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LES AESTHÉSIOGÉNIES 113

auparavant. » Les mêmes études seraiont à faire encore plus longuement à propos de robservatiom de Marceline. 11 faudrait rappeler toutes mes remarques sur son activité pratique et sociale pendant la période de somnambulisme complet déterminé chez elle par des pratiques .esthésiogéniques : je ne puis que renvover à la longue-observatiou de cette malade'.

11 me semble que ce sont là des phénomènes très importants : il ne s agit plus du développement d un automatisme si complexe qu on le suppose. Il s agit d actes nouveaux, non prévus, d adaptations et de synthèses nouvelles dont le sujet devient de plus en plus capable à mesure que d'autre part il devient moins suggestible. Peut-on dire encore que tout cela se fait par suggestion ? Ce n'est possible, à mon avis, que si l'on donne au mot « suggestion » un sens très large englobant tous les phénomènes psychologiques possibles. Cela est inadmissible si on entend le mot ainsi que je 1 ai proposé dans le sens précis de développement d un automatisme préexistant.

A un autre point de vue l'interprétation des faits par la sugçrestion rencontre également d autres dilHcultés, si on examine la façon dont ces transformations s'opèrent chez le sujet. La suggestion telle que nous lavons entendue, précisément parce (|u'elle est un automatisme, se réalise dune façon mécanique, régulière, sans intervention du reste de la personnalité, avec une disposition marquée à l'amnésie et à la subconscience. Ici, au contraire, nous voyons l'efTort du sujet, le travail qu'il fait pour exécuter sa tâche. San$ doute le mot « eilort » est encore un terme très vague sur lequel il y a beaucoup tle malentendus. Certains oirijrts sont des manières particulières d'exécuter les mouvements qui peuvent parfaitement être svstématisées, donner naissance à des tendances et se produire ix la suite de suggestions. Mais ici ce ne sont pas des elTorls de mouvements, ce sont des ellorts d'adaptation, des recherches d'actions utiles et surtout des recherches personnelles. Jamais je n ai vu les phénomènes d'îesthésiogénie prendre la l"«>rme subconsciente si fré<jtienlr quand il s'agit de suggestions.

Lnfin les circonstances dans lesquelles on obtient ces phénomènes me semblent encore présenter (juelque chose de particulier qui les distingue de la suggestion. Celle-ci se présente ilans des

I Lue Féliiia arlificielle, Élal mental tUi hsttèriijuei,. x' édition, lyii. p. J/J. J\MET. — Acquis, psych. III — S

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états d'aflaiblisseniont et souvent d'abrutissement du sujet. On obtient les catalepsies, les mouvements automatiques même dans les crises, les sommeils profonds. Un caractère curieux de rresthcsiogénic, c'est qu'elle ne peut pas avoir son effet quand le sujet est trop aflaibli. Les magnétiseurs et les métallothérapeutes l'avaient déjà remarqué : « (^uand elle est trop fatiguée ou sous le coup d'une attaque récente ou imminente, ces eff'ets font absolument défaut*. » J'avais insisté autrefois sur ce fait à propos de mes premières observations. Je viens encoie de me convaincre de la réalité de ce j)hénoniène en suivantl'observation d'Irène : comme je viens de le remarquer on ne peut pas obtenir chez elle le somnambulisme complet pendant ses règles, ni quand elle a veillé la nuit précédente pour travailler ou quand elle revient d'un voyage pénible. Récemment elle a présenté des troubles graves à l'occasion des émotions et des fatigues déterminées par la guerre. Elle a eu des hémorragies utérines interminables, des vomissements incoercibles pon'dant des semaines. Elle a eu de nouveau des délires et elle est do nouveau devenue incapable de tout travail et môme île toute action. Elle est venue elle-même demander que je 1 endorme et (|ue je lui fasse le traitement (|ui lui réussissait toujours. Elle était donc dans les meilleures conditions de confiance qui facilitent la suggestion et de fait elle s'est montrée immédiatement hypnotisable et suggestible. Mais il a été impossible de provoquer le somnambulisme complet. Les tentatives amenaient simplement des gémissements, des migraines et des contorsions variées. Il n'y avait après la séance ni la (atiaue, ni les vomissements d autrefois, ni les sentiments de bien-être, ni surtout la transformation caractéristique de l'activité- C'est quand elle a été un peu rétablie après quelques semaines de repos et (jnelques suggestions propreihent dites (|ui ont préparé le terrain qu'elle a pu présenter un état de somnambulisme complet typique c[ui au début n a pas pu durer longtemps et qui a rapidement disparu après une migraine, puis qui s'est prolongé plusieurs jours comme autrefois. Il s'agit donc là d'un phénomène qui «demande une dépense de forces et qui n'est pas possible chez des sujets trop épuisés, c'est là un caractère important sur lequel j'aurai à revenir. 11 n'en est pas moins vrai que cela dislingue l'iesthésiogénie de la suggestion

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