‹ Les médications psychologiques (volume 2)Chapitre 21 sur 118 · I. Automalisme psyrhologuiue . iJ^My, p. ii · texte numérisé non relu

I. Automalisme psyrhologuiue . iJ^My, p. ii

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t6 LES ACQUISITIONS PSYCHOLOGIQUES

d'extraordinaire, qu'il était simplement l'état normal dans lequel ces femmes auraient dû être continuellement, mais dans lequel en raison de leur dépression maladive elles ne pouvaient pas router. En eflet je constatais à mon grand regret, car j'avais tonde sur la prolongation de cet état des espérances de guérison. que les malades ne parvenaient pas à demeurer longtemps dans cet état de restauration complète '. Si on les abandonnait dans cet état ils retombaient plus ou moins vite et on vovait réapparaître les anesthésies et les autres troubles. En outre un nouveau phéno-^ mène qui à ce moment m'a paru fort important venait se joindre aux précédents : c'est que les malades retombés dans leur état de maladie haiiituel présentaient le plus souvent un oubli complet de cette période de santé déterminée artificiellement. Ces oublis amenaient des scissions dans la suite de la mémoire, ils donnaient naissance à diverses modifications de la personnalité. En un mot ces oublis survenant après les rechutes donnaient aux périodes de santé normale 1 apparence de somnambulismes : c est pourquoi j ai employé pour désigner ces périodes de restauration momentanée le mot de soninambulismes complets déjà utilisé par .Vzam pour désigner des phénomènes analogues.

Ces somnambulismes compjets me paraissent ressembler traits pour traits aux crises magnétiques de Despine (d'.Vix). Je dois dire que je ne connaissais pas cet ouvrage de Despine (d'.Vix) au moment où je faisais ces observations et que je ne l'ai lu que bien plus tard. Cependant une de mes observations, celle de Rose, reproduit tout à fait l'observation 'd'Estelle. S il n'y a pas eu une influence directe, il n'est pas impossible que lOuvrage de Despine (d'.Vix) n'ait eu une influence indiiecte sur mes recherches d'une manière assez compliquée. Ce livre était certainement connu j>ar le D"^ Perrier (de Caen) qui le cite dans ses articles. Or, comme je l'ai déjà raconté. Perrier a eu entre les mains pendant des années Léonie, un des sujets que l'ai le plus étudiés et qui m'a présenté 1 undes premiers les phénomènesdu s«)mnambulisme complet. Il est bien probable que Perrier avait auparavant déterminé sur elle de tels états et l'y avait habituée. Il se peut que la constatation chez Léonie de ces somnambulismes complets m'ait conduit à les rechercher sur d'autres. Les idées

I. Aulomaiisme psychologique, p. i3ô. SJg; Accidents mentaux des hystériques. 1893, p. 2î5; a' édition. 191 1, p. 38a ; \évroses et idées fixes. 1898, I. 339.

LES AESTHESIOGEMES 87

passent ainsi perpétuellement de 1 un à l'autre par des voies indirectes et souvent invisibles.

Je suis également disposé à croire que ces faits ont beaucoup d'analogies avec ceux qui ont été décrits par l'école de Burq. On trouve chez ces auteurs des observations d'hvstériques momentanément ramenées à l'état normal par l'application de pièces d'or qui ressemblent tout à fait à celles de Lucie ou de Rose. La restauration de la sensibilité semble dans les deux groupes d'observations le phénomène qui joue le plus grand rôle, celui que l'expérimentateur cherche à obtenir et qui déclanche tous lés autres. Il n'y a de différences que dans les procédés employés pour déterminer ^e retour de la sensibilité et il ne semble pas qu'elles soient considérables. C'est pourquoi dans cette revue historique, j'ai rattaché mes recherches sur le somnambulisme complet aux études de Burq comme à celles des magnétiseurs.

Mes premières observations furent confirmées par les recherches que j'ai continuées dans les hôpitaux de Paris depuis 1889. Je rappelle seulement à ce propos jnes études sur « un cas d allochirie», 1890. sur «un cas d'aboulie et d idées fixes», 1891, sur «l'amnésie continue», 1892-93, « 1 histoire d'une idée fixe » , 189/1, études (jui ont été reproduites dans mon livre sur « les névroses et les idées fixes». Dans toutes ces observations les malades qui présentaient depuis longtemps des paralysies, des anesthésies, des amnésies, des aboulies de toute espèce perdaient momentanément tous leurs symptômes pathologi(|ues à la suite de traitements psychologiques variés. Marcelle, par exemple, ordinairement aboulique et anesthésique au plus haut point « était dans ces moments transfigurée, elle avait la figure ouverte et int<'lligente, les yeux mobiles et capables de fixer* les personnes, les mouvements rapides... Elle constatait elle-même fort bien le changement et appelait cet état un instant clair. C'était une sorte de rémissiorr dans la maladie, un inonient pendant li-qurl Ir ceiveau en (|ucl(|ue sorte reposé repienail ses fonctions ordinaires. . . (^et état correspond ii celui (|ue j'ai décrit sous le nom de somnambulisme c()ni|)|('t . . . Il n'est comme je l'ai r<''pété souvent (jikune réa|)parition momentanée de l'étal de veille n(»rmale du sujet, état(|ui prend l'apparence d'un somnambulisme à cau-^i'dcs rechutes, des retours ii l'état d'anesthésie '. »

I. I n ra-i (l'aboiilii- il iliil/c» fixes, 1891, .\évrosei et idées Jlxes, I, [>. 5o.

Dans toutes ces études comme dans les précédentes, j'ai insisté sur les périodes de transition qui se placent entre les états maladifs et les états de restauration complète. Mes premiers sujets étudiés au Havre présentaient presque tous à ce moment une période de sommeil profond les veux fermés sans aucune réaction apparente et ouvraient les. yeux plus ou moins brusquement en paraissant se réveiller dans l'état alerte. Certains malades, comme Marcelle, correspondaient encore à ce tvpe. D autres, comme Mme D., Justine, etc.. présentaient au contraire une apparence qui était plus rare dans mes premières observations, ils ne paraissaient pas s'endormir, mais présentaient des contorsions diverses de différentes parties du corps et ces contorsions pouvaient même aller jusqu'à une véritable attaque convulsive comme cela arrivait chez Marcelle'.' Ils continuaient à parler et gémissaient à propos- des sensations d'énervcment, de chatouillement, de brûlure qu'ils éprouvaient. Plusieurs, comme Mme D. ou Justine se plaignaient de violentes douleurs dans la tète, de coupures, de déchirures, d'arrachements, de sensations bizarres analogues à des fils (|ui se cassent, à des boules qui éclatent dans la tète-.

J'insistais également sur les sentiments qu'éprouvait le sujet au moment du- début de l'état alerte, sur sa joie, sa gaieté, sur le plaisir qu il éprouvait à voir que la lumière était plus vive, les objets plus colorés et mieux éclairés, sur la satisfaction qu'il éprouvait «h se retrouver lui-même, à se reconnaître'» . Malheureusement ces périodes heureuses étaient trop passagères, comme je l'avais déjà signalé : une émotion, une fatigue, un effort intellectuel un peu prolongé faisait retomber le sujet dans son état antérieur dans lequel il présentait très souvent une amnésie de la période heureuse précédente '. Une transition également intéressante est celle qui se présente à la fin de l'état alerte, quand le sujet retombe dans l'état de dépression. Quelquefois cette transition s'opère insensiblement, mais le plus souvent elle s'opère plus ou moins brusquement et le sujet présente à ce moment des troubles particuliers, très fréquemment une crise convulsive à la suite de laquelle on voit réapj)araitre les anesthésies et les autres, troubles.

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