George» Hoscnthal, La lievue des hôpilaus
alimentaire qui ne tînt pas compte des peurs, des préju^s, des mauvaises habitudes du malade. Dans la collection de Psvchotherar)v de Parker, M. R. C. Cabot place ingénieusement cette thérapeutique painii les traitements par le travail : « Un individu qui soufTre ou qui croit souffrir de l'estomac réduit son alimentation et je le trouve mourant de faim ; je lui ai dit de manger malgré tout et sa santé s'est complètement rétablie. C'est le « work cure » de l'estomac : c'est le travail qui fait l'estomac, les intestins, les organes sexuels aussi bien que le cerveau'. » Les mêmes idées sont également, exprimées d'une manière intéressante dans l'article de M. A. Blix, « L'influence de l'esprit sur la digestion» ". M^L Déjcrine et Gauckler ont reproduit sur ce point exactement l'enseignement de ^L Dubois (de Berne) : ils montrent comment l'appétit est troublé par une foule de causes morales, comment les mauvaises habitudes interviennent dans la boulimie et dans l'anorexie et quelle est la grande place de l'alimentation dans la vie prati(jue : ils soutiennent que bien des troubles graves dans les névroses peuvent être supprimés par une judicieuse éducation de 1 alimentation. M. Sollier et^L de Fleury ont protesté contre certaines exagérations de cette doctrine en montrant que l'on méconnaissait ainsi nombre de gastropathies réelles et que l'on favorisait les intoxications d'origine digestive. Ils ont raison, mais les, auteurs précédents n'avaient pas tort : il s'agit comme toujours de diagnostics précis et de mesure. La plupart des auteurs' qui étudient les maladies de la digestion reconnaissent dans leur étiolosie la grande importance des mauvaises habitudes alimeutaires, des mastications insullisantes, des déglutitions trop ra|)ides,de l'aérophagie, etc., et insistent sur la nécessité de faire en (|ueli|ue sorte ledueation de lalimentation.
Les fonctions eénitales et même la ionctiou du soinineil ont
été également fobjet de tentatives ayant pour but de les régulariser j)ar des exercices éducatifs. L'article intéressant du Kév. Samuel ["'ellows sur l'insomnie, sa nature-, son traitement, montre combien de mauvaises habitudes interviennent dans ce trouble
I. U. C Cabiil, Work. cure. Psycholherapy de Parker, III, i. |). 27.
a. A. Blix, Linlliicnce de l'esprit sur la digestion. Psychotherapy de Parker, III. iir, j>. ,'i8.
3. Cf. en particulier, M. J. Guisoz, De rétiologie et de différentes formes des sténoses inllaminnloires do l;i région cardiaipie de Tcrsopliage. Presse médiralé, 4 juin 1917
et comment l'éducation peut améliorer le sommeil'. MM. Déjerine et Gauckler insistent également sur cette éducation du sommeil (p. 017) et les disciplines de la « New thought » américaine comme Will Power Ebbard donnent toutes sortes de règles sur la position à conserver, les paroles à se répéter en se couchant, les dispositions d'esprit à prendre pour bien dormir. Cette revue. rapide nous montre l'extension curieuse que prirent à un moment les procédés éducatifs qui s'appliquèrent à la plupart des fonctions motrices et viscérales susceptibles de présenter des troubles dans les névroses.
La rééducation cependant a encore été entendue d'une manière beaucoup plus large quand elle a voulu dépasser le traitement des troubles proprement moteurs pour atteindre les troubles d'apparence plus précisément mentale. D'abord on n'a attaqué ces derniers que par l'intermédiaire des troubles du mouvement eux-mêmes". Comme je l'ai montré à plusieurs reprises, les malades dont les symptômes les plus apparents consistent en phobies, en obsessions, en délires même, et qui ne semblent pas attirer notre attention sur les troubles du mouvement de leurs membres, présentent cependant dans ces mouvements beaucoup de désordres. J'ai insisté souvent sur la faiblesse et surtout sur la brusquerie, l'irrégularité, la maladresse de leurs mouvements qui parfois s(Mit manifestes dès l'enfance, avant 1 apparition des troubles mentaux caractéristiques. Cette nialatlresse des mouvements est en rapport avec les troubles de l'action caractéristiques des névropathes, troubles qui sont la source de tous les accidents ultérieurs. Ne semble-t-il pas vraisemblable qu'une translorniation de ces mouvements par l'éducation puisse agir sur l'euseniblf de l'activité et soit capable de prévenir ou de supprimer les troubles mentaux. C'est ce (|ue j'exprimais déjii dans mou li vie sur les obsessions, 190.'}, en conseillant d'habituer I enfant prédisposé au mouvement (|ui est un des grands antagonistes de la iiiminalion mentale. « Il doit faire, disais-je, beaueouj) d'exercices phvsiques de toute esjièce, il f;iul (|ue ees exercices soient réglés et iidroils vav
I. n<v. Sariiin I h"(llo\\<, L'iiisomiiio, sa iialnrc, son Iraitciiniit. /'ïV(/io//i<T(;/)v. 111,1, p. 7^.
■ji. Voir en parliculior ('.liarlp>< K. MilU, 'l'Iir trcalnicnl <>f norvoiis aii<l in-nlil iliscasrs |)v svsti'inatiscd aili\c e»fTciM!<i. Tlir Iransacliiui.i oj tin' l'iiilitilfliiliin cuunty mi-ilical suciely . Jamiary, 11, i><'*<y.
Janet. — Acquis, {isjrcli. III — a
il pst essentiel de développer chez lui l'adresse des raouvements ])l)vsifjues. Les scrupuleux sont de terribles maladroits qui ne peuvent rien loucher, rien manier : il laut habituer ces enfants dès le plus bas âge à se servir de leurs mains, à exercer des métiers manuels, à travailler la terre, le bois, le papier, it cultiver des plantes, à construire des objets, à agir sur la réalité. » Des idées de ce genre ont été adoptées par ceux qui s'occupaient de traitements par la gymnastiquç, mais sans grahde précision. M. Lagrange parle de l'importance d'une éducation continuelle du maintien et de la surveillance de tous les instants qui doit être exercée sur certains névropathes pour appeler leur attention sur leurs muscles'. « L'influence des attitudes du corps est très grande, disaient également ^1^L Camus et Pagniez, on développe de l'énergie chez un neurasthénique en lui faisant prendre des attitudes de l'énergie et de la force-. » MM. Déjerine et Gauckler insistent sur la correction de ces « attitudes dvsharmoniques » auxquelles ils attribuent un grand rôle dans les phobies et les obsessions de la fatigue : « Il sera important de faire marcher les malades lentement à pas comptés, en s'arrêtant pour respirer, de leur apprendre h stationner debout sans chercher une immobilité absolue, de les prémunir contre les troubles de l'équilibre, en un mot de leur apprendre à décomposer le mouvement, à le régler '. » — « Pour(|uoi dans les mouvements contracter plusde muscles (|u'il n'en faut, disait aussi M. R. C. Cal)ot, pourquoi écrire une lettie avec les muscles du dos, de la face, de la langue? 11 faut apprendre à diriger l'énergie motrice intelligemment, à corriiier toutes ces mauvaises habitudes*. »
11 me semble que le développement de cette idée a été surtout un des caractères curieux du mouvement thérapeutique qui s'est dt'voloppé en Amérif|ue en opj)t)sition à la Christian science sous le nom de « New Ihougt ». La plupart de ces auteurs cherchent il modifier l'état mental des névropathes par l'éducation des mou vements des membres et par la suppression do tous les petits désordres <|ui caractérisent ces malades. \\"\\\ Walker Atkinson recoiiini;inde de laire plusieurs fois par jour I Cxercice suivant :
I. L.ij:raiigo, Mi'cniiolkcnipir. p. 3t)i. a. Camus i-l l'njrnicz, op. cit.. p. lôo. ^. nijorin»' et (îauckler, op. cit.. p. i5o.
'j. H. (1. Oiibol, Tlic lise and abuse of rosi in llic Iri'almenl of discase. PsychothiTiipy ilo Parker, 11. ii, p. a.").
« se promener en tenant un verre plein d'eau bien di^oit devant soi, sans en répandre une goutte : c'est qu'il faut apprendre à surveiller les tremblements et les mouvements involontaires. Il faut lire sans se permettre aucun mouvement des lèvres ou de la langue pendant qu'on lit. 11 faut s'exercer à ouvrir lentement les doigts- un à un, à les refermer lentement et continuer cet exercice pendant dix minutes de manière à surveiller avec précision le déploiement et la contraction des doigts. » M. Turnbull recommande des exercices du même genre et insiste sur la régularité de la respiration pendant les exercices : « l'accomplissement de ces taches même triviales, est important, il fortifie la volonté. Faites cela rien que pour accomplir une tâche ». Le même auteur insiste sur les exercices de la force du regard : « Il faut s'exercer à fixer avec intensité un point noir sur du papier blanc, soutenir ce regard une minute, arriver à le soutenir quinze minutes, changer la direction du regard et maintenir cette nouvelle direction... Se regarder soi-même dans une glace avec fixité pour s'ac-coutumer à soutenir le regard d'autrui, fixer les personnes résolument et si on ne peut pas tout de suite les fixer dans les yeux, fixer un point imaginaire à la racine de leur nez... Ne pas oublier que l'homme énergique nous donne constamment 1 impression d être en repos il n'est point nerveux, il ne s'agite pas, ayant le sentiment qu'il a en lui des forces de réserve'.» Il est inutile d'énumérer tous ces exercices qui sont toujours du même genre et qui ont le même caractère général. Ils indiquent la même direction thérapeutique : il s'agit toujours d'éduquer l'attitude extérieure afin de parvenir par elle à modifier le moral. Cette notion s'est répandue depuis quelque temps, elle a même pénétré dans la littéiature. Dans le roman de Pierre de Coulevain « Sur la branche » on peut voir la description d'une nursery où se fait l'éducation des entants : " L'autre jour en entrant j'aperçois maître Francis assis mélancoliquement au milieu de la salle, sans jouets, les mains sur les bras de son fauteuil. — Que failli donc là? — Ce qu'il fait, répondit Sarah étonnée de ma (juestion, il apprend ii se tenii- tran (juille, dix minutes le matin, dix mlnules l'après midi ; cela le repose et moi aussi. » Voilà un exercice fort recomniandable rjtii peut faire le plus grand bien à beaucoup de névrn|)atlu'S