HYSOPE
L’hysope, Hyssopm o/^cmrt/z.v (Labiées), est un petit arbrisseau qui croit sur les rochers et les collines de la région méditerranéenne.
On fait avec les sommités fleuries une tisane :
Hysope h grammes.
Eau bouillante I litre.
Faites infuser une heure et passez. ■
On fait une eau distillée d' hysope.
L’hysope a des propriétés stimulantes peu énergiques ; ses préparations, indiquées dans les bronchites, servent surtout d’excipient.
On associe parfois l’hysope au lierre terrestre :
Lierre terrestre Hysope
Eau bouillante 1000 —
Ajoutez sirop 100 —
I âîi 5 grammes.
ICHTYOL
L’ichlyol est un produit sirupeux, épais, brunâtre, bitumineux, contenant 10 p. 100 de soufre, retiré par distillation d’une roche fossile qu’on suppose dériver de cadavres de poissons (Tyrol). Cette substance est acide et doit être neutralisée par la soude où l’ammoniaque. L’ichtyolate d’ammoniaque est le produit usuel.
Soluble dans l’eau, richthyol est antiseptique, sans être toxique. 11 a été préconisé dans les maladies cutanées et j’ai pour ma part employé avec succès la pommade à l’ichtyol au dixième, et la solution à 5 p. 100, dans l’érysipèle de la face, de l’ombilic, des membres, dans l’eczéma, l’acné, le psoriasis, les brûlures, les engelures, etc.
Axonge ou vaseliue 50 grammes.
Ichtyol h —
Ouctions matin et soir sur les parties malaiios.
Ichtyol 5 grammes.
Eau 100 —
Imbiber des compresses de gaze et envelopper les parties malades.
En cas d’insuccès, doubler la proportion d’icbtyol(10 p. 100). Juhel-Rénoy a voulu arrêter les progrès de l’érysipèle en badigeonnant la périphérie des plaques avec un mélange de traumaticine et d’iclityol.
Ichtyol
Gutta- percha Chloroforme.
1 gramme.
Les vernis et collodions à l’iclilyol remplissent le même but :
Ichtyol ■ /
Ether 1
Collodiou
Étenilrc au pinceau.
5 grammes.
IODE ET lOnURES.
Dans l’eczéma séborrhéique des enfants, on peut associer l’ichtyol au soufre (Cliàtelain) :
khtyol I -, 2 grammes.
Soulre ^ “
Vaseline ) 20 —
Lanoline )
On fait des pâtes, des emplâtres à l’idityol qui peuvent être utilisés contre le prurigo de Ilébra.
La A^aseline ichtyolée à 1 p. 100 est très bonne dans les engelures.
Contre la tricophytie circinée, les badigeonnages à richlyol pur sont aussi efficaces que la teinture d’iode; de même dans le pityriasis versicolor. La pommade à l’ichlyol à 1 p. 10 réussit bien dans l’impétigo, l’ectbyma, les furoncles, l’anthrax.
Les pommades ou savons à l’ichlyol servent à combattre richtyose, la kératose pilaire, le psoriasis, le pityriasis capilis, etc.
Dans les piqûres d’insectes (puces, cousins, punaises, abeilles), richlyol procure un soulagement manifeste.
Les solutions et pommades à l’ichtyol d’un titre faible (1 p. 100) ont été employées dans 1 eczéma des paupières, les blépharoconjonctivites, les kératites, etc.
Quant à l’usage interne de ce médicament, il est trop restreint dans l’enfance pour que nous nous y arrêtions. Cependant nous devons dire que le D’' Moncorvo fils a obtenu la guérison de la chylurie des pays chauds avec Tichtyol, à la dose de 1/2,
1 , 2 grammes par jour. Un jeune nègre de douze ans a été guéri en 15 jours par ce traitement [Premier congrh scientifique Latinoaméricain^ Buenos-Aires, 1898).
IODE ET lODURES
L’iode, métalloïde très répandu dans la nature à l’état de combinaison, est un des antiseptiques les plus sûrs et des résolutifs les plus efficaces qu’on puisse employer en thérapeutique infantile.
Sa présence a été signalée pour la première fois par Courtois, en 1811, dans les varechs, et conlirmée par Gay-Lussac. Le D"" Cointet, de Genève, en 1820, pensa que la guérison, du goitre par l’éponge brûlée, par la poudre de chêne marin (éthiops végétal), était duc à l’iode qui, en effet, se retrouve en abondance
LES .MÉDIGAMEÎSTS CHEZ LES ENEAiNÏS.
dans les j)lantes marines, dans les polypiers, dans les mollusques et dans les poissons de mer, et il introduisit l’iode dans la thérapeutique. Muller l’a trouvé dans le cresson, Gmelin dans l’huile de foie de morue.
Il existe, à l’état de combinaison, dans plusieurs eaux minérales naturelles, notamment dans celles de Saxon, Salins, riorahières, Challes, Aix-la-Chapelle, etc.
L’iode est extrait industriellement des varechs à l’état d’iodure alcalin.
Matièkc médicale. — L’iode est trop irritant, trop caustique pour être employé en nature, à l’état sec. On a le plus souvent recours aux combinaisons de l’iode avec le potassium, le sodium, le fer, le mercure, etc. Cependant, pour l’usage externe, la teinture d’iode est très répandue ; elle est au douzième, une partie d’iode pour 12 parties d’alcool à 90“. Cette solution doit être fraîche, car elle est altérable sous l’inlluence seule delà lumière ; elle doit être conservée dans des flacons fumés et bouchés à l’émeri.
Le coton iodé qui, comme révulsif externe, peut remplacer la teinture d’iode, doit être conservé de la même façon ; il contient 5 p. 100 de son poids d’iode ; il est parfois très actif et peut produire la vésication.
Les chirurgiens, Velpeau, Boinet, ont employé des solutions d’iode pour agir contre certains épanchements des séreuses articulaires ou viscérales,
Velpeau ajoutait à la teinture d’iode du Codex deux ou trois parties d’eau. Mais, pour maintenir l’iode en dissolution, il convient de faire appel à l’iodure de potassium. C’est ainsi que la solution iodo-iodurée de Boinet contient :
Teinture d’iode
Eau
lodure de potassium
Arana employé cette solution dans l’hydropéricarde ; on a pu y avoir recours dans l’hydrocéphalie, l’hydrorachis, l^iydrocèle vaginale, l’ascite, l’hydrothorax, etc.
On a donné l’iode en bains, en ajoutant à l’eau tiède contenue dans une baignoire en bois le mélange suivant :
Iode ü grammes
lodure de potassium 10 —
â:i 50 grammes.
IODE ET lODiniES.
3il
On prépare un lait iodé contenant 10 centigrammes d’iode par litre, un vin iodé, une liuile de morue iodée (1 p. 1000), etc.
Parmi les préparations iodées les plus usitées en médecine infantile, il faut citer le sirop de raifort iodé qui a pour composition :
Iode I gramme.
Alcool à 90° I.T —
Sirop de raifort coaiposé 985 —
Une cuillerée à soupe contient 2 centigrammes d’iode ; et le sirop iodotanniqiie ^ dont voici la formule :
Iode 2 grammes.
Extrait de ratanhia 8 —
Sirop Q. S. pour 1000 —
Une cuillerée à soupe contient 4 centigrammes d’iode.
Parmi les dérivés de l’iode les plus connus, nous citerons : Viodoforme^ excellent antiseptique anesthésique plus employé en chirurgie qu’en médecine; Viodure de potassium, combinaison plus répandue que toutes les autres, bien acceptée et bien tolérée par les enfants, servant pour l’usage externe et surtout pour l’usage interne ; Viodure de sodium, préparation similaire qu’on a voulu substituer à l’iodure de potassium, à cause de sa moindre toxicité ; Viodure de fer qui entre dans la composition d’un sirop très populaire, contenant 10 centigrammes d’iodure de fer pour 20 grammes :
Iode •'» gr. 25
Limaille de fer 2 grammes.
Eau distillée 10 —
Sirop de gomme 785 —
Sirop de Heur d’oranger 200 —
hQ protoiodured'hydrargip'e est plus usité chez les adultes que chez les enfants; chez ces derniers on se sert surtout du sirop de Gibert qui contient à la fois du biiodure de mercure et de l’iodure de potassium (1 centigramme de biiodure d’bydrargyre et 50 centigrammes d’iodure potassique par cuillerée à soupe).
'[Viodure r/c entre dans la composition de pommades
résolutives à la dose de 4 grammes p. 30, contre les engorgements ganglionnaires, etc.
Un peut d’ailleurs associer l’iodure de plomb à l’iodure de
potassium, à l’extrait de ciguë, à l’extrait de belladone (mêmes doses).
Avant d’aborder l’étude des indications et des contre-indications de l’iode, un mot sur son action physiologique et sur l’intolérance [io diurne).
Appliqués sur la peau, l’iode métallique, la teinture d’iode, le coton iodé, produisent une irritation légère, une révulsion sèche qui aboutit à la desquamation furfuracée.
Parfois, chez des sujets aux téguments intolérants, l’iode amène une dermite violente, eczématiforme^ ou une vésication plus ou moins étendue.
Cette action, sensible sur la peau, le sera encore plus sur les muqueuses ou sur les plaies. L’inhalation de vapeurs d’iode, ou le contact de la teinture d’iode, peuvent déterminer des éternuements, des picotements dans la gorge, le nez, les yeux, des accès de toux, de la laryngite, de la salivation, etc.
L’ingestion de l’iode ou des prépai’ations iodées peut amener delà dyspepsie, des nausées, des crampes d’estomac, des vomissements. Ces accidents ne s’observent pas quand l’iode est très dilué.
Quant aux combinaisons indiques, aux iodures, leur action sur le tube digestif chez les enfants est à peu près inoffensive, quand il n’y a pas d’impuretés, d’iodates mélangés, etc.
L’absorption des iodures à doses médicamenteuses se traduit par une énergie et une facilité plus grandes de la respiration, par une action eupnéique remarquable. En même temps les battements du cœur seraient ralentis et la tension sanguine serait abaissée. Si la dose est exagérée, on pourranoter des palpitations, de rai'ytbmie.
Du côté du système nerveux, on a signalé des douleurs céphaliques, de l’agitation, de l’insomnie, de la titubation, une sorte à'ivresse iodique.
11 est certain que l’iode agit sur la crasedu sang et sur la nutrition générale ; les globules rouges seraient déformés, l’hémoglobine serait altérée et dissoute ; l’iode favorise la résorption du tissu graisseux et des glandes, il fait maigrir. On a noté l’atrophie des mamelles, du corps thyroïde, des ovaires, des testicules. Ces effets atrophiants s’observeraient surtout quand ou fait usage de l’iode en nature.
IODE ET lODURES.
L’iode et les iodures provoquent, du côté des muqueuses et de la peau, des manifestations diverses : injections vasculaires, larmoiement, coryza, pharyngo-laryngite, bouffissure de la face, acné, etc.
Tous ces accidents sont surtout fréquents chez les adultes et chez les personnes dont les reins fonctionnent mal ; ils sont tout à fait exceptionnels chez les enfants.
Cependant Jules Simon, ayant traité une série d’enfants teigneux par les badigeonnages de teinture d’iode, a pu trouver de l’iode dans leurs urines, et, dans 50 p. 100 des cas, de l’albuminurie.
Plus l’enfant est jeune, moins les accidents d’intolérance sont à redouter, et Viodisme est pour ainsi dire inconnu dans l’enfance, malgré les doses relativement fortes employées à cet âge. C’est que l’enfant élimine très vite l’iode par les reins, par les glandes salivaires et par tous ses émonctoires.
Le D*" Satsouta, de Zitomir, a fait les remarques suivantes : chez un enfant de neuf ans, du poids de 35 kilogrammes, ayant pris 15 centigrammes d’iodure de potassium, l’iode se montre dans l’urine dix-neuf minutes l’ingestion; chez un adulte
de trente-six ans, ayant pris 40 centigrammes, l’iode met trente minutes à passer dans l’urine et cinquante-sept minutes chez un vieillard de soixante-seize ans.
Les antagonistes de l’iode sont : la digitale, la quinine, le bromure de potassium, l’albumine, l’amidon, etc. On peut le considérer et le donner comme contre-poison de la strychnine et des ptomaïnes.
Indications et contke- indications. — L’iode et les iodures sont indiqués, à titre de médicaments spécifiques, dans la syphilis héréditaire et dans les manifestations tardives de la syphilis ac(|üise.
'fout traitement de la syphilis doit commencer par l’administration du mercure et continuer par celle de l’iodure de potassium.
Aux accidents primitifs et secondaires convient et suffit le mercure; aux accidents tertiaires, l’iodure de potassium.
l'ixception est faite pour la syphilis héréditaire des nouveau-nés qui, plus rapidement que la syphilis acquise, doit être traitée par les iodures alcalins, son origine intra-utérine expliquant l’appa rition en apparence prématurée du tertiarisme.
Donc, sur ce point, il n’y a pus de doute, et les iodures font
LES MEDICAMENTS CHEZ LES ENl-ANTS.
partie intégrante du traitement précoce de Diérédo-sypliilis; ce traitement, mixte d’abord (mercure et iode), devra par la suite rester ioduré pendant des mois et des années.
L’iodure de potassium ne sera pas donné seulement aux syphilitiques avérés, mais encore à ceux que la présence d’un symptôme plus ou moins accusateur (coryza, lésions fessières suspectes, exostose, pseudo-paralysie) fera soupçonner; il vaut mieux, en pareil cas, pécher par excès que par défaut. N’y eut-il, sur la peau ou sur les muqueuses, aucune manifestation suspecte, si l’enfant est cachectique sans raison, s’il ne vient pas bien, s’il dépérit, traitons-le comme un syphilitique. Traitons-le encore comme un syphilitique, s’il est venu avant terme, si sa mère a eu une ou plusieurs fausses couches, si elle a perdu un ou plusieurs enfants en bas âge, etc. Donnons-lui de l’iodure de potassium s’il a des convulsions dont la raison nous échappe, des phénomènes méningitiques, etc.
Plus tard, si nous rencontrons des enfants porteurs de gommes sous-cutanées, de tumeurs osseuses, de lésions de la voûte palatine, de perforation du voile du palais, pensons à la syphilis et donnons de l’iodure de potassium. Si un enfant présente ce syndrome curieux et rare qu’on appelle l’hémoglobinurie paroxystique, soumettons-le à la cure iodurée, que j’ai trouvée efficace dans plusieurs cas publiés récemment (Voy. la Médecine in f antile ^ 15 avril 1895).
On sera autorisé encore à donner l’iodure de potassium dans d’autres maladies liées plus ou moins indirectement à la syphilis. {affectiomparasyphilitiques du professeur Fournier), dans l’hydrocéphalie par exemple, dans les tumeurs cérébrales, dans les méningo-encéphalites chroniques, dans les épilepsies partielles, etc.
Quand le danger sera pressant, on associera toujours l’iodure au mercure (sirop de GiherÜ.
Si les iodures triomphent d’une façon incontestable et éclatante dans les affections syphilitiques, ils rendent des services non méprisables dans une foule d’autres maladies infantiles.
Chez les enfants lymphatiques, scrofuleux, anémiques, sujets aux engorgements ganglionnaires, à l’hypertrophie des amygdales, aux granulations pharyngées, l’iode intus et extra est indiqué.
Associé au fer, il sert à la fois de résolutif et de reconstituant.
Localement, sous forme de teinture d’iode pure ou mitigée par
l'addition de glycérine, il sert à cautériser, à rétracter les tissus engorgés. C’est ainsi que les badigeonnages iodés des amygdales, des pharyngites chroniques, sont très efficaces et peuvent remplacer parfois des interventions plus radicales.
Dans les tumeurs blanches, dans les tuberculoses osseuses [spina ventosa), les badigeonnages iodés ne sont pas sans rendre des services.
Dans toutes ces maladies, l’iode à l’intérieur, sous forme d’iodure de potassium ou de sodium, sera donné à faible dose, et non à doses massives comme dans la syphilis. On se contentera de ."i à 10 centigrammes de sel potassique pro die.
L'iode est indiqué dans les formes subaiguës, rebelles ou chroniques du rhumatisme et particulièrement dans le rhumatisme noueux, qui, pour être rare, n’en est pas moins observé avec tous ses caractères dans la seconde enfance.
Dans ces cas, on fera, sur les jointures malades, des badigeonnages de teinture d’iode en même temps qu’on donnera, à l’intérieur, soit la teinture d’iode, soit l’iodure de potassium.
M. Jules Simon conseille d’alterner l’iode et le colchique; il prescrit, pendant quinze jours, V àX gouttes de teinture de colchique, et, pendant les quinze jours suivants, lo centigrammes d’iodure de potassium.
II est une maladie diathésique, héréditaire, qui indique formellement l’usage répété et prolongé de l’iodure de potassium; je veux parler de VastJime qu’on peut observer dés la première enfance, à six mois, à un an, et dont les accès terrifiants se répètent avec une périodicité irrégulière pendant de longues années.
Liiez ces enfants qui payent, si jeunes, un pareil tribut à l’arthritisme, il convient de faire prendre, pendant l’intervalle des accès, l’iodure de potassium.
J’ai soumis à la cure iodurée un enfant de treize mois, d’après la méthode suivante : pendant trois semaines tous les deux mois, reniant prenait chaque matin une cuillerée à café d’une solution d iodure de |)otassium à 3, puis à 4, puis à 3 p. 100, ce qui faisait par jour environ 3 à 1.3 centigrammes d’iodure.
Sous l’influence de cos cures répétées, les accès se sont éloignés et atténués.
Joutes les maladies pulmonaires à accès spasmodi([ues (em-
physème, bronchite, coqueluche, adénopathie Irachéo-hroncliique, etc.) indiquent aussi l’usage de l’iodure de potassium.
La cure indurée est d’autant plus indiquée en pareil cas que les enfants seront trop jeunes pour hénéficier des eaux minérales (Mont-Dore, La Bourboule, etc.). Quel que soit l’àge de l’enfant, n’eùt-il que quelques mois, fjuelqucs semaines, on peut lui faire prendre l’iodure de potassium; cela ne veut pas dire que j’approuve les abus de sirops indurés dont on se rend coupable trop souvent; mais, quand le médicament est indiqué, l’àge ne doit pas entrer en ligne de compte.
L’iode, à titre de régressif, de dénutritif, est indiqué dans Y obésité des enfants, à‘Ana\e, goitre endémique. Dans cette dernière maladie, la teinture d’iode injectée directement a donné de beaux succès à Luton et à Duguet.
Dans les maladies chroniques du cœur et des reins (néphrites, endocardites chroniques à la période de compensation), on prescrira les iodures à titre de résolutifs et d’eupnéiques.
On n’oubliera pas que certaines tumeurs, certains abcès, certains empyèmes peuvent être dus à l’actinomycose, et que, dans ce cas, l’iodure de potassium agit souverainement.
( )n voit que le chapitre des indications des iodures est très vaste ; celui des contre-indications est très limité. On ne donnera pas l’iode ou les iodures à l’intérieur dans les cas de phtisie pulmonaire, surtout quand elle est aiguë ou fébrile; on évitera leur emploi chez les enfants très maigres, cachectiques, à moins que la cachexie ne reconnaisse une origine spécifique; on ne les donnera pas non plus chez les enfants atteints de dermatoses prurigineuses, d’urticaire, de prurigo, d’eczéma, d’acné, de furoncles, etc.
L’usage externe de l’iode, sous forme de teinture, rend tous les jours des services, soit pour faire une révulsion légère (bronchites, douleurs locales, etc.), soit pour faire de l’antisepsie ou de la cautérisation limitée.
.le ne crois pas aux dangers des badigeonnages iodés auxquels M. .Iules Simon a vu produire l’albuminurie quand ils étaient appliqués sur de larges surfaces de teigne tondante. En revanche, j’ai constaté, comme tout le monde, les elfets curatifs rapides de la teinture d'iode sur les plaques de tricopliylie circinée.
IODE Eï lODURES.
Dans la pelade, les badigeonnages iodés répétés m’ont réussi quelquefois; de même dans les verrues planes des mains et du visage, dans le pityriasis versicolor, dans la perlèche.
Le D’’ Sabouraud, dans son livre sur la Pelade et les Teignes (Paris, l89o, Ruelî, éditeur), préconise les badigeonnages de teinture d’iode sur tout le cuir chevelu des enfants atteints de teigne (3 fois par semaine). Il n’a jamais constaté d’albuminurie à la suite de ces badigeonnages iodés répétés et étendus.
Dans les stomatites ulcéreuses, dans les fongosités gingivales, dans les angines chroniques diverses, les badigeonnages iodés sont encore très efficaces et ne peuvent avoir aucun inconvénient. .J’ai obtenu de très bons effets de la teinture d’iode dans la diphtérie cutanée.
Mode d’administration et doses. — Pour l’usage externe, s'il s’agit de la peau, la teinture d’iode sera employée pure avec un pinceau de charpie, de blaireau, d’ouate hydrophile; on répétera les badigeonnages, suivant l’àge et les cas, tous les deux jours, tous les trois jours, et on s’arrêtera quand l’épiderme sera desquamé.
J^ourles muqueuses, on coupera la teinture d’iode avec parties égales de glycérine, et on se servira également du pinceau.
Si l’on fait prendre la teinture d’iode à l’intérieur, on la diluera abondamment dans du lait (V à X gouttes par tasse), dans un sirop de quinquina, de gentiane, de raifort, dans une potion :
Teinture d’iode. X gouttes.
lodure de potassium 0 gr. 10
Sirop de (leurs d’orangei- GO grammes.
Deux à trois cuillerées à café par jour (enfant de deux à trois ans).
L’iodure de potassium ou de sodium sera donné en solution sim])le (') grammes p. 100 d’eau distillée), à la dose de 1, 2, 3, I, .-) cuillerées à café par jour suivant l’àgc (un an, deux ans, trois ans, quatre ans, cinq ans). On pourra faire ingérer chaque cuillerée dans du lait, pour faciliter la tolérance. Ou bien l’on prescrira un sirop, par exemple ;
loilurc de potassium grammes.
Eau distillée q. s.
.Sirop d'écorce il'orauge 100 —
Par cuillerées a café (une à cim| suivant l’ilge).
LES MEDICAMENTS CHEZ lÆS ENFANTS.
Dans les adéiiopalliics Liiberciileiises, .leannel conseille une cuillerée à calé, tous les matins dans du lait, de la solution :
liromure de sodium )
Chlorure de sodium s
lodtire de sodium
Eau
10 grammes.
Poisson fait prendre dans du malaga une cuillerée matin et soir de la solution :
Iode 1 gramme.
lodure de potassium 4 —
Eau 2.â0 —
En môme temps il donne l’iodoforme à l’intérieur (;> à i'\ centigrammes par jour suivant l’àge).
On peut donner aux enfants de fortes doses d’iodure de potassium, 30, 40, 30 centigrammes, 1 gramme même, sans inconvénient. On aura soin de suspendre de temps à autre pendant huit ou quinze jours, afin de ne pas fatiguer le tube digestif.
Dans certains cas de méningite, j’ai poussé les doses plus haut, donnant 2 grammes d’iodure de potassium à l’intérieur, et appliquant sur le cuir chevelu rasé une pommade contenant :
lodoforme 10 grammes.
Vaseline 40 —
Les sirops d’iodure de fer, de raifort iodé, ioclo-tannique, se prescrivent par cuillerées à café (2 à 4 par jour).
Dans les cas de plaies atoniques, de surfaces dipbtéroïdes, de gangrènes vulvaires ou cutanées, on peut faire des attouchements à la teinture d’iode ou panser à sec avec l’iodüforme pur ou mitigé :
lodoforme )
Charbon ^ grammes.
On cherchera ainsi à désinfecter les plaies et à favoriser la cicatrisation. Quoique les pommades iodurées livrent peu à l’absorption, on y a recours souvent et l’on formule ainsi, quand il s’agit d’un engorgement ganglionnaire dont on veut bôter la résolution :
Axonge benzoinée -lO grammes.
lodure de potassium 4 —
Extr.iit de ciguë 2 —
Onctions matin et soir sur la partie malade.
lODÜl'ORME.
La vaseline iodée à 1 p. 30 ou 1 p. 15 est conseillée par le 13'' Saboiiraud dans le traitement de l’onychomycose trichophytique. Il se sert aussi d’une lotion iodée dans certains cas de tondante à petits spores très étendue :
Eau distillée |
Glycérine i
Iode
lodure de potassium
1)00 grammes.
Pour pansement humide avec ouate hydrophile et calotte de caoutchouc.
En résumé, l’iode et ses combinaisons figurent parmi les médicaments les plus efficaces et les moins dangereux que nous puissions employer en médecine infantile. Le champ de ses applications est illimité, car c’est à la fois un antiseptique de premier ordre et un modificateur très puissant de la nutrition.
lODOFORME
Découvert en 1822 par Serullas, l’iodoforme s’obtient en faisant réagir l’iode en présence d’un sel alcalin sur l’alcool ou l’éther. Il se présente sous forme de paillettes jaunes, d’odeur safranéc, insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool, l’éther, les huiles, etc. Très recommandé par Bouchardat dès 1836, il a été utilisé comme antiseptique et anesthésique par Demarqiiay, Besnier, Lailler, Billrolh. Il s’absorbe au niveau des plaies et s’élimine par les reins, par la mamelle, etc.
Banni les accidents de son emploi (Brun), il faut citer l’érytbème, l’eczéma, l’anorexie, l’odeur alliacée de la salive, l’insomnie, le délire, les éruptions morbilliformes, ortiées, scarlatiniformes, l’albuminurie.
On l’a préconisé dans le goitre, la scrofule, la tuberculose, intns et extra. Ses propriétés analgésiques le recommandent dans le pansement des listules et fissures à l’anus, des crevasses du mamelon, des brûlures, etc. A l’intérieur, contre la tuberculose, on l’a donné en pilules (5 à 10 centigrammes) associé à la créosote, au gaïacol. On l’a injecté sous la peau dissous dans l’huile de vaseline. Mais c’est surtout dans les abcès froids tuberculeux qu’il a été employé par Verneuil. Ce dernier auteur s’est servi d’éther iodoformé (à 5 p. 100). On en injecte un nombre de centimètres cubes en rapport avec la capacité do la poche.
lÆS MEDICAMENTS CHEZ DES ENTANTS.
D’autres préfèrent la vaseline liquide ou la glycérine iodoformée, moins douloureuse :
lledard a employé l’iiuile iodoformée à 10 p. 100.
M. Lannelongue injecte, dans tes abcès froids, 30 à 35 grammes du mélange suivant :
Attendre quinze jours avant de réitérer.
Dans le pansement des plaies, on se sert le plus souvent d’iodoforme en poudre et de gaze iodoformée. On a traité l’angine diphtérique par les poudrages iodoformés, par les badigeonnages, etc. Sevestre a pansé avec succès les ulcérations de la stomatite avec la poudre d’iodoforme.
Dans la fièvre typhoïde, dans la diarrhée, riodoforme a été prescrit comme antiseptique intestinal, mélangé au charbon. Ses usages en dermatologie sont bien connus. Yalude, pour prévenir l’ophtalmie des nouveau-nés, a conseillé des insufflations d’iodoforme entre les paupières. Ces insufflations ont été également faites dans l’otorrhée. '
Contre la méningite tuberculeuse, on a fait des onctions sur la tête rasée avec de la vaseline iodoformée à 10 ou 20 p. 100. On peut préparer des suppositoires à l’iodoforme contre la fissure à l’anus des nourrissons :
Beurre de cdcao I gr. r>0
lodoforme O gr. 10
Pour l’usage interne, on a utilisé, chez les enfants, l’huile de foie de morue iodoformée ; mais c’est une j)réparation nauséabonde.
louoFOitMOGÈNi;. — Oii apjiclle ainsi un albuminate d’iodoforme presque inodore ; c’est une poudre (inc, jaune pâle, insoluble dans l’eau, trois fois plus légère que l’iodoforme et moins coûteuse par conséquent. Clle renferme lü pour 100 d’iodoforme })ur. C’est un anlisepticpie énergique sans action irritante ni toxique. Peut servirai! pansement sec de toutes les plaies.
Glycérine ou vaseline liquide lodoforme
10 grammes.
O gr. 50
lodoforme
Élher
Créosote
Huile d’amandes stérilisée
IPECA.
3bl
lODOL
Cette substance, préparée en traitant le pyrrol (provenant de l’huile animale de Dippel) par l’iodure de potassium, est de couleur brune, presque insipide, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, l’éther, l’huile d’olive. Elle renferme 90 p. 100 d’iode. On l’a proposée comme succédané de l’iodoforme, en poudre, pour le pansement des plaies, en pommade au dixième avec la vaseline ; Trousseau s’en est servi pour le traitement des blépharites, conjonctivites et kératites.