L. Concelti formule
Eau d’anis 10 grammes.
Sh’op de café 20 —
Chlorhydrate de quinine 1 —
Saccharine 0 gr. 30
A prendre par cuillerées à café contenant cliacune 15 centitigrammes de quinine.
Mon interne en pharmacie, M. Mignard, m’a préparé la potion suivante qui est acceptable :
Chlorhydrate de quinine 2 grammes.
Saccharine 0 gr. 30
Teinture d’oranges amères 5 grammes.
Sirop simple Q. S. pour GO cc.
Une cuillerée à soupe contient 0 gr. 50 de quinine.
Quand les enfants sont grands (huit, dix ans et au-dessus), ils pourront avaler des pilules, des cachets, des perles ou des capsules de quinine. On pourra prescrire alors :
Sulfate de quinine 0 gr. 10
Extrait de quinquina 0 gr. 10
Pour 1 pilule; en prendre, suivant les cas, 1, 2, 3 par Jour et davantage.
Sulfate de quinine . 0 gr. 20
Dans un cachet que l’enfant avalera avec un peu d’eau.
En potion, on formulera :
Sulfate de quinine 20 grammes.
Eau de Rabel (le moins possible) Q. S.
Sirop tartrique 20 grammes.
Eau , 40 —
A prendre, en deux ou trois gorgées (enfant de cinq ou six ans).
On peut encore faire un sirop de sulfate de quinine ainsi composé :
Sulfate de quinine 0 gr. 50
Sirop simple 95 grammes.
Eau distillée. 4 —
Acide sulfurique à 1 p. 10 0 gr. 50
En mettre 40 à GO grammes dans une potion.
QUINQUINA ET QUININE
En employant le chlorhydrate neutre, on pourra faire un sirop plus riche en quinine et contenant 20 à 30 centigrammes par cuillerée à soupe.
A ces potions, usitées dans la seconde enfance, on pourra ajouter, pour faire tolérer la quinine, une petite quantité de sirop diacode ou de sirop de codéine (5 à 10 grammes).
En lavement, on peut donner le sulfate de quinine à la même dose que par la bouche, en acidifiant la solution et ajoutant une goutte de laudanum :
Sulfate de quinine 0 gr. 25
Eau de Rabel (le moins possible) Q. S.
Infusion de camomille tiède 100 grammes.
Laudanum de Sydenham I goutte.
Pour un lavement que l’enfant devra garder.
On fera précéder ce lavement médicamenteux d’un grand lavement évacuateur.
On peut remplacer l’eau de Rahel par l’antipyrine (1/2 à 1 gramme) pour assurer la solubilité du sulfate de quinine. Si l’on emploie le bichlorhydrate, il n’est pas besoin de ces adjuvants.
Au lavement, je préfère le suppositoire au beurre de cacao creux, si possible :
Beurre de cacao 2 grammes.
Sel de quinine 0 gr. 20
Pour un suppositoire.
On a proposé les frictions cutanées avec une pommade contenant 10 ou 20 p. 100 de sel quinique ; cette méthode ne livre que très peu d’alcaloïde à l’absorption et encore chez les enfants très jeunes, au-dessous de deux ans ; on prescrirait:
Axonge fraîche 20 grammes.
Sulfate de quinine 4 —
Eau de Rabel Q. S.
Faire matin et soir des frictions sous les aisselles. En employant un sel soluble comme le cblorbydrosulfate, on favorise l’absorption cutanée et on peut retrouver la quinine dans les urines du bébé.
Quand on veut faire des injections sous-cutanées avec le sulfate de quinine, on est obligé d’acidilier la liqueur, ce qui la rend irritante.
Il vaut mieux employer le bichlor hydrate de quinine (de Beurmann et Villejean) ou le chlorhydro-sidfate. On prescrit alors:
Bichlorhydrate ou chlorhydro-sulfate de quinine. 5 grammes.
Eau distillée Q. S. pour lOcc.
Chaque seringue de Pravaz contient 50 centigrammes de sel de quinine ; on injectera un quart ou une demi-seringue matin et soir, suivant l’âge de l’enfant (au-dessous ou au-dessus de trois ans).
Le chlorhydrate basique est moins soluble que le chlorhydrate neutre ou bichlorhydrate ; mais il est très stable et on peut accroître sa solubilité en l’associant comme l’a fait Laveran à l’antipyrine :
Chlorhydrate basique de quinine 3 grammes.
Antipyrine 2 —
Eau distillée ü —
Chez les enfants très jeunes, quand l’indication est formelle, il y a tout avantage à choisir la voie hypodermique ; c’est la plus sûre, la plus prompte, la plus pratique à tous les points de vue.
Dans mon service d’hôpital, je me sers d’une solution de chlorhydrate de quinine dosée à 25 centigrammes par centimètre cube. Au-dessous d’un an, je prescris une demi-seringue de Pravaz; audessus d’un an, deux demi-seringues par jour. Au-dessus de deux ans, je n’hésite pas, dans les cas de broncho-pneumonie hyperthermique, à faire deux injections entières par vingt-quatre heures.
Les enfants supportent admirablement la quinine ; quand le danger n’est pas pressant, on peut prendre pour règle de donner 10 centigrammes de quinine par année d’âge (soit 20 centigrammes à deux ans, 30 à trois ans, 50 à cinq ans, etc.). Mais, s’il y a urgence, il faut doubler la dose. On ne le regrettera pas.
Si l’on veut obtenir de la quinine un effet prompt, sûr, il faut avoir soin de ne pas fractionner les doses : si l’on prescrit à un enfant de trois ou cinq ans 40 ou 50 centigrammes de quinine, cette dose doit être prise en une fois ou en deux fois à un quart ou une demi-heure d’intervalle; si l’on réfracte la dose, en échelonnant les prises sur toute la journée, on n’aura aucun efl’et antithermique, l^our abaisser la température, il faut donner des doses massives.
Le docteur B. Saint-Philippe, de Bordeaux, a eu recours aux in-
QUINQUINA ET QUININE
jections de quinine dans la broncho-pneumonie, et il s’est servi de la solution suivante:
Chlorhydrate de quinine
Glycérine
Eau
Deu.v. piqûres par jour.
Reste à savoir si la quinine injectée agit de la même façon que la quinine ingérée. Mon interne, M. Pochon, croit à la supériorité de ce dernier mode d’administration.
Peut-être certains sels peu solubles de quinine donnent-ils sous la peau un précipité insoluble qui ne s’absorbe pas ou s’absorbe trop lentement. La question n’est pas élucidée.
Quand on donnera aux enfants la quinine en potion, je conseille vivement d’en masquer le goût par l’addition d’extrait de réglisse (5 grammes p. 100).
Dans les pays à malaria, chez les enfants au sein, on pourrait utiliser une autre voie d’introduction très indirecte, c’est-à-dire la nourrice. La quinine passe dans le lait.
M. Oui, de Bordeaux, a montré que le sulfate de quinine, administré à la dose de 75 centigrammes à 1 gramme, se retrouvait dans le lait, mais en faible quantité. Les nourrissons soumis au lait quininé n’en ont éprouvé aucun inconvénient.
En résumé, les sels de quinine jouent un grand rôle en médecine infantile; ils sont très bien supportés par les enfants de tout âge, ne provoquent presque jamais chez eux les phénomènes pénibles observés chez les adultes (tintements, surdité, céphalée, gastralgie, etc.), et peuvent être donnés sans inconvénient à très haute dose. Chez les petits enfants, le meilleur mode d’administration est la voie hypodermique.
2 à 4 grammes.