CHAPITRE SIXIÈME
l’Église quelques voix perdues, et quelle fut leur influence sur les faits, qui ne cessèrent de se répéter en dépit de leur décision? p. J56.) Ce qu’il importe un peu plus aux
hommes sérieux de savoir^. c’est que le 22 septembre 4790, les examinateurs synodaux de l’évêché de Liège donnèrent à la taille et à laneuvaine de Saint-Hubert leur approbation la plus formelle, {Ibid.^ p. 157.) Écoutons à ce propos le langage même du pasteur diocésain, évêque et prince de Liège, etc., etc. :
« Ayant ouï le sentiment de nos cccaminateurs synodaux touchant les articles de la neuvaine qui se pratique à Saint-Hubert, en Ardennes, et l’explication des mêmes arti^ des, nous sommes tout à fait persuadé, aussi bien que nos prédécesseurs , que les effets merveilleux que l’on a vus arriver depuis tant de siècles en ce lieu ne doivent aucunement être attribués a la superstition ou à l’ennemi du salut des hommes, mais bien plutôt à la puissance de Dieu, lequel se plaît à faire éclater les mérites de saint Hubert.
» Ce 4 octobre 1G90 , Jean-Louis , évêque de Liège , étant signé Corn. Faes, vicaire général, et plus bas, Hen. Martini, avec le cachet épiscopal. »
{Envoyé à M. des Mousseaux , par M. le curé de Saint‘Huberl> — Ibid., abbé Bertrand, p, 454. Ou-^ vraye approuvé pai^ion seigneur Nicolas- Joseph, évêque de Namur, en 4855.)
Mais depuis celte date, qui touche aux premières années du dix-huitième siècle, la marche du temps aurait-elle gêné celle des choses? Non. — Car « il existe, dit M. Dufau {Bely. chr.), un fait de notoriété universelle, et nous voulons parler de la guérison de la rage, qui se répète à chaque instant à Saint-Hubert. Il est inouï , dit-il avec raison , qu’aucun de ceux qui, après avoir eu le malheur d être mordus d’un animal enragé, ont accompli les prescriptions
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en usage, n’ait pas été radicalement guéri. A la vérité, plusieurs de ces prescriptions sont purement hygiéniques, mais les médecins eux-mômes avouent qu’elles seraient impuissantes à opérer seules la guérison. D’ailleurs, pourquoi le phénomène tiendrait-il à la localité , si des secours purement humains pouvaient le produire? Ceux qui voudront de plus amples développements sur cette matière consulteront le savant et judicieux Roberti. » {Ihid.^ p. R59, 160. — Lire idem la Sainte étole vengée, etc.)
Ces choses dites avec toute la simplicité de notre parole, n’oublions point de rapporter, ditM. l’abbé Bertrand, « que nous avons vu nous-même de ces hommes à esprit fortement trempé, de ces hommes qui se disent éclairés et supérieurs aux faible.sses de la gent crédule, héros avant le danger, méprisant le répit, et renvoyant celte pratique à la superstition des simples ; mais qui, — menacés du danger, — venaient se mettre à l’abri de son influence salutaire , et recevoir avec larmes ce répit qu’ils étalent heureux d’honorer de leur confiance, alors que la nécessité les forçait d’y recourir... Il leur restait à peine assez de présence d’esprit pour nous recommander, à nous, dépositaire de leurs frayeurs et ministre de leur délivrance, de ne pas faire connaître leur nom. Qu’ils cessent de trembler devant ce nouveau danger, leur confiance ne sera*|3as déçue. » {Ibid,^ p. 70, 71.)
Eh bien, cette puissance sensible qui sort de la parole du taillé; cette vertu qui transforme en médiateur, — nous voulons dire en médium de l’ordre divin, — le premier venu dont la personne reçoit le bienfait que confère la médiation, c’est-à-dire le bienfait de la taille; ce répit en un mot, ce don de suspendre chez autrui la plus violente action du mal le plus implacable que l’homme ait connu; puis enfin, cette faculté de se guérir soi-môme en cas de nouvel acci-