‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 71 sur 243 · CHAPITRE CINQUIÈME. /ISl · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. /ISl

dans ces derniers temps, les saludddores de l’Espagne se sont rendus célèbres par le don de guérir la plupart des maladies au moyen de la prière, de l'imposition des mains et du souille. L’un des précurseurs de Cagliostro, l’Irlandais Valentin Great-rake , né l’an 4628, guérissait une Ibule de malades à l’aide de la seule imposition des mains. (Pechlin, Ohserv. physico~7?iédic., etc., 1. III, etc. — Lire Delancre, Inconst., p. 350, etc.)

Mais, après tout, de tels faits ont aujourd’hui même, et dans les campagnes et dans les villes , une fréquence plus grande que ne se l’imaginent les hommes qui, par état, devraient le mieux connaître les secrètes allures du public. Le célèbre Towiancki rencontre un jour, à Paris , le grand poète de la Pologne , Mickiewitz , s’acheminant tout rêveur vers le collège de France, où l’appelait l’heure de son cours. C’était avant février 4848. Frappé de la figure du poète, et fort probablement inspiré, • — car son illuminisme lui prêtait de temps en temps de tristes, mais de bien positives lumières, il l’arrête : Vous êtes bien malheureux, mon ami? — Mickiewitz, dans son malheur, était d’une fierté regrettable; il se figure qu’on le raille, et sa réponse équivaut presque à l’insulte. — Je vous pardonne, reprend son illustre compatriote, et la singularité de mon abord vous excuse; mais nous ne pouvons plus être deux inconnus l’un pour l’autre, vous êtes bien malheureux, et vous ne refuserez pas d’en convenir! n’est-ce pas? Mickiewitz est frappé de l’aspect de Towiancki ; son air de bonté le pénètre. — Eh bien, oui! je suis très-malheureux ! et mon plus grand malheur est la folie d’une personne à laquelle je porte le plus tendre et le plus légitime intérêt. — Sachez, sachez, mon ami, que ces désordres du cerveau sont l’œuvre d’un démon'.

‘ Id. sailli Luc, cil. XIII, V n, et sainte Térèse, sa vio écrilo par clle-inôme. Il y est [larlc de diverses maladies « ayant le démon pour

LE MONDE. MAGIQUE

11 faut prier pour les (juérir. .Priez-vous? — Non! — Mickiewitz ne priait point 5 et Towiancki était l’homme de la prière, malgré les écarts et les vices de sa foi.

On se rend auprès de la personne affectée de folie ; on se met en prières, et Towiancki lui impose les mains sur la tête. Elle se sent aussitôt soulagée; bientôt môme le mal a disparu, cédant au sommeil sacramentel ' !

Enfin, et je termine ce chapitre par une relation que j’ai voulu recueillir en Amérique, ce pays où les faits analogues fourmillent et sont, lorsqu’on sait les choisir, marqués d’un caractère qui lève toute hésitation sur leur source, a on m’assura, dit un incrédule de cette nation, que j’avais un theel, c’est-à-dire un roi des Esprits , et que j’étais destiné à devenir un médium écrivain. Bientôt, en effet, ma main fut, à ma grande surprise, mise en mouvement, et j’écrivis des pages entières sur des sujets dont je naiiais pas la moindre idée. Déjà j’étais tout abasourdi de ce fait, lorsque X écriture de CQÜQ.même wam m’apprit que j’allais être un bon médium, et guérissant par /’imposition des MAINS, si je voulais essayer avec persévérance. Je fis cet essai sur un malade, abandonné par les meilleurs médecins de l’Angleterre, et je le réitérai surune multitude de maladies, sur des maux d’yeux, des érysipèles, des maux de cœur, de

auteur. » Bouix, p. 438, etc., etc. Se rappeler le curé Gasner, etc. Ter-

tul., Âpol. XXII.

^ Ce fait n’est point du nombre de ceux que Mickiev^dtz m’a /uimême racontés, comme lui ayant donné pour le surnaturel une foi raisonnée et complète ; mais je le tiens d’une seconde main très-sùre ; il a son minime intérêt entre des faits historiquement certains.

Ces guérisons rentrent d’ailleurs dans les cures magiques ou magnétiques. Mais il faut se rappeler quelle est l’issue générale de ces cures, de temps en temps prodigieuses. (Voir mon livre la Magie au dix-neuvième siècle.) Le sagace Delancre, prenant les devants sur le savant pseudonyme d’Orient, écrivait ; « Il y a toujours quelque chose qui va de travers en la guérison que font les magiciens et sorciers, dont le médecin, le philosophe, ni homme du monde ne sauraient rendre raison. » — Inconst., p. 350.

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