Automatisme psyrhnlogifjue. 1889, p
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plement en l'associant avec un terme anatomique. Ainsi le sommeil et le réveil sont des termes de la langue psychologique qui nont de sens qu appliqués à la conduite dètres vivants pris dans leur ensemble : un organe considéré isolément peut être dit immobile, vidé, épuisé, inhibé, ce nest que par métaphore que l'on peut parler d'un estomac qui dort ou d'un intestin qui se réveille. Cependant M. SoUier parle couramment des centres de l'écorce qui s'endorment et qui se réveillent et il se figure cxj)liquer ainsi quelque chose'. 11 est malheureusement incontestable qu'il ne peut v avoir aujourd'hui que des théories psvchologiques de ces phénomènes complexes. On ne peut les expliquer ou, si on préfère, on ne peut les éclaircir un peu et les simplifier qu'en les rattachant à d'autres phénomènes psvchologiques déjà mieux connus.
Autrefois on se contentait de cette réponse vague mais exacte : « il s'agit de phénomènes psvchologiques » et on désignait ces phénomènes par des noms qnelc()ru[ues. chaque auteur étant fier d'avoir le sien, imagination, attention expectante, suggestion, etc. Peut-être pouvons-nous exiger aujourd'hui un peu plus, puisque nous avons essavé de préciser un peu le sens de queh{ues mots. I.a première question qui se pose est naturellement celle-ci : r.iesthésiogénie n'est-elle cpiun phénomène de suggestion, si on .donne au mot suggestion le sens que nous avons admis. Dans 1 esprit des sujets, disions-nous, certaines tendances sont éveillées jusqu'au stadf de l'idée, soit directement par la parole de celui qui h's suggestionne, soit indirectement par son altitmle ; elles ne s'anêtent pas à ce stade de I idée pour être opposées aux autres idées, pour subir le contrôle et la critique de la réilexion qui existe dans tous les esprits normaux, elles se développent immédiatement en actes et en alllrmations c'est-à-dire cju'elles se transforment en volontés et en crovances. La suggestion est une tendance qui aussitôt éveillée au stade de l'idée passe automatiquement :i la volonté ou à la croyance '.sans êtie soumise h la réflexion et se translorme en impulsion. Pouvons-nous c<mstater des jibénomènes de ce genre dans les descriptions précédentes '
Il sullit d énoncer cette définition pour voir ijne beaiicoiii» de ces phétutmènes en dépendent, l ne première remarcpie doit nouslaire
I . Cf- J» propos (If (l'ito ili<cii«<iiin, Les nèvmses. igfx.i, p. 3a'i.
réfléchir: ces effets cTsthésiogéniques existent chez des hystériques et chez des hystériques suggestibles, on ne les décrit guère chez d'autres malades. Bien mieux ils ne sont obtenus que par un petit nombre de personnes, en général uniquement par le médecin qui (( a de l'influence » sur le sujet, c'est-à-dire par la personne qui peut d'ordinaire suggestionner ces sujets. 11 ne faut pas croire que n'importe qui pourra faire une séance d'o^sthésiogénie sur une malade même habituée à de telles pratiques : j ai raconté ailleurs combien il me futdiiricile de me substituer à M. Jules Janet dans le traitement de Marceline. 11 fallut plus d une année pour que le sujet s'habituât à moi et se comportât avec moi à peu près de la même manière qu'avec mon frère.
En second lieu, il nous faut constater que certaines de ces conduites sont en rapport avec certaines époques, certains milieux, certains enseignements. Les sujets de Burq ou de Dumontpallier se transformaient quand ils touchaient de l'or : maintes fois j'ai laissé une montre d'or sur lé bras malade d'une hystérique en prétendant avoir besoin de survoillei" l heure et le bras est resté insensil)le ou paralysé, il en a été de même quand j'ai essayé d'autres métaux et ces mêmes sujets devenaient sensibles quand j'excitais par la parole leur sensibilité ou leur mémoire. L'aimant produisait des effets merveilleux dans le service de Charcot au début de son enseignement et déjà à la fin de l'enseignement de Charcot, dix ans après, dans le même service, il ne produisait plus aucun effet entre mes mains. J'ai fait remarquer que mes propres sujets au Havre présentaient une période assez longue do sommeil profond avant de reprendre leur sensibilité et se réveillaient complètement sensibles sans gradations et sans contorsions. 11 est probable, disais-je, (|u"il y a la une iiinucnce de Ijéonie, éduquée elle-même par les magnétiseurs. Au contraire tous les sujets de M. Sollier passaient h l'état sensible par de longues gradations, accompagnées de contorsions et de dysesthésies. H est probable (|u'il v a là une influence de Marceline la malade de M. Jules Janet. C'est là ce que je voulais faire comprendre dans ma lettre à M. Ribot en réponse aux protestations de M. Sollier. «Ces choses se passaient à une épocjue vraiment curieuse de l'histoire de la médecine où les divers observateurs se suggestionnaient les uns les autres à propos de l'hystérie et où souvent les malades d'un établissement étaient dressés plus ou moins consciemment à l'imitation d'un sujet remarquable. Dans
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ces conditions et pour se rendre compte de la valeur des observations d un auteur il n'est pas mauvais de savoir sil a eu Toccasion de voir auparavant telle ou telle catégorie de faits... Quand M. Sollier a publié en 1897 son livre sur Ihystérie... il est bien probable qu'il avait complètement oublié qu un camarade lui avait montré en grand ilétail sept ou huit ans auparavant des faits absolument identiques cet oubli est bien certain puisque M. Sollier ne fait pas la moindre allusion à ce fait. D ailleurs, si on lui avait rappelé ce souvenir ii ce moment, il 1 aurait déclaré insignifiant et n'aurait pu croire que ces études antérieures et ces explications aient pu avoir la moindre influence sur ses propres observations ni surtout sur les svmptômes présentés par ses malades. Mais ceux qui recherchent aujourd'hui la filiation des idées, qui rattachent les unes aux autres les diverses études sur l'hystérie et les diverses formes que cette maladie a présentées dans tel ou tel service, ne seront peut-être pas tout à fait de cet avis'.»
Il en est de même quand nous observons chez tous les sujets d'un même auteur des manifestations en rapport avec les idées de cet auteur qui n'existent pas chez d'autres sujets. M. Sollier préoccupé de traduire toutes les idées des auteurs précéilents dans un langage anatomique est convaincu du grand rôle que jouent les centres corticaux du cerveau dans ces transformations et voici que tous ses sujets présentent des anesthésies, des douleurs, des sensations spéciales localisées au-dessus de ces centres et qu ils guérissent quand on excite ces régions crâniennes. Sauf peut-être quehjues personnes directement rattachéesàlenseignement de M. Sollier aucun observateur étranger n'a jamais constaté rien de semblable. Je vovais encore ces jours-ci un pauvre soldat qui à la suite des émotions terribles du combat a présente de l'amnésie rétrograrleet une hémiplégie droite complète avec grande hémianesthésie droite. Je lui ai demandé s'il souffrait de l:i tête: « oui, m'a-t-il répondu, dans toute la tête, mais surtout ilii c(\té droit, mon cAté malade ». Au cours des essais d'aesthésiogéni»- (|ui ont donné (|uelques résultats incomplets en diminuant seulement son liemiaiiestliésie. il se plaint « de souffrir encore plus de la tête, parce (|u on le force ii faire ;itteiiiioii. celii le fatigue surtout du côte droit de la tête ». Je pourrais citer cent exemples