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108 LES ACQUISITIONS PSYCHOLOGKJLE?
de ce genre dans lesquels les localisations de la douleur cérébrale sont vagues ou ne présentent aucun rapport avec les centres corticaux. Pour être exact, je dois dire que j'ai observé quelquefois une douleur vaguement occipitale dans les troubles névropathiques de la vision. Mais d'abord cette localisation est loin d être constanto et quand olle existe je suis disposé à la rattacher à des sensations pénibles en rapport avec les muscles occipitaux. Les muscles de la nuque jouent un grand rôle dans la vision et contribuent à la direction du regard, ils sont épuisés et endoloris dans Tasthénopie comme les muscles des veux eux-mêmes. J'ai déjà insisté autrefois sur le danger de localiser ces sensations de la tête par d^s suggestions involontaires'. Braid autrefois dans ses expériences de phréno-hvpnotisme excitait la bosse de l'acquisivité et le sujet dérobait à un des spectateurs une tabatière d'argent; puis on transférait l'excitation à la bosse de la conscienciosité et « rien n'était plus frappant (jue l'air de contrition avec lequel le patient rendait l'objet'». Le temps a marché et maintenant l'excitation des mêmes régions fait parler les sujets ou les fait digérer. Le pauvre hvpnotisme semble prédestiné à certaines erreurs toujours les mêmes.
11 en est probablement de même pour les amnésies rétrogrades et les régressions de la personnalité présentées régulièrement par les mêmes sujets au cours de Inesthésiogénie. Les autres auteurs qui ne crovaient pas à ce phénomène ne l'ont pas retrouvé. Une fois j'ai cru observer quelque chose de semblable : Irène qui venait de se retrouver dans l'état alerte, répétait , « Je me sens forte, je me sens plus jeune, c'est comme dans mon enfance», et elle se mit à parler dune foule de souvenirs d'enfance dont elle no pailait jamais d'ordinaire, elle retrouva même un patois qu'elle avait oublié depuis longtemps. Il y a Vu probablement une simple association d idées et il était (acile de constater (|iu' la m(Mnoire des événements récents n'était j)as altérée. En général les sujets qui deviennent plus sensibles ont une mémoire plus étendue et non une amnésie rétrograde.
On peut encore vérifier ce rôle de la suggestion involontaire en constatant que les phénomènes changent chez le même sujet qnand il passe entre les mains d'un autre médecin. J'ai raconté c<»mment en prenant la direction de Marceline j'ai essayé de ré-
I. \mn«?sip continue, i8c(2, Névroses et idées fixes. i8()8, I. p. 1.^7.
LES AESTHÊSIOGÉNIES 109
duire le rôle de la suggestion : j'ai supprimé complètement tout ce qui donnait à la séance d aesthésiogénie 1 apparence d'une séance d'hvpnotisme et j'ai cessé d'employer les mots « endormir et réveiller» pour désigner les états que traversait le sujet. Après un temps assez long, après plusieurs années le sujet présenta des modifications. Les amnésies rétrogrades qu il présentait quand il retombait dans son état maladif, à la suite de fatigues ou d'émotions, furent moins régulières et s'étendirent simplement sur une période plus ou moins longue en arrière sans se localiser nettement comme cela avait lieu autrefois sur les périodes d'état alerte.
En un mot il ne sudit pas do déclarer fièrement : « Je me suis écarté avec soin de la suggestion, qui, déplorable au point de vue thérapeutique, est le plus détestable des procédés en psychologie expérimentale. » Binet critiquait déjà ce langage de M. Sollier' en faisant le compte rendu de ce livre. 11 est évident qu'on ne supprime pas la suggestion comme on veut, quand on fréquente des individus suggeslibles. Je suis disposé à rendre de plus en plus justice à l'œuvre de M. Bernheim et à reconnaître une [)art considérable de suggestion dans les phénomènes de l'aesthésiogénie.
L'interprétation devient beaucoup plus dilRcile quand il s'agit de dépasser ce point. Faut-il aller jusqu'à dire que dans les phénomènes aesthésiogéniques tout est suggestion ? Cette affirmafion
n'aurait rien d'ininlellisible : nous avons tléià vu des sufioej^tioi,^ o j no
rétablir la sensibilité et le mouvement, il peut en être de môme dans le cas présent. Il suflTirait alors de rattacher toutes les méthodes précédentes au groupe des thérapcntitjues par la mise en jeu de rautoinatisme psychologique et d'admettre (]u elles ont simplement les avantages et les inconvénients des thérapeuli(jues par la suggestion. J'hésite à accepter cette solution simple : comme je le disais déjà en 1889, j'ai l'impression peut-Atre illusoire (ju'il v a dans les somnambulismes complets (luehjue chose de plus (juc dans la suggestion, (/est cette impression qu'il faut essavcr d'analvspp avant de so faire une opinion sur ce problème.
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