CHAPITRE CINQUIÈME
foie, de poumons, d’estomac, de reins, d’épine dorsale, etc. Le succès le plus étonnant couronna toutes mes tentatives, et je fus obligé de reconnaître qu’il y avait en moi un agent curatif supra-mondain »
L’histoire surabonde à toute époque en récits de semblables prodiges. Ils sont accomplis tantôt par de saints et d’illustres personnages , et tantôt par des gens obscurs ou voués à la vie d’intrigue et d’aventure; par un Cagliostro, par un Mesmer!... Mais, de nos jours, ils naissent sous la main tantôt des doctes et rusés professeurs de l’art occulte, tantôt des ignorants et loyaux adeptes de la fausse science du magnétisme. Voilà comment, vaincus par l’évidence historique et par le témoignage de leurs yeux, un si grand nombre de rationalistes nous ont dit :
Quoi d’étonnant! et pourquoi désormais nous effaroucher des miracles qui s’accumulent dans les pages de vos saintes Écritures? N’eurent-ils donc point, en vérité, la plus simple des causes, c’est-à-dire la vertu naturelle d’un fluide, opérant soit à l’aide de X imposition des mains, soit par le regard ou le contact ?
Mon fils est mort, prophète Élie, accourez vite, accourez ! Le prophète accourt; il « se mét sur l’enfant par trois fois, en se mesurant à son petit corps : Seigneur mon Dieu, faites, je vous prie, que l’âme de cet enfant rentre dans son corps. Et le Seigneur exauce la voix d’Élie. » (III, Re~ f/es, c. XVII, V- 2i, 22.) Quelque temps s’écoule, et le môme miracle se répète par l’entremise d’Élisée, opérant sur le fils de la Sunamite. (IV, Reges, c. iv, f. 33 à 36.) Voilà bien là le fait du contact magnétique; et selon les apôtres et les enthousiastes de cet art, rien de plus naturel que ces guéri-
‘ Journal du magnétisme, n° 198, p. 639, 640. Je n’ai choisi ce fait, entre ceux dont je me suis assuré, que parce que les niagnétistes l’ont adopté.
LE ftlONDE MAGIQUE.
sons. Elles leur appartiennent et sont de leur ressort. Écoulez-les, croyez-'les, et le Christ, ses apôtres, les thaumaturges postérieurs, tous ces semeurs de miracles ne lurent que les heureux et brillants ancêtres d’un Mesmer ! Iis liront de leur vivant ce que leurs successeurs recommencent à faire aujourd’hui, sans avoir accompli rien de plus extraordinaire que de renouer l’un à l’autre les fils brisés de la science occulte. ..iOr, nous autres simples catholiques, allons-nous renoncer, et les yeux baissés de honte, aux francs miracles dont ces bouches plaisantes veulent déférer l’honneur au fluide nerveux ou odyle des mains du Christ, au fluide de la main des apôtres ou des saints vivants, au fluide des reliques des morts ou des linges touchés par les saints? Cesserons-nous même de croire aux prestiges qu’accomplissent par la main de leurs fidèles les Esprits qui, dans les ténèbres de leurs voies, cheminent parallèlement à l’Esprit de Dieu? — Oh! non. Nous nous rappelons ce que, du fond des Indes et de l’Égypte, l’antiquité nous criait tout à l’heure : c’est-à-dire que d’abord cette vertu curative procède de la foi. Nous nous souvenons, d’un autre côté, qu’il est écrit dans le texte de la Bible que la vie rendue aux fils des deux veuves fut un miracle obtenu chaque fois par la prière! (III, Reges, c. xvii, f. 21, 22. IV, cap. IV, 33.) Et si, laissant de côté la prière et la foij notre raison, toute seule, devait nous éclairer de son jour et nous guider devant l’historique authenticité de ces faits, aurions-nous assez de simplicité pour les attribuer à la nature ? Oserions-nous nous oublier assez pour reconnaître et prononcer qu’un fluide échappé de nos pores opère naturellement ce tissu de miracles ' ?
Pensons-y bien ! En un clin d'œil, l’usage des plus simples
1 Nous avons fait justice du fluide à prodiges dans noire livre la Magie au dix-neimème siècle.