‹ Les médicaments chez les enfantsChapitre 201 sur 385 · CC · texte numérisé non relu

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Anesse

Chèvre ,

(Juand on compare les différents laits analysés plus haut, on voit que ceux qui se rapprochent le plus du lait de femme sont les laits de solipèdes (ànesse, jument), qui ne sont usités que dans des conditions particulières. Le lait de vache, le plus employé, a sensiblement la môme quantité de beurre et de sucre que le lait de femme, mais il a deux fois plus de caséine : cet excès le rend lourd, indigeste pour les enfants en bas âge, et conduit à la pratique des corrections et des coupages. Le lait de chèvre est encore plus lourd.

Le lait d’ânesse au contraire a une proportion de caséine sensiblement égale à celle du lait de femme ; c’est un lait léger qui

convient aux premiers mois de la vie, aux ju-ématurés, aux débilités, aux enfants atteints de faiblesse congénitale ou épuisés par la maladie. J’ai vu des bébés dyspeptiques, incapables de digérer le lait de vache, assimiler parfaitement le lait d’ànesse. D’autres, atteints d’entérite infectieuse, avec vomissements incoercibles, après la diète hydrique, recevaient avec avantage le lait d’ânesse comme aliment de transition.

Dès le commencement du siècle, Ilufeland recommandait le lait d’ânesse de préférence au lait de vache, quand l’allaitement maternel était impossible [Traité de la mal. scrof., ïrad. Bousquet, 1819). Malheureusement le lait d’ânesse, si léger à l’estomac, si facile à assimiler, est un lait pauvre, non pas en sucre ou en sels minéraux, mais en graisse, en beurre ; le déficit, à ce point de vue, est considérable, et il explique pourquoi le régime du lait d’ânesse ne doit être que transitoire; il aide l’enfant à franchir un mauvais pas, c’est un régime d’attente, insuffisant pour la ration de croissance et même d'entretien.

La nourricerie d’ânesses, installée â l’hospice des Enfants-Assistés pour l’élevage des héré(lo-syphillti([ues, n’a pas rempli les espérances conçues par le prof. Parrot; elle a dû être supprimée. Avant d’essayer l’ânesse, Parrot avait eu recours sans succès à la chèvre, dont le lait trop lourd, trop caséeux, est plus indigeste que celui de la vache.

Cependant, à la campagne, avec le grand air dont bénéficient bêtes et gens, avec les pâturages frais qui ne manquent pas, on a pu obtenir des résultats encourageants par l’allaitement direct ou indirect au lait de chèvu’e.

Le lait d’ânesse à l’inconvénient de s’altérer très vite; il ne peut être conservé et doit être consommé au moment de la traite ou peu de temps après. Son prix, dans les villes, à Paris notamment, est très cher. L’ânesse est-elle conduite à domicile, le prix du litre s’élève à fi francs; pris en (lacon chez le nourrisseur, le litre ne coûte pas moins de 4 francs.

Il y a à Paris deux maisons qui tiennent des ânesses et font commerce de leur lait (rue de Surène 31 et 33, rue Vaneau 81). La composition moyenne des dill'orents laits, donnée dans les tableaux précédents, est sujette à de grandes variations suivant l’état des femelles, suivant leur régime alimentaire, leur condition d’hygiène générale, etc. Les vaches nourries de fourrages verts

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ont un lait plus aqueux, moins riche que les vaches qui mangent des fourrages secs. Les tourteaux de graines oléagineuses donnent un lait trop gras. Les fourrages venus sur des terres maigres, sans engrais, donnent un lait pauvre en heurre, en caséine, en sels de chaux, etc. Les fourrages récoltés sur de bonnes terres, bien phosphatées, donnent un lait riche, etc.

Abus DU lait après le sevrage. — Le titre de cet article pouri-a sembler paradoxal à quelques médecins. Qu’on puisse abuser du lait chez les enfants sevrés, cela paraît difficile. On a généralement beaucoup de mal à continuer le régime lacté chez eux, et quand ils aiment le lait de vache, on pense qu’on ne leur en donnera jamais assez. Non seulement on ne le refuse pas à l’enfant qui le demande, mais encore on le lui offre sans mesure et on use souvent de ruse ou de violence pour le lui faire accepter.

Témoin des ahus commis dans ce sens et appelé à les redresser, je vais dire ce que j’ai vu et obtenu. Ce que j’ai vu, ce sont des effets très fâcheux imputables à l’abus du régime lacté chez des enfants assez grands pour bénéficier d’une autre alimentation. Ce que j’ai obtenu, c’est un retour assez rapide à la santé par le rationnement du lait chez des enfants qui en étaient saturés. iVvant d’exposer les causes, les effets et le remède, rappelons les principes qui doivent présider à un bon allaitement et à un sevrage rationnel. Ces principes, nous allons les exposer aussi brièvement que possible, car il faudrait un volume pour les développer.

L’enfant, nourri au sein par sa mère ou par une bonne nourrice, doit être réglé de bonne heure. On ne doit pas le mettre au sein trop souvent, sous prétexte de l’empêcher de crier. Rapidement, dès les premiers jours, il faut le régler, le faire téter à heure fixe, toutes les deux heures au plus dans la journée, toutes les trois ou quatre heures dans la nuit. Dès le premier mois, l’enfant sera réduit à 7 ou 8 tétées par vingt-quatre heures. L’intervalle minimum de deux heures entre les tétées ne sera pas considéré comme une formule mathématique inflexible. C’est un intervalle minimum, qui pourra s’allonger suivant les circonstances. C’est ainsi qu’un enfant normal, bien portant, ne sera pas réveillé pour téter sous prétexte qu’il n’a pas pris le sein depuis deux heures. On pourra très bien attendre deux heures et demie et môme trois heures. La nuit, cet écart devra môme être dépassé le plus souvent. En somme, il ne faut pas perdre do vue que la rareté des repas, à

tous les âges, môme chez les nourrissons, est indispensable aubon fonctionnement de l’estomac.

Le môme principe est applicable à l’allaitement mixte et à l’allaitement artificiel. Il sera d’autant plus utile qu’on s’éloignera davantage de l’allaitement naturel. Beaucoup d'enfants qui vomissent, qui ont de la diarrhée, de la constipation, des selles anormales quand ils tètent toutes les deux heures, voient cesser ces troubles digestifs quand les tétées sont espacées d’une demiheure ou d’une heure en plus.

Quand le nourrisson a un an, quand il a ses dents, quand ses aptitudes digestives ont augmenté avec l’âge, la multiplication des repas n’est pas moins nuisible. Si le régime lacté exclusif est continué, la lutte devient difficile ; l’enfant a faim, il exige impérieusement, à des intervalles trop rapprochés, une nourriture trop diluée, trop faible, insuffisamment azotée pour sa croissance régulière. Sans le sevrer absolument et prématurément du régime lacté qu’il a tout intérêt à conserverie plus longtemps possible, il faut savoir y ajouter, avec mesure et opportunité, un supplément de nourriture. Le sevrage doit être préparé de loin et mené avec lenteur et progression. A la fin de la première année, l’enfant retire du sein de sa nourrice plus d’un litre de lait; si l’allaitement exclusif est continué, il lui faudra bientôt un litre et demi, deux litres de lait; de même et à plus forte raison s’il est au biberon. Bien peu de nourrices seraient capables de lui fournir cette quantité d’aliment. Et d’ailleurs, ces deux litres de liquide forment une masse, à la fois trop considérable en volume et trop pauvre en principes alimentaires, pour suffire à la bonne nutrition de l’enfant. Le bébé, s’il est maintenu à ce régime irrationnel, peut continuer à être gros et joufflu, mais il deviendra mou, sans force, pâle, anémique. On ne tardera pas à s’apercevoir qu’on a fait fausse route. Bientôt ces enfants soufflés, gênés, quoique mal nourris, par la masse de lait qu’ils absorbent, présenteront des troubles digestifs, du ballonnement du ventre, de la constipation plus souvent que de la diarrhée, parfois des vomissements. Ils seront faibles, marcheront tard et présenteront des indices do rachitisme.

Pour prévenir ces accidents, quand l’enfant approchera de son douzième mois, on devra commencer à lui présenter une alimentation supplémentaire qui lui ôtera l’envie et le besoin de faire

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incessamment appel à un sein qui commence à s’épuiser et dont nous devons d’autant plus ménager la fonction que nous sommes décidés à l’utiliser plus longtemps. Je suis partisan convaincu de l’allaitement prolongé; je ne vois pour l’enfant que des avantages à ce qu’il tête pendant dix-huit mois, deux ans, trois ans môme, comme le font les négrillons, les chinois, les japonais, etc., mais à une condition, c’est que l’alimentation adjuvante intervienne d’assez bonne heure, afin de ménager les forces de la nourrice en réduisant de plus en plus le nombre des tétées. Dans ce but, on donnera d’abord, pour remplacer une tétée, un peu de lait bouilli ou stérilisé; puis on remplacera deux tétées par une quantité équivalente de lait de vache. Au supplément de lait, on ajoutera bientôt les bouillies de farines, les panades, les purées de légumes secs, de façon à réduire les tétées à 3 ou 4 dans les vingt-quatre heures. Grâce à ces tétées, l’enfant digérera admirablement le régime végétarien qu’on aura institué avec une sage progression. Grâce à ce régime plus consistant et plus fortifiant que le régime lacté pur, l’enfant sera moins assoiffé de lait, son estomac sera moins fréquemment et moins abondamment distendu. On pourra continuer longtemps dans cette voie, au grand bénéfice du nourrisson et sans préjudice pour la nourrice. Le sevrage, quand on le voudra, pourra alors être entrepris sans danger. N’étant ni prématuré, ni brutal, il sera accepté par le principal intéressé sans opposition et sans accident.

Cette règle de conduite a pour but et pour résultat de ménager la capacité gastrique de l’enfant tout en lui donnant la quantité et la qualité d’aliments qui conviennent à son âge et à son développement physiologique.

Mais voyons maintenant comment les choses se passent trop souvent, dans les conditions d’ignorance ou d’impuissance qui président à l’élevage de beaucoup de nourrissons.

Les bonnes nourrices sont rares ; suffisante pendant les premiers mois, la lactation devient ensuite pauvre et l’enfant cesse d’augmenter. On fait de l’allaitement mixte de bonne heure, de trop bonne heure ; l’enfant ne le supporte pas toujours bien. Il prend trop tôt l’habitude de boire beaucoup, de dilater son estomac ; puis il reçoit des aliments solides, il est suralimenté. Les troubles digestifs deviennent sérieux. L’enfant est ramené au régime lacté exclusif. S’il était au biberon, les abus alimentaires

deviennent plus graves, l’infection s’ajoute à la suralimentation, et bientôt nous entrons dans la série des indigestions et des gastroentérites qui aboutissent presque fatalement au rachitisme.

L’heure du sevrage a sonné ; ici, il s’applique, non pas à des enfants normaux, bien nourris dès leur naissance, bien développés, sains sous tous les rapports, mais à des enfants qui ont déjà souffert d’un allaitement naturel ou mixte mal conduit. Ces enfants, en retard pour les dents, pour la marche, pour la parole, sont souffreteux, digèrent mal, dorment mal, etc. Ils sont constipés habituellement ; mais ils peuvent avoir des poussées de diarrhée et d’entérite infectieuse. Comme ils ne se développent pas convenablement avec le régime mixte (lait et autres aliments), on prend le parti, parfois sur les conseils du médecin, de leur donner du lait bouilli ou stérilisé à discrétion, sans autre aliment. Et alors l’enfant prend un litre et demi, deux litres de lait par jour. Tantôt ce lait est pris par petits repas rapprochés, une tasse toutes les deux heures ; tantôt, il est donné en quantité considérable (demi-litre) quatre fois par jour.

Cependant l’état s’aggrave ; la constipation augmente, la pâleur est notable, des signes formels d’anémie se montrent : pâleur de la peau et des muqueuses, souffle dans les vaisseaux du cou, etc. Le ventre se ballonne, l’estomac est dilaté, tympanisé ; le bruit de clapotage descend jusqu’à l’ombilic. Les selles sont fétides, La conséquence immédiate de la substitution du lait à l’alimentation mixte et de la multiplication des repas a été l’aggravation de la constipation, de l’anémie, de l’amaigrissement, delà faiblesse, etc..

Parfois l’enfant conserve de) l’embonpoint, de la force ; mais son teint n’est pas coloré, ses nuits sont mauvaises, il a des cauchemars, des terreurs nocturnes, il est agité, criard, nerveux, etc. D’autrefois il est tourmenté par des éruptions prurigineuses (urticaire, prurigo, eczéma, etc).1

Pour fixer les idées à ce sujet voici un cas pris parmi ceux quej'ai observés récemment.

Le 26 décembre 1898, on me conduit un petit garçon de vingtsix mois (16 dents), marchant depuis l’âge de dix-sept à dix-huit mois, ayant mis sa première dent après neuf mois.

Cet enfant a eu une série de mauvaises nourrices et par suite a été alimenté de bonne heure. Actuellement, il a mauvaise mine, le teint pâle, ^les muqueuses oculaires et buccales peu colorées.

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En septembre dernier (au moment des chaleurs), poussée d’entérite assez grave. Habituellement constipation opiniâtre. Poussées eczémateuses à diverses reprises dès les premiers mois. Depuis deux ou trois mois, placards eczémateux, très prurigineux, siégeant dans le dos, aux lombes et aux fesses. Grattages énergiques et fréquents. Sueurs abondantes. Sommeil agité, terreurs nocturnes. Signes d’ectasie gastrique. Le régime suivi jusqu’à ce jour est le suivant : bouillie de farine à un repas, œuf à un autre repas, deux litres de lait bouilli. Cette quantité de lait est prise en quatre repas. On vient précisément me consulter parce que ce régime, conseillé parmi médecin, n’a pas eu de succès, déconsidéré que 2 litres de lait, sans parler des autres aliments, forment une masse trop grande pour l’estomac de cet enfant et je prescris : t“ lait, un demi-litre par vingt-quatre heures; si la soif est très vive, un peu d’eau d’Evian ou d’Alet dans l’intervalle des repas ; 2“ quatre repas par jour composés de panades à la biscotte, soupes épaisses, œufs, œufs au lait, purées de légumes secs, salades cuites, fruits cuits (pour combattre la constipation) ; 3“ poudres composées de bicarbonate de soude, magnésie, benzonaphtol (25,20, 15 centigrammes), poudre de noix vomique (un centigramme) deux fois par jour pendant dix jours; 4“ onctions et poudrage sur les surfaces eczématisées, pas de bains.

Onctions matin et soir avec:

Axonge benzoïaée 50 grammes.

Oxyde de zinc •. } -

Sous-nitrate de bismuth )

Menthol...

Poudrage après chaque onction avec :

Le résultat a été excellent.

Dans un autre cas, très analogue au précédent, l’enfant, sevré depuis quelques mois, pâle, anémique, dyspeptique, prenait également deux litres de lait en vingt-quatre heures, par tasses répétées toutes les deux heures.

J’ai prescrit la réduction des repas à quatre par jour, du lait à un demi-litre ; j’ai ajouté les aliments en purée, etc.

Lycopode

Talc

Amidon

Sous-nitrate de bismuth Acide salicylique

20 grammes.

0 gr. 50

Au bout de quelques semaines, l’enfant allait beaucoup mieux.

Quelquefois le traitement demande plusieurs mois. Tout dépend de l’ancienneté des troubles, de la gravité de la dyspepsie, de l’état général de l’enfant.

Comme on le voit, il est possible d’abuser du lait chez les enfants sevrés depuis peu, chez ceux dont l’estomac est délicat, dont les capacités digestives sont restreintes, chez ceux surtout qui ont souffert d’un allaitement mal dirigé ou insuffisant.

Plus tard, dans la seconde enfance, à quatre, cinq ans, l’abus du lait n’est plus à craindre et je conseille souvent aux parents, de donner du lait aux enfants polydipsiques ; ils boivent avec excès l’eau pure, l’eau rougie, les tisanes; le lait passera moins facilement et l’abus des liquides sera arrêté. Dans la première enfance, à dix-huit mois, à deux ans et même à trois ans, nous ne pouvons pas laisser les choses aller ainsi au gré de l’enfant ; nous sommes obligés de rationner tout, même le lait.

Quand un enfant est réellement sevré, quand il mange, il doit boire moins de lait qu’avant le sevrage, et surtout moins souvent.

Sans doute, quelques enfants, bien doués physiquement, peuvent se permettre des écarts et prospérer en violant toutes les règles de l’alimentation. Mais c’est le petit nombre et il ne faut pas compter sur cette tolérance exceptionnelle de l’organisme. Il faut au contraire se bien pénétrer de l’idée que le tube digestif de l’enfant est tout ce qu’il y a de plus délicat, de plus fragile. L’alimentation après le sevrage doit être une nourriture choisie, et rationnée, comme celle des malades ou des convalescents.

Comment devra-t-on composer les repas de ces petits êtres ? Les aliments devront être très riches sous un petit volume ; les boissons n’excéderont pas en moyenne un demi-litre.

Les repas seront rares (quatre en vingt-quatre heures ordinairement) ; à huit heures, à midi, à quatre heures, à sept heures.

Tous les aliments seront stérilisés par la chaleur, c’est-à-dire cuits ; pas de crudités, pas de fruits crus. La viande ne figurera pas dans l’alimentation de l’enfant sevré depuis peu, ii’ayant pas atteint trois ans. Elle ne pourrait être autorisée que dans des conditions spéciales, pathologiques, comme médicament (viande crue hachée, râpée on pulpéc). On donnera, répartis en quatre repas, de douze à dix-huit mois : un demi-litre de lait, un œuf,

deux soupes épaisses, ou bouillies, ou panades, ou purées de légumes secs, une ou deux cuillerées à potage de salades cuites ou fruits cuits passés (pruneaux, marmelade de pommes), surtout s’il V a de la constipation, etc. De dix-huit mois à deux ans, deux œufs par jour, deux ou trois potages, crèmes, légumes en purée, etc. Après deux ans, l’enfant peut prendre trois œufs. On s’abstiendra de sucreries et pâtisseries, de vin et boissons fermentées. Si l’enfant avait un dégoût invincible pour le lait, on lui donnerait de l’eau pure filtrée, ou bouillie (infusion de tilleul, thé léger), ou faiblement minéralisée (Evian, x\let).

On donneraà grignoter quelques biscottes ougrissini, encroûtes de pain.

En somme, les aliments, graduellement augmentés, seront toujours de facile digestion, légers à l’estomac, laissant dans le tube digestif le minimum de résidus et de déchets inassimilables.

L.ut stérilisé. — Le lait est un excellent milieu de culture pour la plupart des microbes, saprophytes ou pathogènes. Il s’altère très facilement, fermente, tourne, surtout par la chaleur, et dès lors il peut devenir dangereux pour les enfants auxquels il est destiné. Sans parler des altérations spontanées qu’il subit au contact de l’air, ou de vases malpropres, il peut servir de véhicule à plusieurs maladies infectieuses: la tuberculose, la fièvre aphteuse, la fièvre typhoïde, la diphtérie, la scarlatine, etc. Les microbes peuvent passer dans le lait, surtout quand la mamelle est malade ; la plupart des médicaments se retrouvent dans le lait des femmes ou des femelles d’animaux soumises à un traitement médicamenteux un peu actif. On a même songé jadis à utiliser cette voie pour le traitement des nourrissons. Ce traitement indirect par le lait est d’ailleurs presque toujours insuffisant et illusoire.

La stérilisation a pour but de détruire les microbes existant primitivement dans le lait ou introduits accidentellement par des manipulations suspectes. La chaleur est le procédé de stérilisation le plus employé. Les médecins et hygiénistes se sont prononcés unanimement contre la conservation par les procédés chimiques,

Voici les instructions qui ont été adoptées par la Commission Municipale du lait (séance du 29 janvier 1897).

Instructiom sur la consommation du lait rédigées MM. Budin, CoMBY, Miquel, Roux et Paul Strauss.

Le lail, aliment si précieux lorsqu’il est consommé au moment où il est tiré du pis de la vache saine, peut être dangereux s'il est fourni par une v'^aclie malade ou si des microbes s’y ajoutent. Ces microbes peuvent venir de la vache elle-même (vache atteinte de tuberculose, fièvre aphteuse, etc.) ou être apportés de l’extérieur par les poussières adhérentes aux vases, par l’eau qui sert à les laver, etc. En se développant dans le lait, ils l’altèrent; introduits dans le tube digestif, ils déterminent parfois l’apparition d’accidents très graves, tels que les diarrhées des nourrissons et le choléra infantile.

11 est donc nécessaire de détruire ces microbes pour avoir un lait sûrement inolîensif. Le chauffage est actuellement le seul moyen pratique et efficace pour atteindre ce but.

Les procédés de conservation du lait par l’addition de substances chimiques constituent des pratiques frauduleuses et souvent dangereuses pour la santé des consommateurs. Ils doivent être rejetés.

Les procédés actuels de réfrigération du lait offrent des avantages pour prévenir son altération et faciliter son transport, mais ils ne constituent pas un moyen de stérilisation de ce liquide alimentaire.

La pasteurisation, telle qu’on la pratique pour le vin et la bière, c’est-à-dire le chauffage une seule fois à une température voisine de 60°, est insuffisante pour détruire les germes nuisibles contenus dans le lait. Toutefois ce mode de chauffage, comme la réfrigération, peut être utilisé pour faciliter le transport dans certaines conditions favorables.

Quand le lait doit être consommé dans les vingt-quatre heures, il suffit qu’il soit chauffé à 100“ pour donner une sécurité suffisante. Ce lait doit être conservé dans le vase où il a été chauffé et mis au frais.

D’habitude on fait bouillir le lait en vase ouvert. S’il ne doit pas être immédiatement consommé et si on veut le couvrir, il faut attendre son refroidissement. En effet, la vapeur d’eau, se condensant sur le couvercle froid, forme des gouttes qui entraînent dans le lait des impuretés et des germes. Dans les cas où l’on veut recouvrir le lait encore chaud, il faut que le couvercle vienne d’être passé à l’eau bouillante.

L’ébullition fait périr presque tous les microbes; il en est cepen-

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dont qui résistent et qui, si la température ambiante est suffisamment élevée (par exemple pendant l’été et dans une pièce trop chauffée) peuvent se développer et amener une altération du lait. C’est pourquoi on a recommandé de le mettre au frais quand il a bouilli.

Pour les enfants, quand le lait de femme, toujours préférable, fait défaut, on a généralement recours au lait de vache. Le lait destiné aux nourrissons doit être réparti en flacons clos, contenant la quantité qui sera consommée en une fois. Les flacons seront chauffés au bain-marie et maintenus pendant trois quarts d’heure dans l’eau bouillante.

Les enfants prennent le lait souvent et par petites quantités à la fois ; si pour chàque repas on puisait dans la provision de la journée, à chacune de ces manœuvres, on introduirait de nouveaux microbes dans le lait et on perdrait ainsi le bénéfice du chauffage. Il vaut donc mieux répartira l’avance dans des flacons le lait destiné aux nourrissons. Ces flacons contiendront la quantité nécessaire pour un repas.

Avant d’employer les flacons, on les lavera à grande eau, puis on les égouttera. Une fois qu’on y aura mis la quantité de lait suffisante, on les fermera soit avec un tampon d’ouate introduit dans le. goulot, soit avec un linge lié autour du col, soit à l’aide d’un des bouchons de caoutchouc inventés pour cet usage. Les flacons, placés ensuite dans un support spécial, un panier métallique par exemple, seront introduits dans la marmite contenant l’eau froide, et on chauffera jusqu’à l’ébullition qui sera maintenue pendant trois quarts d’heure. Ce temps écoulé, on retirera le panier et on mettra au frais. Au moment du repas, on fait tiédir le flacon au bain-marie. Quand il est arrivé à la température convenable, on le débouche et on adapte sur le goulot une tétine propre qui a été bouillie. Dans ces conditions, le lait passe de la bouteille dans l’estomac de l’enfant aussi pur que du lait qui viendrait du sein de la mère.

Lorsque le coupage du lait aura été prescrit, c’est avant la stérilisation qu’on ajoutera la quantité d’eau potable nécessaire.

Du lait reste-t-il dans un flacon, il ne faudra point, plus tard, le donner à l’enfant ; il se trouve en efl'et souillé par les microbes de la bouche qui ont passé par l’ouverture de la tétine; ces microbes pullulent rapidement dans le lait et l’allèrent.

Tout, (lacon vidé doit être immédiatement et soigneusement nettoyé. Pour cola on fera usage d’eau carbonatée (cristaux, carbonate do soude) ou d’eau savonneuse, qui enlèveront plus facilement les matières grasses; on rincera ensuite à grande eau.

Ce nettoyage est très important, car, s’il reste un peu de lait dans le llacon, il s’aigrit et peut faire cailler le lait frais qu’on y verse ensuite.

Si un ou plusieurs flacons n’ont pas été ouverts, et si on veut les employer le lendemain, on devra chaulîer de nouveau au bainmarie et les laisser pendant trois quarts d’heure dans l’eau bouillante.

Quand le lait doit être conservé plus de vingt-quatre heures avant d’être consommé (lait dit de conserve), il ne doit contenir aucun microbe vivant. On obtient actuellement ce résultat soit par un chaulfage en une fois et suffisamment prolongé à 110°, soit par un chauffage discontinu au-dessous de cette température. Le chauffage du lait dans ces conditions ne lui fait pas perdre ses qualités nutritives.

Les laits de conserve, quand ils sont bien préparés, peuvent être aussi donnés aux enfants etaux nourrissons. Avant de les employer on s’assurera : 1° qu’ils ont bon aspect, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas trop foncés en couleur, qu’ils ne sont pas caillés, qu’ils ont conservé l’apparence normale; 2° qu'à l’ouverture de la bouteille ils ne dégagent ni gaz ni mauvaise odeur; 3° qu’ils n’ont aucun mauvais goût.

Si la crème est remontée à la surface, on la remettra en suspension en agitant le llacon après l’avoir fait tiédir. On versera directement ce lait de la bouteille dans le biberon, préalablement nettoyé à l’eau bouillante comme il a été expliqué plus haut. Si ce lait doit être coupé, on emploiera de l’eau potable bouillie.

Donc, la Commission Municipale de Paris admet l’allaitement artificiel avec le lait stérilisé par la méthode Soxhlet ou avec le lait stérilisé industriel (lait de conserve). C’est ce lait que j’ai utilisé sur une vaste échelle depuis dix ans; j’ai montré sa valeur nutritive et curative dans certains cas (diarrhées infantiles).

Elle ne se prononce pas sur la question des coupages qui a paru si nécessaire à la plupart des médecins, du moins dans les premiers mois de la vie, qu’on a cherché à corriger le lait stérilisé

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de façon à rendre sa composition identique à celle du lait de femme. C’est le lait humanisé ou lait maternisé.

Lait humanisé. — Ce qui distingue le lait de vache du lait de femme, c’est l’excès de caséine et de sels minéraux; on peut, soit précipiter une partie de cette caséine (procédé Vigier) par la présure, soit diluer le lait en ajoutant de l’eau. Mais cette dilution appauvrit le lait en beurre et en sucre. Pour les laits trop gras, cela n’a pas d’inconvénient, il suffit d’ajouter du sucre de lait ou de la saccharose.

Le lait de Gaertner (lait maternisé) obtenu par la centrifugation est un lait de vache corrigé selon ces principes. Ce lait est de plus stérilisé à l’autoclave. 11 est léger et doit être donné pur dès la naissance. Quelques nourrissons s’en trouvent bien; d’autres ne prospèrent pas mieux avec ce lait qu’avec le lait de vache simplement stérilisé.

Le lait de Backhaus est un lait de vache soumis à une digestion artificielle, c’est un lait peptonisé. On commence par la centrifugation comme dans 1e procédé de Gaertner, on recueille le lait maigre, on l’additionne de trypsine pancréatique et de présure et on le laisse à la température de fio” pendant vingt-cinq minutes; la caséine se coagule en partie et se transforme pour le reste en propeptone. On passe et on ajoute de la crème, afin que le lait en renferme 35 grammes par litre, du sucre de lait (10 a 20 gr.). Ce lait peptonisé est alors réparti en petits flacons et stérilisé à 105® pendant trente minutes.

Budin et Michel ont préparé un lait analogue en ajoutant 50 centigrammes d’extrait pancréatique de veau par litre de lait stérilisé ; on laisse digérer pendant une heure à 37® et on ajoute : 24 grammes de lactose, 50 de sirop de sucre, eau quantité suffisante pour faire 500 centimètres cubes.

Le mélange est ensuite réparti dans les flacons et stérilisé au bain-marie.

La préparation de tous ces laits décaséiné, centrifugé.^ pcplonisé, etc., est délicate et ne peut se faire à domicile. Par contre tout le monde peut couper le lait avec l’eau pure, et le sucrer avec la lactose ou le sucre ordinaire. Ce coupage est souvent suffisant en pratique.

Voici les règles établies par Marfan dans son traité de l’allaitement :

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