‹ Les médications psychologiques (volume 2)Chapitre 11 sur 118 · I. i\êvr<ises fl idées fixes, I^y8, II, p. 3Hi · texte numérisé non relu

I. i\êvr<ises fl idées fixes, I^y8, II, p. 3Hi

Ja>kt. — Acquit, jisycli. III — 1

.'iO LES ACQUISITIONS PSYCHOLOGIQUES

sont plus voisins qu'on ne le croit des paralysies fonctionnelles: il ne s'afrit pas d'une véritable disparition des réceptions sur les or<ranes des sens, ce sont toujours des actions, deè réactions adaptées qui cessent d être exécutées correctement et avec conscience. L'éducation peut préciser et développer les perceptions de l'homme normal qui a|)prend à réagir à des impressions auparavant inaperçues; les réactions perceptives des névropathes peuvent évidemment être transformées de la même manière. Nous venons de signaler à propos des paralysies et des contractures des éducations du sens tactile et du sens musculaire, on constate des développements du même genre dans le domaine des autres sens. Plusieurs auteurs se sont beaucoup occupés récemment de l'éducation du sens de l'ouïe chez les scléreux dont l'audition est diminuée et ont obtenu des résultats intéressants. Ces résultats sont bien plus nets quand il s'agit des surdités név'ropathiques. J'ai pu obtenir assez facilement la guérison de six cas de surdité hvstérique : dans trois do ces cas la suggestion me semble avoir joué le plus grand rùle, mais dans les trois autres, l'éducation de l'ouïe et des exercices réguliers d'attention auditive pendant plusieurs semaines ont été la partie la plus active du traitement.

Les troubles de la vue dans l'hystérie sont à mon avis plus fn'Mjuonls et plus réels qu'on ne semble dispos.é à l'admettre aujourd'hui, ils disparaissent souvent spontanément par l'évolution de la maladie et par la diminution de la dépression mentale; mais ils passent quelquefois au premier plan et ne doivent pas toujours être traités par le mépris, sinon ils se prolongent indéfiniment. Des idées fixes interviennent presque toujours dans leur formation, la suggestion, la désinfection morale jouent un grand rôle dans leur traitement ; cependant des exercices de la vue m'ont semblé avoir été utiles dans plusieurs cas. Va., f. 22, a conservé pendant plusieurs années une amaurose unilatérale typique : les expériences avec la boite de Fiées et avec les anaglyphes de Ducos de llauron m'ont montré d'abord qu'il s'agissait bien d'une amaurose hystérique et ont été ensuite le point de départ de la rééducation. Les exercices de vision binoculaire que Javal employait pour l'éducation des strabiques ont habitué ce sujet à se servir consciemment de son œil gauche et ont fait disparaître en deux mois ce trouble persistant. Jm., f. 1x2, qui a souflert toute sa vie d'une foule de troubles hystériques, a présenté en particulier à plu-

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sieurs reprises des crises de cécité complète dont l'une s'est prolongée pendant douze jours : elle a gardé constamment une amaurose de l'œil gauche. La guérison de cette aniaurose qui a été complète a été obtenue de la même manière que dans le cas précédent. .le ne puis insister ici sur les phénomènes singuliers qui ont caractérisé cette guérison et sur les formes de vision hémianopsique qui ont apparu avant le rétablissement de la vision des deux yeux : je les ai signalées dans un autre travail'.

Je voudrais à ce propos ajouter une autre observation d'un ordre un peu diflerent pour montrer comment un trouble de certaines perceptions peut avoir des contre-coups singuliers et comment l'éducation de telle ou telle perception peut être indispensable. Yb., f. iG, nous est conduite parce qu'elle présente une singulière phobie. Elle ne peut plus sortir dans les rues sans être prise de vertiges et d'angoisses. L'agoraphobie étant, comme je J'ai souvent montré, un syndrome fort complexe, j'ai cherché quelles étaient les conditions plus précises de ces vertiges. Ils n.existent pas quand la malade ferme les yeux, ils sont absents ou très rares quand elle se tient immobile les yeux ouverts devant des objets immobiles ; ils augmentent beaucoup quand elle regarde passer des personnes qui marchent et surtout des voitures, ils sont intenses quand elle est elle-même en voiture et regarde au dehors les objets qui défilent. En un mot les accidents paraissent déterminés par la perception d'objets en mouvement qui passent dans le champ visuel. Cette jeune fille a eu dans sa première enfance une maladie des yeux et elle a été mise dans une école d'aveugles. Ses yeux se sont ;i peu près complètement guéris et l'examen des oculistes nous apprend que, si la vue est restée assez réduite pour l'œil gauche, elle est au contraire à peu près intacte dans l'œil droit qui a une acuité de 8/10, qui distingue bien les couleurs et a un champ visuel étendu. Malgré cette vision très suHlsante la jeune malade est restée dans l'école d'aveugles où elle a trouvé un emploi, et vivant au nulicu d avfugles a conservé l'habitude di' se servir très jieu de la vision. En laison de ce défaut d'usage clic présente un trouble visuel p<Mi connu dont j'ai déjà eu l'occasion de signali-r la (rerjiietice chez les (b'-priiués ", l:i

I. In CBH (J'hi'mi.iiKijisif livslôriijiio IninsUoirc. Presse médicale, i'ù octol)ro iiS((ij, p. u'|i ; l.'iHiil mrntiil ilns Uyslrritfncs. t' «'(lit , ii(i i, |i. V")''^-

>.. i'A. iniMi i'tu<l'- Mir lu durée des seiisatictii» viMicll<ï> i'l«iii<Mi;iiros. liullelinde

lenteur de l;i vision. Elle perçoit lentement les objets par la vue, les voit et les reconnaît bien quand elle a le temps de les voir sulTisaniment ; elle les perçoit mal et reste troublée si elle n'a pas le temps de les voir sulfisamment. De là le trouble dans la perception des objets en mouvements (jui souvent sont allongés par persistance de l'impression visuelle, qui paraissent déformés et étranges, de là enfin le prétendu vertige et la phobie quand la malade sort dans la rue et surtout quand elle sort en voiture.

Je viens de constater le même trouble d'une manière intéressante chez un olPicier blessé par une balle à l'occiput. La cécité complète, puis riuMuianopsie du début ont disparu et la perception visuelle semble normale, mais elle est lente et le malade reste également afl'olé par les objets en mouvement. L'éducation et la rééducation de la vision me semblent dans ces deux cas le traitement indispensable : il est curieux de remarquer que dans le premier cas, cette éducation de la vision se présente comme le traitement.d'un symptôme qui était au premier abord simplement de l'agoraphobie.

Comme exemple des effets de l'éducation sur les troubles des perce[)tions chez les névropathes je voudrais également rappeler ici l'observation curieuse de M'"* Z'. Cette personne âgée de 65 ans a toujours été plus qu'une névropathe, elle a présenté pendant toute sa vie une série d'accidents de nature hystérique bien caractérisée, paraplégie pejidant un an, attaques d'hystérie avec catalepsie et somnambulisme, mutisme, contractures du cou, spasmes du bras droit, algies varié'es, etc., les derniers accidents de ce genre ont eu lieu vers l'Age de 5o ans. Depuis ce moment les accidents proprement hystériques ont cédé la place aux troubles de l'arthritisme et de l'artério-sclérose. Il y a trois ans M'"* /. eut des accidents graves d'hémorragie rétinienne de l'd'il gauche dont la vision fut dès le début complètement compromise. A la suite de cet accident elle se plaignit de voir de sou d'il gauche des éclairs lumineux, des barres de feu qui étaient accom|iagnés de violentes douleurs et on lut amené après des soull'rances prolongées pendant un an à sacrifier cet œil gauche

l'Institiil i)syrli()l(i(jigiie. it)i)^, p. 5'iO. VA. égalemoiil sur le mi^me sujet de travail (lo M. l'ick (ili< l'ragiu), Brain, iijoS, p. 2G2.

1. ()l)si'rvali')n puliliée dans les Annales d'ocidisli<]n(\ juillet 1900, présentée à la Société nonrulngiipw^ de New-York et piil)li('(> dans le Mnlicitl record. 11 mai 1907; l!tiil Hi(7i/i// (/('.< /ivs/('/7i/(jf.s. 2' édition, 191 I, p. ^70.

absolument inutile et à pratiquer la section du nerf optique en laissant le globe oculaire dont l'apparence était normale et dont le mouvement seul était troublé.

C est à ce moment que commença la perturbation singulière de la vision qui se développa à la suite de cette opération et qui donna lieu à mes recherches psychologiques : l'œil droit, qui était resté intact, paraissait quand on l'examinait rapidement avoir conservé une vision tout à lait normale, l acuité visuelle était suffisante et le champ visuel étendu. Mais la malade se plaignait de ne pouvoir se servir de cette vision, car il y avait devant elle dès qu elle essayait de regarder un objet, un nuage bizarre composa de points lumineux grouillants et qui lui dérobait la vue des objets. En vain faisait-elle tous ses efforts pour fixer un objet, pour suivre* une ligne, la vision était troublée par ce nuage en mouvement et il lui était impossible de rien saisir avec netteté. Non seulement la lecture était impossible, mais même la vision des objets de la chambre était si difficile que la malade avait de la peine à se conduire. Bien plus ce nuage mouvant ne tardait pas à déterminer du vertige et un état nauséeux si bien qu<^ pour retrouver le calme il fallait refermer les yeux. Ces troubles singuliers allèrent en augmentant pendant près d une année et le désespoir de cette malade très névropathe ajoutait encore à tous les troubles précédents.

L'analyse plus précise de ces troubles nous lit constater les faits suivants: la vision de l'œil droit n'est conservée au premier moment qu'à une condition, c'est que la malade se borne à décrire l'objet placé devant elle quel qu'il soit sans choisir elle-même l'objet. Dès qu'il s'agit de (ixor, d'accommoder la vision, dès qu'il y a le moindre effort d'attention, le trouble recommence. Inversement on note un certain nombre de circonstances dans lesfjiielles le trouble se trouve à peu près complètement supprimé. Un éclairage particulier venant du c6té gauche, une position fortuite de la malade amène un changement subit et pendant quelques instants y[""'A. est tout étonnée de voir parfaitement comme elle vovait autrefois; mais cette vision est courte et la malade ne sait plus ce qu'il faudrait faim pour la retrouver. Kllc r«'clame un l);indeau sur son ojil frauche aveutîle ou elle le serre lortemenl avec les doigts et obtient qu<'lques instants de vision plus n(»rmale fie l'œil droit en empêchant l'œil gauche de bouger. Elle use d une grosse loujte fntonrée d'une épaisse monture métalli(jue et la

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tient obliqucmeiil de tnanière que la monture prolongeant en quelque sorte rombre de son nez, isole l'œil droit de l'œil gauche.

Ces quelques observations semblaient montrer que l'œil droit était capable de voir toutes les fois qu'il était isolé de l'œil gauche et que l'intervention de l'œil gauche, quoique aveugle, était l'origine du trouble de la vision. Pour le vérifier j'ai essayé quel- (jues expériences dans lesquelles la vision monoculaire de l'œil droit lut encore plus nette: en voici une singulière. M""' Z. était autrefois habituée à tirer au pistolet et savait viser avec l'œil droit sans se servir de l'œil gauche. Je l'ai priée, en tenant un pistolet et même un simple morceau de bois, de répéter l'efFort de la visée. A sa grande surprise, elle vovait alors parfaitement net l'objet visé, sans nuage et sans fourmillement. Il lui était même possible de toucher avec l'extrémité du morceau de bois un point détermiaé, tandis qu'elle était incapable auparavant de saisir avec la main un gros objet. Dans une autre expérience, je la faisais regarder au travers d'une lunette d'approche et elle voyait encore à distance les objets parfaitement précis. Enfin, je la faisais regarder simplement au travers de tubes de papier et elle devenait, par ce moyen très simple, capable de lire sans difficulté. Il fallait que le tube fût exactement appliqué contre r<inl droit: en effet, il suHisait qu'un ravon lumineux pénétrât dans l'œil du côté interne pour qu'aussitôt le nuage brillant vint de nouveau envahir le champ visuel. Voilà tout un ensemble de faits qui semblent nous montrer que le trouble de la vision s'atténue ou disparaît quand l'œil droit fonctionne seul sans la participation de l'œil gauche. Cette remarque n'est pas en contradiction avec la précédente qui nous a montré l'exagération du trouble dans tous les efforts de fixation et d'attention. En elVet, dans l'attention il y a convergence des deux yeux et l'association des deux veux existe au plus haut degré, or nous venons de v(tir qu'il faut précisément supprimer cette association pour rélablir la vision distincte.

Comment interprélei' les phénomènes précédents? Voici une explication que je propose au moins h titre d hypothèse. On sait qu'il existe chez l'homme normal deux visions différentes, la vision binoculaire avec convercfcnce et la vision monociiliiire dans laquelle les deux yeux fonctionnent indépendamment l'un de l'autre. Mais on n'est pas disposé à parler d'ordiiiiiirc de ces

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deux visions quand il n'existe plus qu un seul œil: au premier abord on croit qu'un borgne ne peut avoir que la vision monoculaire. Il en serait ainsi probablement pour ceux qui perdent un œil dans la première enfance, mais ceux qui deviennent borgnes à l'âge adulte conservent le mécanisme psvchologique de la vision binoculaire dans toutes les circonstances où cette vision s'exerce d'ordinaire et ils ne prennent le mécanisme de la vision monoculaire que dans des circonstances particulières, quand ils font une de ces actions dans lesquelles nous sommes habitués à faire fonctionner un œil isolé. En un mot, quoique cela semble paradoxal, les observations précédentes me conduisent à supposer qu un borgne peut conserver le mécanisme cérébral de la vision binoculaire quand il lit avec attention, ce que l'on peut vérifier d'ailleurs en observant les mouvements de convergence de son œil aveugle ou de son moignon et qu'il n'adopte le mécanisme de la vision monoculaire qu en visant avec un pistolet, ou en regardant dans un microscope. D'ordinaire cette association des deux yeux ne le gêne guère, soit parce que l'œil aveugle suit très bien les mouvements de 1 œil sain, soit parce que le sujet s'inquiète peu des mouvements incorrects de l'œil aveugle. Peu à peu il perdra Ihabitude de cette vision binoculaire inutile, mais, s'il est âgé, et surtout s'il est névropathe il aura beaucoup de peine à renoncer à cette association.

Si nous appliquons ii notre cas cette supposition, il est vraisemblable que M""' Z., malgré la section de son nerf optique gauche, cherche encore toutes les fois qu'elle est bien réveillée, qu'elle fait attention, qu'elle veut suivre une ligne à exercer la vision binoculaire. Elle essaye encore de faire converger ses deux yeux, de les accommoder l'un à l'autre de la même manière et elle ne se borne pas à faire le travail de la fixation et de raccoiumodation avec l'œ-il droit seul. Cette sorte d entêtement dépend d'une de ces idées fixes ou mieux d'un de ces états psychologiques devenus fixes tels qu'on les observe perpétuellement chez les hystériques. Il dépend aussi de celte incapacité des névropathes de changer les habitudes automalicjues. I/é[>uisenienl de la fonction visuelle déterminé par tous les accidents, [)ar les soulfrances et les émotions qui ont suivi l'hémorragie r«'tinionnp se manilestc ici par le ddaut d adaptation à une situation nouvelle et la rii;d:Hl«' poisislr indéfiniment dans sa recherche de la vision biiiocuhiirf. Oi crtt»' vision binoculaire est devenue impossible:

non seulement l'œil gauche est aveugle, mais encore ses mouvements mêmes ne peuvent pas s'exécuter comme ceux de l'œil droit. C'est cette convergence et cette accommodation incomplète de l'œil gauche qui vient troubler la fixation et l'accommodation de l'œil droit.

Quelques essais thérapeutiques sont venus apporter une vérification intéressante à ces hvpothèses sur la palhogénie. J'ai entrepris l'éducation de la vision de M"'*' Z. en nie proposant de développer chez elle la vision monoculaire, en la dressant à emplover dans toutes les circonstances de la vie le mùme mécanisme visuel dont nous ne nous servons d'ordinaire que pour viser au pistolet ou pour regarder dans une lunette. Je l'ai exercée pendant des périodes de plus en plus longues à regarder et à lire au travers d'un tube étroitement appliqué sur l'a'il droit. 11 est vrai que la lecture dans ces conditions déterminait une grande fatigue. Au bout d'un certain temps l'œil gauche ne restait plus tranquille : « il voudrait voir lui aussi, dit M'".' Z., je le sens (jui travaille, il fait des efforts pour voir que je ne puis pas empêcher, il se remue pour voir au-dessous comme un lapin dans son terrier » et alors l'œil gauche ne tardait pas à agir sur le droit et le nuage brillant revenait par intervalle. C'est-à-dire que cette vision monoculaire non habituelle devenait pénible et que la présence du tube ne sulïisait plus pour empêcher la réapparition des efforts de vision binoculaire. Après quelque temps d'interruption en tenant autant c[ue possible les yeux fermés, la malade |)()uvait recommencer à voir correctement au travers du tube. Bienti^t jai fait faire à M""'Z.,une paire de lunettes bizarres. Sur le cercle de la monture de l'oùl droit était enchâssé un petit tube métallique aussi large (|ue l'orbite et d'une hauteur de 5 centimètres. Au travers de ce tube la malade retrouvait facilement la vision distincte, aussi, peu à j)eu nous avons pu réduire la hauteur du tube tjui est devenue inutile dans la partie externe et qui n'a plus dans la partie interne (ju'une hauteur d'un centimètre et demi. Ainsi réduit, ce tube n entraînerait pas nécessairement la vision monoculaire, mais il dcvioni (•(iinnic un excitant, une condition laNoi ahlc pour r('|)rendre cette \ision (|ui s'exerçait déjà au Iraveis du tube. .Après quelques semaines d'exercices ce tube très court ou plutôt ce |)(>lit écran plact' d;ms l'angle inlernc de l'o'il sullil pour conserver la vision monoculaire et la malade retrouva d'une manière rcmar(juable l'usage de l'œil droit qu'elle avait conservé.

6. — Tentatives d'éducation dans les névroses viscérales et mentales.

Les lions effets de réducation peuvent s'étendre encore à d'autres affections névropathiques et il est incontestable qu'une certaine éducation peut avoir une action très favorable sur des affections qui semblent porter sur les fonctions viscérales. C'est que dans ces fonctions viscérales, dans celles de l'alimentation ou de la respiration en particulier interviennent nombre de mouvements sur lesquels la volonté a une action et qui peuvent être modifiés par une éducation. Je signale seulement l'importance des régimes, des réglementations des aliments et des boissons dans leur qualité et dans leur quantité. Il v a là sans doute une large part à faire à l'éducation du sujet, mais ces traitements ont des effets complexes et nous devons les retrouver plus tard '. Je n'insiste ici que sur les procédés purement éducatifs qui agissent plus directement par une simple modification des mouvements.

Beaucoup de malades présentent, comme on vient de le voir, des spasmes ou des contractures des lèvres, des mâchoires, de la langue, du pharynx, et il est très important de les faire disparaître. Je l'ai montré avec orrands détails dans l'observation de Marceline^; je pourrais répéter les nu* mes remarques à propos de l'observation de plusieurs autres malades.

Il va des individus qui sans présenter de contractures proprement dites perdent la coordination de certains mouvements élémentaires, qui ne savent plus mâcher, ou ne savent plus avaler correctement les aliments. Ces troubles sont très souvent combinés avec dillérents spasmes de I œsophag»^ et tantôt le malade garde les aliments indéliniment ilans la bouche, tantôt il les garde dans une sorte de poche œsophagienne, liien des tics de crachement, de réffursitation, de vomissement dépendent do.

ce fait ([ue les aliments n ont pas été correctement déglutis et introduits dans l'estomac. Des malades comme Marceline, comnu> /a., f. 23, dont le délire de maiiTreui* était fort inl»''ress;mf , ifii-

I. Voir chapilrr iv, In.^ traitements psycho-phvsiologiqiies.

3. l-'nc Féli'la .Trtiliciolic. Heuuf: philosophi'iue, Mjoy. I, p. ^29; /'-'"' mrnl'it ries ^ysUri'jact, a" édition, iijif, p. 56 1.

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dent le lait un quart d'heure après l'avoir pris sans qu'il soit caillé, car elles le gardent dans la partie supérieure de 1 œsophage. Il faut leur apprendre à avaler, leur faire répéter systématiquement chaque temps de la déglutition ]us(|u h ce que les aliments aient réellement pénétré dans l'estomac. Chez quelques malades amaigris, on peut se rendre compte en mettant la main sur l'épigastre qu'il v a une secousse de cette région au moment de la pénétration du bol alimentaire dans le cardia et il faut insister de diverses manières sur la déglutition jusqu'à ce que l'on se rende compte de cette pénétration. Dans des cas de ce genre, comme chez Marceline, on note l'anesthésie du pharynx et la disparition du réflexe nauséeux. J'ai observé le fait en particulier chez des malades qui avaient été longtemps n<uirries a la sonde et qui demeuraient indifférents à toute excitation du pharynx. 11 me semble utile dans ces cas de rééduquer la sensibilité du pharynx et de rétablir môme le réflexe nauséeux. Après ce rétablissement les malades' avalent beaucoup plus correctement.

On a justement insisté sur le danger de l'aérophagie qui n'est qu'un tic de déglutition et qui joue un grand r(\le dans les manies de hoquet, de rots et de vomissement. M. Leven proposait pour l'arrêter le procédé de la cravate serrée au-dessous du larynx de manière à avertir constamment le sujet de ses mouvements de déglutition. J";ii utilisé plusieurs fois ce procédé chez des malades intelligents qui peuvent sans inconvénients se surveiller ainsi d'une manière à peu près constante. Il me semble que l'on arrive également à arrêter ce tic par des séances de rééducation de la déglutition comme cela a été obtenu chez Leni., f. 87.

Beaucoup de mïilades présentent des tics de régurgitation et de vomissements dont j'ai déjà publié plusieurs observations' en insistant sur leur traitement. Très souvent le vomissement se superpose à des troubles de la déglutition et à de l'aérophagie, quelquefois il est entretenu par de réels troubles dyspeptiques et surtout par des phénomènes d'hvperchlorhydrie. 11 faut évi- • demment commencer le traitement par la modification de tous ces troubles sous-jaccnts ; on peut ensuite habituer le sujet à tolérer les aliments dans l'estomac, à résister plus ou moins longtemps à son impulsion. Bien des procédés doivent être employés oii la suggestion, la désinfection morale ont évidemment leur

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