SAIGNÉE
La saignée est bien déchue de son ancienne splendeur. Cependant elle mérite de ne pas tomber complètement dans l’oubli et il faut y avoir recours dans quelques cas bien déterminés. Dans la première enfance, jusqu’à deux ou trois ans, on n’aura guère l’occasion de pratiquer la saignée du bras, à cause de la petitesse de la veine et de la rareté des indications, mais on pourra faire la saignée locale avec les ventouses scarifiées ou avec les sangsues. Dans la seconde enfance, au contraire, la saignée peut être utile dans la néphrite chronique ou même dans l’asystolie, dans la congestion pulmonaire suffocante, dans l’apoplexie pulmonaire, dans l’hémorragie cérébrale ou méningée, etc. Après avoir fait une ligature au-dessus du pli du coude avec une petite bande, pour faire saillir les veines, on lavera soigneusement et on incisera sur la médiane céphalique ; suivant l’âge et les forces de l’enfant, on retirera 100, 200, 300 grammes de sang. On pansera avec gaze aseptique ou iodoformée.
A. Baginsky [Soc. de méd. BerL, mai 1898) recommande la saignée dans la dilatation aiguë du cœur. Chez un garçon de sept ans et demi, dyspnéique et hyposystolique, une saignée de 120 grammes releva le pouls et facilita la respiration (il avait une insuffisance mitrale). Chez un enfant de neuf ans ayant de la sclérose pulmonaire et de la dilatation bronchique avec orthopnée, une saignée de 90 grammes fut très efficace. Dans un troisième cas, on fit l’artériotomie, la phlébotomie ayant été insuffisante (1 00 grammes de sang).
SALIGINE.
SALACÉTOL
Bourget (de Lausanne) a proposé le salacétol contre le rhumatisme et les diarrhées estivales. Il diffère du salol en ce que l’acide salicylique est combiné à l’acétol au lieu du phénol. Il renfermerait 75 p. 100 d’acide salicylique. C’est une poudre blanche, insoluble dans l’eau froide, soluble dans l’eau chaude. Il se prescrit à la dose de 1 à 2 grammes par jour, donné le matin à jeun dans un peu d’huile de ricin (10 à 15 grammes).