Les somnamrulismes complets
liCs doctrines des magnétiseurs sur l'état de crise et celles des disciples de Bur(| sur l'a'sthésiogénie m'ont vivement intéressé, parce que tout au début de mes études j'avais eu l'occasion d'observer des faits analogues à ceux qui avaient servi de point de départ à ces théories. Les malades que j'étudiais au Havre, de i883 à 1889 et dont l'analyse a rempli mes premiers articles i88()-8(), et ma thèse sur « l'automatisme psychologique », 1889, étalent pour la plupart des femmes hvstéricjues présentant des accidents fort graves, attaques délirantes prolongées pendant des journées entières, idées fixes de toutes espèces, anorexies, vomissements, contractures, paralysies, l'une de ces malades. Rose, était paraplégique et ne quittait pas son lit d'hôpital depuis dix-huit mois; en outre la plupart présentaient des troubles de la mémoire et de la perception, des amnésies variées et des anesthésies portant sur différents sens. A la fois pour travailler à la guérison de ces malades et pour étudier la palhogénie de ces symptômes, je cherchais par tous les movens possibles à les faire varier, a les modifier, à les faire disparaître par Ihvpnolismc, par la suggestion, par des éducations de toutes espèces :
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je cherchais à faire remuer correctement les membres paralysés, à faire sentir et apprécier par les malades les impressions faites sur leurs sens engourdis.
Ces pratiques déterminèrent chez quelques malades et surtout sur trois d'entre elles l'apparition d'états qui me semblaient fort singuliers parce qu'ils contrastaient complètement avec l'état malajdif habituel de ces personnes. Ces états apparaissaient quelquefois graduellement à la suite des efforts que faisaient les sujets pour se mouvoir et pour sentir et étaient précédés par des contorsions et des démangeaisons ou dysesthésies variées ; le plus souvent ils apparaissaient au cours d'une séance d'hypnotisme et étaient précédés par une période de sommeil profond. Ils étaient surtout caractérisés par la disparition complète de tous les phénomènes pathologiques. Les troubles du mouvement, les paralysies et les contractures étaient disparues, la femme paraplégi([ue depuis dix-huit mois pouvait marcher et courir comme l'Estelle de Despine d'Aix, les vomissements cessaient et les malades pouvaient s'alimenter, en même temps la sensibilité se montrait normale sur tout le corps. La mémoire était étendue à toute la vie et portait même sur les périodes qui précédemment paraissaient complètement oubliées, enfin on ne pouvait plus constater de troubles de la volonté et la suggestibilité ne pouvait plus être mise en évidence. «Le dernier somnambulisme est un état dans lequel le sujet 'si amoindri et si malade qu'il soit h l'état de veille devient absolument identi(|ue ii 1 individu le mieux portant et lé plus normal... C'est un état dans lequel le sujet a retrouvé l'intégrité absolue de toutes les sensibilités qui sont naturelles a l'homme bien portant et l'intégrité absolue de la mémoire, en un mot, l'état dans lequel il n'v a plus aucune anesthcsio. ni aucune amnésie. C'est un état important de toutes manièics, surtout an point de vue thérapfiiticjue '. . . On \(>it ces femmes, si hallncinables, si passives, loisqu elles sont évcilb-t^s, reprendre il mosiire qu elles entrent dans le soi-(lis:int sommeil non ^'•ulenient tons leurs sens et tous b-iirs souvenirs, mais encort • toute leur spontanéité et t(»ute leur indépendance : il dexient impossible de leur faire aucune suggestion-. »
Dans mes premières études sur ces questions j'insist;iis bean- < oiip pour tnonlci r rpie cet ét;il ne piésenlail en lui même rien