CHAPITRE HUITIÈME
blication, {‘ut, le dO octobre, suivie, dans un grand nombre de journaux, de la délibération suivante :
« La consulte de l’association médicale des États sardes a vu et considéré le fait publié dans le n” 28 de la Gazette médicale italienne^ imprimée à Turin, touchant une maladie des nommés Gertrude Fodrat et Augustin Clapier. Nulle réclamation de la part des médecins Yallauri, Forni et Bellingeri, ne s’étant élevée contre la publication de la Gazette médicale^ le récit de ce fait est désormais revêtu d’un caractère d’authenticité. — C’est pourquoi, la consulte centrale se faisant l’interprète de Xopinion universselle de ses collègues, et soutenue de l’autorité des plus illustres médecins anciens et m.oderneSy proteste d’une voix unanime que, de tous les phénomènes observés sur les individus nommés, il ne s’en rencontre pas un seul que la science médicale n’explique aujourd’hui par l’unique et simple action des causes naturelles. — Al giorno d'oggi, unicamente per Vazione delle semplici cause naturali. (P. d43.)
« La consulte déclare en môme temps qu’un fait indubitable résulte pour elle du rapport qu’elle censure, et des renseignements obtenus de plusieurs de ses membres qui examinèrent Gertrude et Clapier aussitôt après leur arrivée dans la ville de Turin. [Quels renseignements? où, comment, et par qui obtenus?) Ce fait est que les médecins Yallauri, Forni et Bellingeri ont omis toutes les règles prescrites en pareil cas par la prudence médicale... »
A ce premier cri, — quel homme de bon sens oserait le croire s’il n’avait à notre exemple étudié sur le vif l’esprit des corporations savantes ! — à ce premier cri, d’autres consultes italiennes unirent leurs voix, empressées de se mettre à l’unisson avec la consulte générale des États sardes; et, grâce surtout au nombre des concertants, le conflfert de
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ces censures devint quelque cliose De tous les points de
l’horizon éclalèrent donc à la fois, sur la t(He des trois médecins, les foudres de ces nuées scienliliques. Mais ce que la grondante parole des assaillants attaqua le plus évidemment sous le couvert du nom de ces trois docteurs, ce fut la science et la foi du catholicisme.
La censure, en ellet, déchaînait ses froides colères contre la foi chrétienne, c’est-à-dire contre la croyance au surnaturel, énoncée par les trois opinants, dons un rapport dont la 'publication leur était étrangère; rapport remis à titre d'opmion à des docteurs ecclésiastiques qui, l’ayant de- | mandé et sachant à qui s’adressait leur demande, jugeaient devoir accorder une certaine confiance à cet avis implicite. Appelés à procéder eux-mêmes et la sonde en main dans les mêmes voies, ces docteurs se gardaient bien d’exiger l’enchaînement didactique des faits et des arguments d’où sortent les conclusions régulières dans les pièces destinées aux épreuves de la publicité. Le coup d’œil de ces hommes était assez exercé pour qu’un travail préparatoire suffît à leurs exigences.
Observons d’ailleurs que nul avertissement préalable de la part de leurs tendres confrères ne met en garde les médecins incriminés contre l’explosion scientifique qui les menace. On ne leur laisse ni les moyens ni le temps de s’ex- ^ pliquer, de se corriger, ou de se compléter. On ne tient i point à les trouver armés et prêts pour le combat! Tant s’en faut! On ne paraît tenir qu’à les frapper; ils sont condamnés d’avance {a priori) sans appela et par cette raison : c’est que, ce qu’ils énoncent avoir vu, la corporation s’est rendue trop aveugle, trop hallucinée ppur le voir. Aussi ne se contente- t-elle point de nier la vérité des faits que décrivent les trois docteurs; elle en nie envers et contre tous venagts la possibilité! O pitié!
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Et la consulte agressive se tait sur les documents con- ; tradicloires qu’elle prétend opposer aux trois docteurs. Elle liait avec le môme entrain de silence le nom de ses mem- Ibres que ces armes secrètes ont rendus si redoutables. C’est «que le silence ne prôte guère à la réplique; il est un gage ide sécurité; il est à la parole ce que les ténèbres sont au jjour.
Non, lorsque la consulte médicale attaque avec le vide (de logique et de science, que nous allons relever le fait in~ idividuel du rapport, l’œil du juge impartial ne découvre ^qu’une seule chose, le projet fortement arrêté de saper une (Croyance générale, celle qui ouvre le monde spiriluo-coriporel et terrestre à l’action des Esprits sans corps? Lorsque lies paupières de la consulte commenceront à se dessiller, ique de regrets lui présage une si lourde faute ! Et quoi (de plus blessant à l’œil que la malicieuse sornette qui, sous fforme de conclusion, parade dans les dernières lignes de son j factum. En voici les termes : « Sur ce fait, ainsi que sur lions les autres faits analogues — corne a tutti gli altri lanalvghi — tombe d’aplomb la sentence connue de Riollano : De comédie forte dose, de maladie faible part, et de (démon, néant : Multa ficta, a morbo 'pauca, nihil a dœimone. n
Hélas ! ont signé, pour la consulte centrale, le président IBonacossa, le secrétaire Pacchiotti. (P. 144, ibid.)
Et pourtant, votre splendide expérience vous l’enseigne uni peu plus souvent qu’à nous, Messieurs les guérisseurs llilulaires du genre humain : il est plus facile de tuer son nmalade que de tuer une vérité catholique, cette vérité fûtœlle le diable!
Que si, d’ailleurs, méconnaissant le démon, vous ignorrez la difficulté de le chasser des corps où de cruelles inliri mités décèlent sa présence (saint I.uc, ch, xiii, Spi-
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ritusinfîrmitatis, etc.), la science médicale, dont vous vous constituez tes champions, ne l’ignore point. Consultés par nous, en votre présence, vos confrères des temps anciens et modernes vont tourner sur ce chapitre, à ta confusion de vos yeux hallucinés, leur parole sérieusement doctorale. Que sur vos têtes donc retombe de tout son poids le témoignage invoqué par votre bouche avec un si professoral aplomb!
Laissant derrière nous, et abandonnant à titre de bagage inutile le fait individuel qui concerne cette vigoureuse 011e des montagnes, nous nous priverons sans hésiter de l’avantage que nous promet le nom de son rapporteur; et nous répugnerions à nous retrancher dans un document dont, selon les paroles mêmes du D' Forni, le détail est incom- , plet. Toute son importance se réduit donc pour nous à celle d’un prélude dont l’utilité capitale est de nous offrir, sur le terrain du surnaturel, le spectacle de l’hallucination de nos docteurs lorsqu’ils s’inspirent de « l’esprit de la science moderne y qui se passe du merveilleux ». {Journal des Débats du 5 mai 4861.)
Spectacle étrange et renouvelé sans cesse! ...Que si la consulte sarde voit juste et dit vrai, les plus nobles autorités médicales de tous les temps auraient nié l’influence du monde spirituel sur l’organisme humain. Suivons -la donc pas à pas; l’occasion est magnifique, car elle se donne pour champion, de ce moment, le comité d’Albe, tenant à honneur de faire étalage, au grand jour, de sa clairvoyance et de son savoir. Ce groupe d’hommes forts entre en lice et, portant à M. le D" Forni le premier coup, il jette au vent, pour l’étourdir, les noms retentissants d’Hippocrate, de Mead et de Haën, p. 468, ibid. Ce généreux assaut ne vaudra -t-il point aux doctes agresseurs une signalée victoire?