CHAPITRE TROISIÈME
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d’une vertu merveilleuse, et à laquelle les Esprits, qui étaient les dieux— ^ {voir ci-dessus), — affectaient de se mêler et de s’identifier. La tradition démoniaque des premiers jours avait transmis à l’homme le mode sacré de gouverner celte force réelle, mais si trompeuse dans ses aspects * .
Que si nous interrogeons, sur les merveilles auxquelles elle donne naissance, les peuples les plus anciens de la terre, trois ordres de prêtres se lèvent aussitôt pour nous répondre et s’échelonnent chez les Chaldéens, ces premiers adorateurs du feu SPIRITUEL et matériel, ces adorateurs des astres ou des corps célestes, que manœuvrent d’invisibles Esprits. Ce sont les Aschapim, ou les chanteurs exorcistes, les charmeurs; ce sont les magiciens ou les sages; ce sont enfin les observateurs des astres. Doués de la puissance de guérir les maladies, ces prêtres médium opèrent de nombreux prodiges, et leurs principaux moyens de succès sont les jorôcédés mômes de notre magnétisme : le sommeil magnétique, les insufflations, les attouchements et les passes; ce sont encore l’imposition des mains et la parole. Ou plutôt ce n’est, en définitive, que la volonté de l’opérateur, transmettant ses ordres à d’invisibles agents. Et ces Invisibles n’obéissent, en général, qu’à des signes sacramentels \\\\posés par eux, mais n’ayant pour raison d’être et d’opérer que leur volonté propre et perverse. Un vulgaire de demisavants confond ce pacte virtuel avec des moyens secrets, quoique naturels, d’action curative.
« La tradition nous apprend que ces arts faisaient partie du système magique des Chaldéens, et que, de leur sacerdoce,
• Plutarque, Traité des oracles, vapeurs oraculaires, force insignifiante dans la personne humaine, mais dont rintensitô s’accroît avec la masse, dans la nature , et qui probablement est tout imaginaire si on la considère comme spéciale et sut (jeneris. Lire la Magie au, dixneuviéme siècle.
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les autres nations reçurent ces enseignements primordiaux ]Nul étonnement donc si nous apprenons que les premiers hôpitaux de l’Égypte sont des temples; si ses pontifes, renommés au loin, y traitent les maux du corps, et si les malades eux-mêmes y révèlent la volonté des dieux sous la main du sacerdoce. De savants investigateurs signalent, à titre d’arguments décisifs, les poses de quelques divinités représentées par leurs statues. Tels sont, par exemple, Anubis et Osiris, que l’on voit pratiquer l’art du magnétisme sur des‘ malades qui, les yeux ouverts, se soumettent humblement à leurs [>rocédés. C’est dans ces temples que le prêtre savait éveiller dans le sein de l'homme une voix qu’il ignorait lui-même, et que l’on disait être un don direct des dieux. Cette voix, cette parole, — qui constitue deux intelligences ou deux moi, dans la même personne, — était universellement consultée pour la cure des maladies et joour les affaires de la vie [purposes] ! Mais on dérobait jalousement au vulgaire le procédé consultatif, dans la sage intention de le soustraire à un profane ou criminel. » (Ennemoser, v.I, p. ‘232.)
Que si des rives du Nil nous nous tournions vers les plages de l’Inde orientale, Reimer, d’accord avec Origène et Philostrate, nous décrirait les prodiges du magnétisme sacré, les moyens et les manipulations de cet art, tel que le pratiquaient les prêtres de Brahma. Or, ces fonctions, ajoute Reimer, étaient celles que remplissaient, dans le monde grec, les telgines, ces prêtres magiciens , et d'origine orientale, dont le nom même dérive du verbe telgo, et signifie à la fois je flatte, je soulage, j assoupis, je charme, j'enchante^.
^ Ennemoser, v. I, p. 225, etc., etc. Lire le Peuple primitif, oiivr. protestant, v. I, p. 19. Montfaucon nous cite des doigts et des mains de bronze, en attitude de passes ; ex-voto ofîerts a Isis et à Sérapis à la suite de cures magnétiques. Ant. expi., v. II. — Ann. de magnét., n"® 35, 37, etc.
2 D’où OcXxr/ipioç, üatteur, caressant, trompeur, comme s’il s’agis-
CIIAPITIÎK TROISIÈME.
D’antiques légendes nous montrent, sous leur double face, ces prêtres errniits et venus de loin. Tantôt ce sont des législateurs divins et des instituteurs de religion {mages), tantôt ce sont des êtres malfaisants et de redoutables vagabonds. Serviteurs des dieux, dont ils sont les représentants, qu’ils figurent, qu’ils miment et dont ils portent le nom, ils colportent les arts et la médecine. Mais si leur science, à son sommet, s’éclaire des rayons qui tombent des hauteurs du ciel, elle dégénère et 'se dégrade rapidement; bientôt môme elle n’est plus que celle de l’enchanteur ou du goëte, ce plus détestable sorcier des temps antiques!
Butman use des ressources de son érudition pour dériver de Tubal-Caïn le nom de ces fils errants de Caïn, bien connus des Rhodiens, qui u savaient que ces êtres mystérieux avaient vécu avant le déluge ». Dieu le père, c’est-àdire « Jupiter, les avait précipités dans la mer diluvienne; mais Neptune », voyant en eux ses fils, a les avait cachés sous la terre », et ils en étaient sortis avec leur science sacrilège, à la suite du grand cataclysme! « Aussi les nommait-on, dès lors, les Génies de Vaurùre ou des temps primitifs», — prcséovi^ — indiquant par le même mot, dans la langue grecque, et l’antiquité de leur date et leur origine orientale^ ! Or, ces prêtres forgerons, ces premiers
sait d’exprimer d’un seul mot et les pratiques et les effets du magnétisme. — Baldinger et Grosse, Ennemoser, v. I, p. 210. — Voir mon livre — Dieu et les dieux, ch. Gabires. — Les telchines s’identifiaient,, par un de leurs côtés, avec les cabires et les corybantes, avec les dactyles et les curètes. Aussi, ces anciens noms s’adaptaient-ils assez indislinctemciit aux prêtres de Phrygie, de Lemnos, de Samothrace et de Crète.
* Genèse, Caïn, Tubalcaïn, c. iv, 16-22; — et F. de Rougemont, auteur protestant et fort riche en traditions;" Peu/j/e primitif, v. II, p. 145, 528. Les traditions du vieux monde veulent que les crimes des antédiluviens aient été surtout des crimes de magie; et que, par les fils de Cham, conservateur de l’art cainite , les posldiluviens aient recouvré les éléments de la science maudite,
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SOUFFLEURS, ces pères de la magie magnétique, dignes de Caïn, leur aïeul, le premier homicide, « sont méchants, envieux, calomniateurs, furieux et intraitables, insidieux et maudits. IV un seul regard ils sèment partout la mort et le désordre », et leur forme se change en formes variables d’hommes ou de bêtes M Ces sorciers donc, ces médium demi-prêtres ou demi-sages, possèdent, grâce à leur art, un moyen de nuire, de satisfaire des vengeances coupables, d’assurer des desseins criminels; vous les voyez, tantôt, en se croisant les mains, empêcher la délivrance d’une femme; tantôt, par une parole, provoquer l’avortement. La santé de ce malheureux décline, sa mort suit de près sa maladie ou la lésion de ses organes. Pourquoi? parce que l’homme aux moyens magiques, courbant son sourcil comme un arc, lui aura lancé comme un trait venimeux son sinistre regard. (Lire Maury, Hist. des rel. de la Grèce, p. 503, etc., v. IL) Il est vrai que, parmi ces gens sacrés, si les uns savent donner le mal, les autres n’ignorent point comment le guérir ; car le tort et le redressement de ce tort font partie du môme art. Aussi, Phérécyde nomme-t-il comme enchanteurs
1 On verra plus tard des faits de lycanthropie, ou d’apparentes métamorphoses^ dont je crois démontrer la réalité et les actes des tempestarii, etc., etc. La parole de ces prêtres fait tomber la grêle et déchaîne la tempête ; d’un mot ils ravagent les moissons , d’un signe ils font périr les troupeaux; on les consulte, on les adule, et cependant on les couvre de malédictions; ils sont infâmes, mais ils sont sacrés. Celle « malice et cette puissance forment encore le caractère du magicien sauvage. Voir ailleurs les documents de visu que me donna le missionnaire Bonduel, elc., etc. — .lacobi, Mylh., p. 4G3. — 76., Peuple primitif, v. U, p. 145-6; V. I, p. 19, etc. — Ces faits rappellent les actes des druidesses de l’île de Sena. Voir Dieu et les dieux. Ils concordent avec les croyances de tous les démonologues anciens, P. Thyrée, Delrio, Bodin, Delancrè, etc. Celte croyance pst partagée par des expérimentateurs modernes du magnétisme transcendant, qui répètent ces faits devant témoins. Enfin, elle a pour garant les bulles d’une multitude de papes ([ue je cite en plus d’un endroit, et quo nos beaux esprits trouvaient révoltantes d’absurdités.