‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 95 sur 243 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

docteur Antoine de Haën, la troisième des autorités que nous opposent les champions de ce groupe. Mais leur vue ne se sera-t-elle point troublée derechef?

Conseiller aulique et médecin de l’impératrice Marie - Thérèse, le de Haën, mort en 1776, obtint dans la république .des lettres le renom de l’un des plus savants et habiles médecins de l’Europe. (Bmjraph. fell. U. ) Or, dans un chapitre consacré spécialement à l’étude des faux possédés, son traité de l’épilepsie nous offre ce catégorique passage : « Je me livre à l’examen de ces malades d’après le principe que les hommes peuvent être véritablement obsédés du démon. C’est là ce que mettent hors du plus léger doute des preuves déduites du Nouveau Testament, de l’histoire incontestable de l’Église, et la doctrine des Pères, ainsi que nous le démontre avec la clarté du jour l’illustre président Yan Swieten , dans son Traité de l’épilepsie. » [Ibid., p. 173-174.)

Personne n’ignore d’ailleurs que le docte Haën est auteur d’un traité sur la magie [De Mnçjia^ Vienne, 1774); «et que, tout en combattant dans les pages de ce livre l’aveugle crédulité du vulgaire, il y maintient non point uni- ■ quement la possibilité, mais la réalité positive de *cet art 'démoniaque. [Binyrnph. fell. H.)

Et le moment ne serait-il pas opportun de rappeler au

• comité d’Albe, — puisque le docte Haën figure au nombre

• de ses élus, — que les règles de prudence dictées pur cet lillustre médecin ù l’endroit des obsédés sont les règles rmèmes que se fit un devoir d’observer M. le HTorni, contre lequel se hérissent les ligués des consultes? Or, en les adop- Uant, en les observant avec scrupule, ne se sentait-il point earmé du droit de se prononcer dans les termes que nous •oflVe son rapport, sur la réalité de l’obsession de Gertrude IFodrat? [Ibid., p. 176-178.)

ne le monde magique.

C’était, après tout, la plus simple des choses que celte foi savante au Merveilleux chez un docteur doué du mérite et des qualités de Haën; foi si contraire aux convic- ,lions que proclame et affiche la consulte des États sardes, et foi si naturelle pourtant aux hommes éminents de la science médicale! A peine, en effet, un instant s’est-il écoulé depuis que l’histoire de l’art médical vient de nous dire que, de l’ère de Périclès à celle de Néron et au delà, les écoles hippocratiques avaient expérimentalement admis, à l’exemple de leur chef, l’action des êtres spirituels sur le corps et dans les maladies de l’homme. Et si, lorsque l’antiquité nous a donné cette leçon, nos yeux interrogateurs se tournent vers les médecins des tenips modernes, ce sera pour les voir former du faisceau de leurs illustrations réunies une puissante école, où cette identique doctrine de l’influence des Esprits sur les maladies humaines éclate avec la plus vive splendeur d’autorité.

Ayant répondu, dans l’intérêt de la science, à la brusque et improviste attaque de la doctorale consulte, M. le Forni voulut avoir l’obligeance de lui enseigner ce point d’histoire médicale, et travailler au dessillement des yeux de ses membres ; il les plaça donc devant une série de noms médicaux favorables à la croyance spiritualiste, et qu’il était facile de rendre sans fin. Mais voulant user de sobriété jusque dans le vrai, ce modeste savant limita le défilé que dirigeait son index au nombre de cinquante illustres docteurs. 11 avait eu la sagesse de les choisir dans le cours de diverses époques, et jusqu’à nos jours, parmi les savants de diverses sectes du christianisme.

Quant à nous, entre ceux qui se groupèrent pour former cette pléiade d’illustrations, et pouf constater par l’éclat de leur doctrine fétrange égarement visuel des docteurs hostiles au merveilleux, nous nous contenterons de nommer

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