voyons môme, dès lies temps les plus reculés, les aruspices de l’Étrurie eæercer I la médecine à Rome en compagnie des augures ro7unins f adorateurs d’ Esculapes, prêtres qui tenaient le haut bout du ‘Sacerdoce et dupatriciat. » (Denys d’Halic., 1. 1, p. 24, 21 ;
1. II, j). 93. Cicero, De legih.^ 1. Il, ch. viii. Spreng. , 180.)
Lorsqu’il s’agissait, clans cette môme cité, d’arreter le lléau des épidémies, une imposante cérémonie de médecine magique devait être accomplie par le chef exceptionnel et redoutable de la république. « Cérémonie à laquelle les Romains attachaient In plus grande importance , et qui consistait à ficher un clou dans la muraille droite du temple de Jupiter Capitolin. Cette cérémonie, la plus solennelle qui fût pratiquée, ne pouvait être accomplie que pau un niCTATEUP. , et Rome était persuadée que la fixation du clou mettait à l’instant meme un terme au mal épidémique. » (T. L,l. VH, ch. ni, — Hist. de la rnéd., p. 189.) Devant ces solennels exemples de religion el de foi magique ^ repoussons donc loin de nous la pensée que, dans les occasions de la vie commune, la médecine, qui se pratiquait sous les auspices des dieux et par les procédés de la magie, fut seulement la médecine des gens du peuple et des femmes dont l’âge faisait branler la tête !
Non, non, loin de là! les hommes meme les plus savants et de l’esprit le plus fortement trempé s’empressaient d’y recourir en cas de souffrance. C’est ainsi que l’une des grandes figures de Rome, Caton le Censeur lui-même, cet intraitable ennemi des Grecs, « prétendait guérir les luxations à la manière des Étrusques et des pythagoriciens ', en usant d’expressions barbares et de chants magiques». (Sprenger, p. J92.) Et, qui le croirait? les formules médicinales sacrées de Caton, importées à Rome du fond de l'Asie, sont encore aujourd’hui celles des guérisseurs-sorciers de nos campagnes ^ !
1 Pythagore tenait sa science des prêtres médecins de l’Égypte, et des f/ymnosophistes , c’est-à-dire des prêtres philosophes et magiciens de rinde!
2 Voyez jusqu’où doit remonter quiconque veut découvrir les sources de la sorcellerie 1 Luxum si quod est, hac canlatione sanum fiat... lia-