‹ Les médications psychologiques (volume 2)Chapitre 22 sur 118 · Op. rit., p · texte numérisé non relu

Op. rit., p

'1 Op, cit., p. hi, 5i. nf). o| pas».

LES AESTHËSIOGÉNIES - 89

Le rôle de laesthésiogénie dans la production de ces somnamhulismes complets devient peut-être encore plus net dans les observations suivantes qui furent faites à cette époque par mon frère, ^I. Jules J'anet. Après avoir examiné les transformations phvsiques et morales que je lui montrais au Havre sur quelques sujets, il chercha à les reproduire sur des malades du même genre. 11 constata des faits analogues sur plusieurs hystériques, mais il fit surtout une observation remarquable sur une jeune femme de 25 ans qu'il décrivit sous le nom de Marceline'. Il s'agit d'une jeune femme qui avait présenté depuis des années tous les accidents hvstériques possibles et qui était surtout une anorexique 'refusant les aliments. Quand elle avait absorbé avec répugnance quelque nourriture ou quand elle avait été un peu alimentée à la sonde, elle vomissait presque immédiatement tout ce qu'elle avait pris et était' parvenue au dernier degré de 1 émaciation et de la faiblesse. Cette malade présentait en outre diverses contractures, (le la rétention d'urine, des anesthésies de toutes espèces et des troubles visuels. Quelques séances furent consacrées à l'hvpnotiser et à profiter de l'état hvpnotique pour restaurer grâce à (les exercices d'attention la sensibilité tactile et la sensibilité gustative. Marceline entra bientôt dans un état où elle recouvrait une sensibilité normale sur tout le corps, remuait ses membres librement, était capable d'uriner volontairement sans se sonder et mangeait volontiers sans avoir aucun vomissement. « On se croirait, dit Jules Janet, à propos d'une malade de ce genre en présence de l'état dé veille d'une personne saine. L'observateur le plus exercé ne saurait la distinguer dune personne normale ; nous n'avons plus devant nous une névropathe, une incomplète, mais bien une jeune femme jouissant de toute la plénitude dr ses fonctions nerveuses, nous donnant la mesure de ce f[ue valent ses centres nerveux (jui, somme toute, sont sains et normaux-. » Il fut facile de se servir de cet état pour alimenter Marceline et lui faire reprendre rapidement ses forces. Cet état avait été provoqué primitivement au cours d'une hvpnose, ^L Jules Janet l'appelait encore un sommeil et après un certain temps réveillait la malade. Dès qu'elle était réveillée, elle retombait inerte, présentait de

I. Jule> Janet, I n cas <l'liv»il<^rio (.'rave, comniniiicatiuns ù la Socirlc; iliiii(|ii(' <\c l'aris pl à la S<xi('té de Psychologie ptiy^iologiijue. liullelin médirai. i8K8-<*<9; l.a l'rançe médicale, 6 a\ril •«'^Sç); Revue icientifiquc, i888, F, j». *)|6.

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