CHAPITRE CINQUIÈME
position des mains, dit saint Paul à Timothée , comme pour témoigner de la vertu de ce signe. (Timolh., ch. iv, j. 14.) Et lorsque, de nos jours encore, les successeurs des apôtres, dépositaires des pouvoirs du Christ, appellent à descendre sur les fidèles l’Esprit de Dieu, dans le sacrement de Confirmation ; lorsqu’ils transmettent à d’autres hommes, par le sacrement de l’Ordre, les pouvoirs spirituels x3u sacerdoce, à quel acte les voyons-nous recourir pour verser l’Esprit et les dons de Dieu sur ces tètes courbées? Invoquant Dieu d’abord, ils imposent les 7nains; le Saint-Esprit descend et opère à ce signe!
Déjà donc, tout un côté de ce moyen merveilleux se révèle à nous et répand une lumière qui s’étendra sur quelquesunes de nos pages futures; mais il nous reste à jeter un coup d’œil sur la ligne parallèle et inférieure, ou démoniaque. Là, nous nous contenterons d’un petit nombre d’exemples connus, et dont les premiers nous seront oiïerts par le monde græco-oriental. Ce sont des prodiges bien vulgaires, mais ils sont opérés par d’illustres personnages et racontés par des historiens philosophes; Tacite lui-même va porter la parole, écoutons :
Le peuple d’Alexandrie se presse autour de l’empereur Yespasien, et le conjure de guérir deux malades. L’un aies yeux couverts de taies invétérées , la main de l’autre est un membre tordu, — oculornm notus. .. Alius manmn œger... elapsos in prariwi artus. — Le dieu médecin Sérapis veut que l’empereur lui-môme opère à Vinslant ces deux prodiges : le premier, en se mettant en rapport par la salive de sa bouche avec le malade; le second, en touchant non plus de la main, mais du pied , le mal ' à guérir. Yaincu par les raisonnements des médecins et par les
* Pratique continuée avec succès, de temps en temps, par nos rebouleurs sorciers de village.
■ LE MONDE MAGIQUE. •
instances de celte multitude qui sait;j«r eœpérience quelle : est la puissance de ses dieux, Vespasien cède. Or, devant | tout un peuple, attentif à ce double prodige, il guérit j instantanément les deux infirmes. |
ISon-seulement le grave et sévère Tacite rapporte ce fait, \ mais il le confirme par ces paroles : « L’homme estropié | recoxma^ subitement l’usage de son membre, et la vue fut ^ à r instant même rendue à l’aveugle. Les témoins de ce | double prodige l’attestent encore aujourd’hui; et, certes, : s’ils s’écartaient de la vérité, leur mensonge serait par trop ! gratuit! » STATIM conversa ad iisum numus , ac cœco reluæit dies. Ltrumque, QUI liNTEPiFüERE nunc quo- QVJE memorant ^ postquam nullum mendacio pi^etiuml (Histor., liv. IV, n” 81.)
Telle avait été longtemps avant cette époque la faculté curative du pied de Pyrrhus, égalée de nos jours par celle des sorciers guérisseurs. Car l’histoire affirme de ce redoutable tueur d’hommes que l’attouchement de son orteil opé-* rait la cure des maux, lorsqu’il le promenait sur des malades renversés et couchés la face en l’air. Il y avait quelque chose de divin dans cet orteil, dit Plutarque,' et le feu ne. put le réduire en cendres lorsque le héros ne fut plus qu’un cadavre ! (Plut., P^ie de Pyî^rkus.)
Adrien, marchant sur les traces de Vespasien, rendait aux hydropiques la santé et se guérissait lui-même de fièvres violentes, en touchant le mal du bout de ses doigts. (Ennemoser, v. I, p. 111.) Pline rapporte que des vertus médicales sortent du corps entier de certains hommes, tels que les Marses et les Psylles. Les voyageurs modernes ont confirmé le fait de ces cures opérées par le simple contact' ; et,
1 J’entendis le savant M; Mariette , conservateur du musée égyptien, etc., raconter qu’en Égypte un do ces Psylles était son domestique, et qu’il le surprit capturant en plein champ dos serpents de l’espèce la plus dangereuse !