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I. obsessions el psychoslénic. II, p

LES ÉDUCATIONS ET LES RÉÉDUCATIONS o9

part, mais où la rééducation garde certainement la sienne. Dans une dizaine d'observations dont plusieurs ont déjà été publiées, j'ai constaté que l'on peut arriver à supprimer complètement des tics de ce genre même chez des malades qui continuent à rester d'autre part très névropathes.

La constipation est la grande misère de ces malades et leur entérite muco-membraneuse est un trouble des plus tenaces et des plus singuliers qui certes est loin d'être complètement élucidé. Des précautions de régime déterminées surtout par l'analyse des selles et des médications fort variées doivent intervenir . dans le traitement de ces afTections. 11 n'en est pas moins vrai que de mauvaises habitudes interviennent dans leur genèse et que l'on obtient dans bien des cas des améliorations certaines par le massage, la mobilisation du ventre et les exercices gvmnastiques qui font mouvoir le diaphragme, les muscles du tronc et de l'abdomen et même par la rééducation de la défécation elle-même. M. Dubois (de Berne) a eu raison d'insister sur ce point et je pourrais ajouter aux siennes une vingtaine d'observations démonstratives. Je ne rappelle ici qu'un exemple curieux : Ac.,f. 2."), présentait de l'entérite nerveuse sous la forme la plus grave depuis la puberté; elle en était arrivée à avoir des diarrhées glaireuses et fétides jour et nuit à peu près toutes les deux heures, tandis que les urines étaient réduites à 200 ou 3oo grammes par jour. Ces troubles physiologiques s'accompagnaient d'obsessions de toute espèce relatives à la défécation et la malade ne voulait plus faire un pas hors de la maison sans emporter avec elle un vase spécial auquel elle voulait recourir ii tout instant. La rééducation de la défécation, l'imposition d heures précises pour aller h la selle sous la suiveillance d'une ijarde, le channement d'altitude imposé à la famille ont translbrmé en quelques mois non seulement l'état mental de cette jeune fille, mais encore le fonctionnement intestinal et la nutrition puisqu'en deux mois le poids passa de 47 kilos à 54,3oo. Le traitement de Neb., h. 32, a également comporté une éducation de la défécation : ce pauvie gaicon. type du psychasténique scrupuleux, avait peur d'être entendu quand il opt-rait dans les eabinrls. Il prit ii ce propos des altitudes spéciales pendant la défécation, il faisait des ellorts particuliers f-n tenant b's poings serrés, etc., et il en arriva d'abord à troubler com[)lètemrnt l'acte de la défécation et ensuite à emp»)isonuer toute sa vie par l'obsession de la (iéfécati<»n. Dans ce

traitement moriil fort complexe, la réglementation et l'éducation des selles ont eu une part intéressante.

La plupart des névropathes respirent mal : j'ai déjà eu l'occasion de publier de nombreuses observations portant sur divers troubles ncvropathiques de la respiration en rapport avec des paralysies ou des contractures de divers muscles et sur des tics respiratoire de toutes espèce, des polypnées, des toux, des soupirs, des hoquets, des éructations, etc. Dans les cas où nous ne constatatons pas de tels accidents précis, si on prend systématiquement le graphique de la respiration thoracique et abdominale chez des malados névropathes, on constate très souvent des respirations irrégulières, arythmiques, superficielles et une ventilation pulmonaire tout à fait insuffisante. On constate aussi des troubles curieux portant sur le pouvoir de modifier volontairement larespiration, de l'accélérer, de la ralentir, delà changer au commandement. Ces troubles étaient caractéristiques dans l'observation de Marceline', je les rctrcuive dans l'observation de Bon. et chez plusieurs autres.

Ces faits ne paraîtront pas surprenants, si Ion réfléchit à la relation étroite qui a été souvent constatée entre la respiration et le langage, la respiration et l'attention. On sait que le sourd-muet respire mal, que sa capacité respiratoire mesurée au spiromètre est beaucoup plus faible que celle d un enfant normal de son âge, et (|ue sa puissance de souffle est faible. 11 on est ainsi chez ceux qui parfont mal, chez les bègues, par exeni|)le ; il n'est pas surprenant do trouver les mômes trouliles dans le mutisme hystérique et dans tous les troubles névropalhi(iucs de la parole. La respiration change nécessairement dans l'attention et dans le sommeil : l'incapacité de déterminer volontairement des changements de la respiration ne peut-elle pas jouer un r(Me dans l'incapacité de fixer l'attention ou do commencer le sommeil ? .l'ai déjà signalé fa somnolence, l'incapacité do fixer l'attention qui accompagne fes grands tics respiratoires-, les troul)fos de la respiration, on j)articufior fa (fiminution (1(^ fa ventifalion pulmonaire (jui aocoiupagno les états d'aprosexio, de confusion. Ca., f. iq, par oxoinple, quand elle est dans ses états de rêverie somnambuli(juo analogues aux états crépusculaires des épileptiques, n'a

I. l'iat mrninl ilrs Ity.tirrifjues. a" édition, 1910, p 56^. a. Mcuroscs et idées fixes. I, p. 325.

qu'une ventilation pulmonaire de 2 litres, 4 par minute tandis qu'elle a 8 litres dans 1 état normal. Toutes ces remarques montrent l'importance des troubles respiratoire dans les névroses.

Le traitement de ces divers troubles respiratoires est évidemment variable : dans certains cas il faut se préoccuper des idées fixes, de certaines suggestions, des contractures qui siègent plus souvent qu'on ne le croit dans des muscles du cou ou du thorax, mais le traitement essentiel reste la gymnastique respiratoire. Les principes de cette gymnastique ont été souvent indiqués par les spécialistes, j'ajouterai seulement qu'il me semble bon, quand il s'agit de névropathes, d'exercer le malade non seulement à la respiration normale, ample et correcte, mais encore de 1 exercer à modifier cette respiration au commandement, à souffler, à rire, à tousser, etc.

Par ces méthodes on obtient d abord la guérison des accidents proprement respiratoires. La polypnée de quelques malades comme celle de Ba.. h. 32, a été guérie surtout par l'hypnotisme et la suggestion, mais celle de beaucoup d'autres comme celle de De, f. ^8. n'a été guérie que par des exercices respiratoires. Dans II cas intéressants des hoquets persistants avec aboiements ont été supprimés de la même manière et dans l'un d'eux, le hoquet persistait depuis un an. Une femme de ^3 ans présentait un tic de toux continuelle développé surtout à la suite d'excès de masturbation, il disparut à la suite de quelques semaines d'exercices respiratoires. 11 en fut di- inAniP dans bien des cas de ce genre.

Cette éducation de la respiration fera disparaître en second lieu bien des accidents qui dépendent indirectement de troubles respiratoires, comme l'aérophagie, le météorisme. ainsi que je l'ai constaté en particulier dans l'observation de Nk., I. lô. Le traitement de la respiration a également une heureuse influence sur les troubles de la par«»le et sur bien d autres accidents. Knfin, quoique je n'aie pas obtenu enc»»re sur ce point des vérifications bien nettes, il me semble probable que des exercices respiratoires auraient une heureuse influence sur bien des faiblesses de l'attention et sur certains troubles mentaux. Malheureusement dans la plupart des cas de ce genre il est bien difficile d'obtenir des malades des efTorts sullisants et suffisamment prolongés.

Le sommeil bien qu il ne soit [)as d'ordinaire considéré à ce

j)()int de vue ressemble beaucoup aux actions, il est en lui-même une action et comme tel il est très modifiable par l'habitude et l'éducation. On peut évidemment faire prendre à des névropathes de bonnes habitudes de sommeil on les dressant à se coucher, à se lever à la même heurQ. On trouvera beaucoup d'observations do ce genre chez les auteurs qui ont étudié le sommeil'. Il a fallu une éducation assez longue et assez difficile pour accoulumer Fb., h. lO, à dormir sans une lumière dans sa chambre : le succès fut complet dans ce cas. Mais il faut avouer qu'il est souvent foi't ililllcile de modifier certaines insomnies.

Une autre fonction peut aussi bénéficier de l'éducation, c'est la fonction urinaire sur laquelle se portent si souvent les troubles névropathiques. Dans bien des cas, quand le trouble urinaire se présente chez des hystériques justiciables de la suggestion ou chez des psvchasténiques qui ont en môme temps des phobies et des obsessions le tiaitement est plus compliqué. Mais dans bien des cas, des individus qui n'ont pas ou (|ui n'ont plus des troubles mentaux bien sérieux, conservent de mauvaises habitudes urinaircs qui jouent un rôle dans leurs incontinences on leurs rétentions. L'une des plus fréquentes est la pollakiurie qui survient souvent à la suite de préoccupations portant sur les organes urintiires, à la suite de blennorragies par exemple, ou simplement ;i la suite d'une habitude de précautions excessives chez des in- (juiets ou par métamorphose de la timidité urinaire*. Les malades cherchant à uriner trop souvent, à tout instant, sans que la vessie contienne une quantité de liquide sullisante, il en résulte qu ils ont de la peine à entamei' la miction, à la poursuivre corn'clement, et ils commencent ii ce propos une loulc de tics, de manies (|ui aboutissent à des spasmes et à des rétentions. Quel- (|U('s-nns en arrivent à se sonder continuellement et à compliquer naltirellemenl leurs troubles névropathiques par des inlections vésieales. .\près les désinfections nécessiiires, il laut leur apprendre à se j)asser graduellement de la sonde, à écarter sullisamment les mictions et à les faire . correctement. Bien des individus, appelés autrefois des polyuriques hystériques' sont avant tout, comme j'ai essayé de le démontrer il y a trente ans, des

I. Manact'iiic. Le snmmril tiers de notre vie, i8i)6, pp. aoi. aïo. J. Cf. Jules Janct. [.es troubles psyrltopalhii/nes de la miction, 1890.

pojydypsîques et Déjerine ajoutait récemment ' que souvent des ischuriques sont des adypsiques. c'est-à-dire que ces malades ont des excès ou des insutfisances durine parce qu ils lioivent trop ou qu'ils ne boivent pas assez. Dans tous ces cas la rééducation a une influence réellement ellicace.

En laissant de côté les cas où la suggestion a joué le plus grand rôle il me semble que dans un certain nombre de cas la guérison complète d'affections névropathiques urinaires n'a été due qu'à la seule éducation. La guérison de la pollakiurie par la réglementation des heures de la miction est en général assez facile quand le diagnostic est exact et il est inutile d insister sur des observations qui sont nombreuses. Dans trois observations, des femmes qui ne pouvaient uriner sans la sonde sont arrivées assez vite à terminer la miction naturellement après l'avoir entamée par la sonde, puis à uriner naturellement. Dans une dizaine de cas recueillis par mon frère Jules Janet et par moi-même, des hommes qui souffraient de rétention névropathique. de bégaiement urinaire, de timidité urinaire ont pu au bout d'un certain temps se débarrasser plus ou moins complètement des tics et des spasmes et la rééducation urinaire a certainement joué le plus grand rôle dans leur guérison.

Peut-on faire des réflexions analogues à propos des fonctions génitales ? Certaines théories semblent s y opposer: elles considèrent beaucoup d'altérations de la conduite sexuelle comme des modifications constitutionnelles de l'individu et regardent tout traitement comme impossible. Ces doctrines ont fait du mal à de nombreux malades trop heureux de trouver un prétexte pour conserver leur déchéance et se dispenser de toutefl'orl. « Que voulezvous, répètent-ils, j'ai une âme de femme dans uncor[)s d'homme, c'est là la dernière grande découvorte de la science allemande : il est impossible de me mettre une autre âme. » Ce sont là des ailirmatlons puériles et absurdes: les perversions sexuelles sont des maladlf'S mentales comme les autres et elles (»nt des mécanismes psychologiques fort variés. Elles sont très rarement constitutionnelles et. sont le plus souvent acquises: des idées fixes, des tics, des manies, des dépressions générales et des dépressions locales portant spécialement sur certaines tendances y jouent h- plus

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