Les INTERPRKTATIOJiS DE L .KSTHÉSIOGÉNIE
Cet historique cjue nous venoui? de parcourir nous a donne un enseignement assez net : il nous a montié qu un grand nombre d'auteurs dllférents à un siècle de distance les uns des autres, se servant de procédés fort dlllérents sont cejxMidant arrivés à constater un ensemble de faits toujours les mêmes, ce (jui nous amène à supposer (jue ces faits ont quelque réalité et (ju Ils sont reliés entre eux par des rapports réels et non tout à fait lorlults. essayons donc de résumer ces faits eu ne prenant que ce qu 11 y a de commun dans toutes ces descriptions. Des névropathes |>résentant des accidents de toutes espèces peuvent être transformés d'une manière assez rapide de manière à perdre tous leurs troubles à la fois et à reprendre plus ou moins complètement leur santé normale. (]es transfoiinatlons sont obtenues par des procédés en appa-
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rence variés, des passes, des applications sur la peau de diverses substances, des courants électriques, des exercices gvmnastiques, des ordres et des discours relatifs à la sensibilité et à la mémoipe. Ces transformations s'accompagnent de sentiments de confiance et de joie très caractéristiques ; elles sont cependant momentanées et se terminent par une rechute plus ou moins rapide et plus ou moins complète qui fait retomber le sujet dans son état maladif antérieur. Très souvent cette rechute est accompagnée par une amnésie portant sur la période heureuse précédente. Cependant ces transformations peuvent être obtenues de nouveau d une manière en général plus facile et contribuent au rétablissement complet du malade. Comment taut-il nous représenter cet ensemble de phénomènes ou plutôt par quel lien faut-il essayer de réunir tous ces faits les uns avec les autres. C est là le problème de l'interprétation des aesthésiogénies que nous avons à discuter maintenant.
Les premiers auteurs ont cru pouvoir relier tous ces faits par la supposition d'une action phvsique extérieure qui agissait sur l'organisme et dont 1 ofi'et qui s'épuisait devait être renouvelé. L'agent extérieur fut d abord le fluide du magnétiseur, puis le magnétisme de l'aimant, puis de légers courants électriques produits par le contact du métal avec la peau, courants supposés par Bur(j et adoptés par ^L Régnard et M. Pitres. (]es o[)inions sont aujourd'hui complètement abandonnées, d abord parce que aucune lie ces actions n'a pu être démontrée d une manière positive, ensuite parce que les adversaires qui rattachaient tous ces faits à des modifications psvchologiques ont prouvé jusqu'à l'évidence que l'on pouvait facilement reproduire tous les phénomènes sans faire intervenir aucun de ces afrents matériels. C'est là une dis-
cussion que fait très bien M. Bernheim tout en apportant beaucoup de modération dans ses couclusions'. Pour répondre à ces objections il faudrait rej>roduir<' les faits en supprimant à leur tour tous les phénomènes psychologiques possibles. M. \ igouroux semble un moment comprendre le problème. Il conçoit même l'expérience si intéressante du transfert au moyen d'un électroaimant dont le courant est interrompu par un aide à l'insn du sujet, expérience qui, si elle réussissait régulièrement, apporterait une réponse définitive ii l'objection. Cette expérience, qu'il
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est difficile de bien faire, donne toujours, quand elle est faite avec précaution, des résultats négatifs : je l'ai vérifié plusieurs fois. Comment se fait-il que dans les mains de M, Vigouroux, elle ait donné des résultats positifs ? « L'action .Tsthésiogénique. dit-il, commence régulièrement, au moment où le courant est formé dans une chambre voisine ' ». Si Ion sonse aux recherches de la commission instituée par la Societv for psvchical research, «The Reichenbach comittee», aux recherches que j'avais faites moi-même et qui ont toujours donné des résultats différents, on ne peut sempècher de supposer que M. Vigouroux n'a pas pris dans ses expériences les précautions morales nécessaires pour que ni le sujet, ni l'opérateur ne fussent avertis du moment où le courant était fermé ou ouvert. C'est ce que reconnaît M. Madame (de Genève) qui en 1881 raconte avoir fait des expériences analogues^ : « Mais, ajoute-t-il. nous devons le dire, on ne se préoccupait pas encore do l'influence de la suggestion comme on la lait depuis et il peut peut-être ros'ter des doutes sur ces expériences. » Evidemment ces auteurs n'avaient pas encore attaché une importance suffisante aux problèmes psvchologiques soulevés par leurs expériences.
Une autre théorie se présonlo avec des prétentions physiologi- (jues. c'est la théorie de M. Sollier sur le sommeil et le réveil dos centres corticaux. Celte théorie n'a même pas la valeur de la théorie précédente, co n'est pas une explication qui puisse être \ raie ou fausse, c'est un simj)le jeu de mots. Sans doute tons les autours qui ont parle de |)Svchiatiio ont toujours admis que certains phénomènes se passaient dans l'organisme au moniont ou dos |)hénomènes psvchologiques apparaissaient dans la conduite des malades. « Dans l'hvstérie, disais-je autrefois, ce n'est pas l'organe extérieur qui est atteint, il est parfaitement intact; ce sont les centres mêmes qui ne fonctionnent plus ou du moins qui f(»nctionnent d'une manière anormale ' » Mais comme ces auteurs n avaient aucune notion ni anatomique. ni histologique, ni physiologique sur ce qui so passait dans ces centres, ils ne pouvaient faire appel à une chose inconnue pour en expliquer une autre. M. Sullicr n hésite pas, il imagine de transformer le lait psvchologiquo on lo ti'aduisant par un terme anatomique ou tout sim-