‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 96 sur 243 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

ceux qui suivent : 1” André Césalpin. — Philosophe et médecin éminent, Césalpin, après avoir exposé à toutes les Facultés réunies de la savante ville de Pise le‘résultat de ses observations pratiques, conclut en ces termes : — Toutes les maladies humaines peuvent résulter du fait des maléfices, c’est-à-dire de l’action des mauvais Esprits. — Omne genus morborum ex maleficiis inferri posse superius assersum est. (P. 153. 76.)

2® Jean Fernel. — Lumière éclatante et gloire de la médecine française, Fernel n’hésitait point à poser en principe qu’au-dessus de ce monde sensible, nous devons concevoir un autre monde qui le meut et qui le gouverne. Et quant aux maladies dont la cause est surnaturelle, ajoutaitil, elles ont toutes des traits de ressemblance avec celles qui sont dans la nature; mais un de leurs caractères spéciaux est de ne point céder à l’art du médecin. La parole ■ divine est la puissance unique qui les dompte; et, lorsqu’elles s’abattent sur nos corps, le démon qui les engendre me produit dans sa victime que de trop merveilleux effets. (P. 154. Fernel en expose 'plusieurs — )

Or, nous dit le biographe de Jean Fernel, « nul doc- |lteur, entre les modernes, depuis Galien, n’avait mieux lécrit sur la nature et la cause des maladies; sa pathologie en llfait foi, et Fernel eut la gloire de l’entendre lire de son wivant dans les écoles publiques. » [Feller F.)

« Fernel, nous dit M. le D'' Calmeil, Fernel s’est ac'quis jirimmortalité, non - seulement par ses ouvrafjes de mcdenne, » mais encore par son génie mathématique. Or, Fernal « admet l’action des Esprits malins sur le corps de l ’homme. Il croit que les adorateurs du démon peuvent à aide d’enchantements, d’invocations, de talismans, attirer es Esprits déchus dans le corps de leur ennemi, et que ces lémons v -causent des accidents graves. » Il énonce « que

LE MONDE MAGIQUE

les possédés ressemblent souvent aux maniaques ordi- ^ noires, mais qu’ils ont le primlége de lire dans le passé, et de deviner les choses les plus secrètes !... » (P. 174-175,

De la folie, Calmeil, v. 1'^)

3“ « Ambroise Paré est considéré à juste titre comme le père de la chirurgie française » P. 179. Or, cet homme si soigneux à ne faire marcher le raisonnement qu’au pas de X expérience, nous dit, — et M. le D'’ Calmeil encore le répète : — « Les démons se forment tout subit en ce qui leur plaist... On les voit se transformer en serpents, en crapauds, boucs, loups, taureaux. Ils se transmuent en hommes; et aussi les actions de Satan sont surnaturelles, incompréhensibles, passant l’èsprit humain; et n’en peut-on rendre raison non plus que de l’aimant qui attire le fer et fait tourner l’aiguille. Ceux qui sont possédés parlent par le ventre*, font trembler la terre, tonner, soulèvent en l’air un château et le remettent en sa place ; » mais disons plutôt que ces malheureux, si redoutables quelquefois par leur action malfaisante sur nos corps^ semblent produire la plupart de ces phénomènes par les hallucinations merveilleuses j auxquelles il leur est facile d’assujettir nos sens. Disons que j leur art principal consiste à « fasciner les yeux ». P. 177, chap. VII. Aiusi s’expliquent tant de phénomènes que l’ignorance ou le parti pris ne sait attribuer qu’à l’hallucina- . tion naturelle.

4” Fortunat Fidèle fut 1e père de la médecine légale, et le second chapitre du grand ouvrage qu’il consacre à ce sujet nous dit : « J’ai la pleine conviction que certaines maladies, parfaitement distinctes des autres, ont pour cause l’action des démons. Le merveilleux y est évident, et elles "

1 Ventriloquie démoniaque des engastri-muthoï pythoniques ; — font trembler la terre ; voir ci-dessus, Home, manuscrit Spada ; Il suoi tentennava, — fait tonner : voir Bulles ou extrav. des papes, citées dans nos ouvrages, etc., etc.

Page 1