‹ Les médications psychologiques (volume 2)Chapitre 59 sur 118 · I. Obsr.'^sions et psycluisténie. i()o3, I, p. 6i · texte numérisé non relu

I. Obsr.'^sions et psycluisténie. i()o3, I, p. 6i

3. A. I)ijîiiliam|ts, Les nuiladii's de iénenjie. i()0(j, p. ^^^(h". Alcu ).

LES MÉDICATIONS PSYCHOPHYSIOLOGIOUES :<(•.{

partir de 60 ans il a complètement changé de caractère, il n'a plus conservé ni doutes, ni phobies et il s'est mis à effectuer seul et non sans hardiesse de grands voyages ; il a eu la vieillesse la plus verte et la plus heureuse jusqu'à sa mort à 82 ans.

Je donnais autrefois de ces faits une explication qui me semble encore en partie exacte, c'est que. la vie dans la vieillesse demande moins d'adaptations nouvelles, quelle est plus simple, moins coûteuse, et qu'il est alors plus facile de suffire à des dépenses diminuées même avec des ressources qui sont restées faibles. L'amélioration manifeste produite par la ménopause chez des femmes comme Lise et Lox. semble justifier cette interprétation puisque les grandes dépenses nécessitées par les fonctions génitales et même par les tendances amoureuses sont énormément réduites. Peut-être peut-on admettre aussi qu'une évolution s'est faite chez ces individus qui a amélioré la production des forces psvchologiques. Ce sont, comme nous l'avons sans cesse répété, des lents, des individus à évolution physique et morale très lente qui n'arrivent que très tard à leur complet développement. Je pourrais n^ontrer que chez plusieurs d'entre eux la puberté morale, les désirs et la curiosité génitale n'apparaissent que vers 3o ans, que l'activité sociale, le désir d'indépendance, manifestes chez des jeunes gens normaux de 17 ou de 20 ans, ne se développent chez eux qu'à ^o ans. 11 se peut qu'il y ait beaucoup d'autres énergies I peine soupçonnées dont l'activité joue un rôle dans la tension psvchologique et qui n'apparaissent chez ces malades que bien plus tard. Quoi qu'il en soit de ces hypothèses, il n'en est pas moins curieux de constater que ces individus ont une activité psvchologique bien plus complète au moment où la vieillesse vient réduire et troubler par des infirmités leur santé physique.

J'ai déjà insisté bien souvent sur un autre fait (jui m'a paiu bien curieux, c'est l'inlluence manifestement bienfaisante de l'état de grossesse chez les névropathes et j'ai rapporté trente observations dans lesquelles un état psychasléni(|iie grave diminuait, puis disparaissait même complètement à partir du quatrièmr mois de la grossesse. Les deux tiers des malailfs il est vrai retombaient dans un état de dépression analogue (juelque teflips après I accouchement. Je viens d'observer une dizaine de cas nouveaux dans lesquels les choses se sont passées de la même manière, parmi ce<; malades doux femmes qui <li'puis de** années avaient

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des tics, des manies et des obsessions les perdaient complètement pendant les derniers mois de la grossesse et les retrouvaient aprè& 1 accouchement. Iléloïse n était jamais normale que pendant les périodes de grossesse et pendant les règles. X., une femme de 27 ans, aboulique et tourmentée par toutes sortes de phobies depuis l âge de i3 ans « est toute surprise dagir comme tout le monde et de n'avoir plus peur de rien » pendant la grossesse. Peu de temps après l'accouchement elle s'interroge pour savoir si elle aime l'enfant, elle a peur de lui faire du mal et tout recommence. Dans deux observations l'influence de l'allaitement a prolongé pendant six mois la bonne influence de la grossesse. Je n'ai observé que trois cas contraires pendant lesquels la grossesse a évolué sans amener aucun changement dans l'état psychasténique. Ce dernier fait est beaucoup plus rare et je n'ai pu établir ce qui distinguait ces trois femmes des précédentes. Sans insister ici sur les interprétations possibles de cette influence de la grossesse, bornons-nous à remarquer que beaucoup de grossesses que nous venons de signaler ont été pénibles, ont amené des affaiblissements et des troubles de la santé et qu'elles n'en ont pas moins déterminé une amélioration considérable de l'état névropathique.

Le problème devient encore plus complexe quand on passe de ces états normaux comme la vieillesse et la grossesse à des états franchement pathologiques qui s'accompagnent d'une amélioration mentale du même genre. De simples maladies fébriles passagères déterminent des améliorations manifestes. La grippe rend Pépita parfaitement raisonnable et heureuse pendant dix jours, et cela même à une période, celle des journées qui suivent les règles, où elle est régulièrement très troublée. 11 en est de môme chez trois autres qui n'ont plus ni honte d'ellesmômes, ni tics, ni accidents hystériques quand elles ont la fièvre. Si \Vd., f. 16, n'urine pas dans son lit, ou ne se lève pas la nuit en somnambulisme, c'est ([u'elle a de la fièvre. Bul., cette femme de 50 ans, si singulière, qui a sans cesse l'obsession « (ju'elle est dans un sépulchre toufnoir entourée de gens (jui sont morts » est atteinte de broncho-pneumonie et sa température osci.lle entre 38 et 39,') : « C'est étonnant, dit-elle, vous n'avez plus la figure barbouillée de noir, vous n'avez plus l'air (lYtre mort et moi-même je ne suis plus dans un sépulchre noir. » (^uand quinze jours plus tanl elle in'arcueilieen oiMuissant

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« parce qu elle est de nouveau dans un caveau noir et que tous les gens qui l'entourent sont morts », sa température est de 37,3. Chez d'autres malades qui après une pneumonie, une fièvre typhoïde restent affaiblis pendant un certain temps, les obsessions et les phobies, même les accès épileptiques, ne réapparaissent pas tout de suite. Tant que dure la convalescence l'état mental semble parfait et la volonté énergique ; ce n'est qu'au moment où les forces physiques sont rétablies que les troubles mentaux réapparaissent.

L'observation de Mba, atteint d'une angine grave avec abcès du pharynx que nous avons déjà étudiée était tout à fait caractéristique. Il se peut que les maladies fébriles donnent naissance à des toxines excitantes (]ui relèvent la tension psychologique. Mais cette interprétation ne peut s'appliquer aux périodes de convalescence sans fièvre et sans autre altération pathologique qu'un grand état de faiblesse. Il est plus juste de rattacher ces faits à ceux qui ont donné naissance à la théorie de la décharge. Ce sont des observations analogues à celles que l'on fait dans les asiles 'sur le mélancolique qui est plus mal après une bonne nuit et qui semble plus lucide après les insomnies et les fatigues, sur les névro[)athes (jui sont améliorés après de grandes crises coiivulsives, après des marches, des travaux longs et fatigants. Dans tous ces cas la faiblesse, l'épuisement rétablissent une certaine proportion entre la quantité de force et la tension psychologique et diminuent les troubles névropathiques.

Beaucoup d auteurs ont incontestablement exagéré le rôle des infections tuberculeuses dans les névroses. Sans doute il y a des cas fort nombreux où le malade peut présenter des accidents lub(ïrculeux j)lus ou moins graves en même temps que des tioubles névro[)athiqiies, mais cela est loin d'être la règle et dans des observations cuiieuses (jue j'ai rapportées aiitrelois l'évolution de la tuberculose pulmonaire semblait agii- (■((innic les maladies épuisantes dont on vient de parler et amenait une Iranslormation des plus heureuses de l'état mental. Claire cjue j'ai si longuement étudiée dans mon premier travail sur les obsessions a été tourmentée par des obsessions sacrilèges et par des Iroubh's de toutes sortes depuis l'âge de iti ans jiisqu'it l'âge de 3.^ ans ; mais depuis le moment où la tuberculose pulmonaire est devenue grave jus- (|u'au monienl de sa mort, c'est-à-dire pendant plus de deux ans, l'espiil a été pai-lailement libre. Vea., h. 35, était Inui'menti- de- Ja.net. -- Ac(jiiis. psvcli. [Il — jo

puis dix ans par des obsessions superstitieuses, des interrogations anxieuses pour savoir «s'il était religieux ou criminel», des idées vagues de domination qui rappelaient le délire de persécution: la tuberculose qui s'est développée et qui la immobilisé presque complètement lui a rendu le calme complet de l'esprit pendant trois ans.

Plus souvent encore des médecins ont exagéré le rAle de la syphilis. Si nous laissons de côté des afTections spéciales dans lesquelles des lésions spécifiques bien constatées jouent un rôle incontestable, il est impossible de trouver une relation régulière entre les véritables névro-psychoses et la syphilis : sans doute, il est juste de dire que la syphilis héréditaire par son action sur les dégénérescences organiques a certainement une action prédisposante, sans doute on peut reconnaître que l'apparition de la syphilis peut déterminer des émotions vives et dans certains cas des épuisements, mais ce sont là des influences banales.

Ces réflexions sur les diverses maladies générales nous montrent qu'il n'est pas facile d'appli jueraux névroses l'ancien adage « mens sana in corpore sano»,cl s nous empêchent d'expliquer trop vite toutes les maladies moniales par des afTections organiques banales. Beaucoup d'études sont encore nécessaire, pour préciser les troubles du fonctionnement de l'organisme qui jouent ici un rôle prédominant.

Troubles gaslro-intestinn iix . — H y a cependant certains groupes de maladies, ou si l'on préfère certains groupes de symptômes phvsiquos qui accompagnent les névroses avec une régularité beaucouj) plus grande, qui semblent avoir plus d'importance dans l'évolution de la névrose elle-même et dont le traitement doit davantage préoccuper le psvcho-tliéra[)eule : nous devons placer au premier rang les troubles gastro-intestinaux.

Il est incontestable qu'un grand nombre de malades atteints des diverses formes de la dépression mentale ont présenté ou présentent en même temps des troubles de l'alimentation. Un certain nombre de névropathes se nourrissent d'une manière insuffisante : on les désignait presque toujours autrefois sous le nom d'anorexiques hystériques ; aujourd'hui ce groupe fort confus s'est subdivisé et à côté des véritables troubles hvstéri(|ues on a distingué les diverses obsessions, impulsions et délires relatifs à l'alimentation. Kn j^énéral il faut se méfier dès le début

des restrictions d'aliments faites par des névropathes sous prétexte de régime ou sous prétexte de pratiques idéalistes. Elles ne tardent pas à s'exagérei- et à amener des restrictions et des refus d'aliments de plus en plus graves. Plus fréquemment encore on observe chez ces malades des excès d'alimentation : nous avons bien plus souvent affaire à des névropathes qui mangent trop qu'à des névropathes qui mangent trop peu. Sans parler même des grands boulimiques que des impulsions visiblement pathologiques poussent à manger toute la journée des quantités énormes d'aliments, nous voyons sans cesse un grand nombre de ces malades qui régulièrement absorbent à tous leurs repas des ([uantités d'aliments évidemment supérieures à la moyenne et surtout su[)érieures à la quantité qu'ils prenaient avant d'être malades. Cette conduite fréquente est en rapport avec le sentiment perpétuel de dépression et avec l'instinct qui nous pousse à rattacher la faiblesse à la faim et à la traiter par la nourriture. Les malades qui mangent trop sont en effet des malades inertes qui souffrent de senfiments d'incomplétude tandis que les anorexiques sont d'ordinaire des malades remuants chez qui l'agitation dissimule la dépression et qui en raison de lagitation même éprouvent peu les sentiments d'incomplétude. On voit souvent des sujets, suivant la phase de leur maladie présenter successivement les deux syndromes opposés : Ug., f. 20, par exemple, se comporte d'abord comme une anorexique, elle va et vient de tous les cùtés, monte à cheval, suit des cours, passe la nuit à des bals et refuse absolument de rien manger ; puis après dix-huit mois, assez brusquement, elle change d'attitude, se déclare fatiguée, ne veut plus faire aucun travail et refuse même de quitter son lit, mais elle mange toute la jouiiiéo et exige constamment des tranches de viande froide et des bouteilles de vin sur sa table de nuit, (^ette évolution est très fréquente, je l'ai observf'-e dans un<' douzaine de cas et en général • Ile indiriue une auerravation de la maladie. L;i suralimentation .1 laqu(dlc ces malades se souinctte:it dans tous ces cas n'a que de très mauvais effets. I^a dépression ne diminue pas. bien au contraire elle augmente plutfH par suite de la fatigue imposée aux organes digestifs et [jar suite des complications qui ne tardent pas il survenir.

Un très grand nombre de névropathes, en ell'et. surtout au début de b'ur inalailii-, ii la snifr d'excès ;diim-ntaires, ou même

indépendamment de ces désordres de ralimeutation. présentent des troubles de la digestion gastro-intestinale. « Tout névrosé, disait déjà Gilles de la Tourette', souffre peu ou prou de l'intestin. » Je trouve rapidement, dans les observations auxquelles nous avons sans cesse fait allusion, 60 malades qui éprouvent sans cesse de grands troubles de la digestion, en même temps qu'ils présentent des troubles ps%'chiques. On constate chez eux des douleurs, des brûlures d'estomac, des régurgitations acides, des vomissements, des salivations excessives qui atteignent quelquefois des proportions invraisemblables, comme chez Te*, f. 3o, qui remplissait des cuvettes de salive, ou bien on observe de l'anorexie, du dégoût, des digestions lentes avec flatuosités, gonflement, stagnation des aliments, dilatation de l'estomac, clapottement, battements épigastriques, etc. Ces symptômes sont désignés suivant les cas par les mots d'hyperacidité, d'hyperchlorhydrie, d'hypersthénie gastrique ou bien sous les noms d'insuffisance gastrique, dhyposthénie gastrique, de fermentations stomacales, de ptôses gastro-intestinales, d'ailleurs ces divers symptômes se mêlent, se succèdent, alternent les uns avec les autres. Ils amènent souvent à leur suite des maladies graves de l'estomac : j'ai peine h croire que l'ulcère de l'estomac en soit toujours le point de départ comme on l'admet quelquefois-, mais il est évident qu'il on est souvent la conclusion.

Les troubles de la digestion stomacale, l'atonie de l'intestin, les ptôses du colon transverse, les coudures en rapport avec la ptôse déterminent très souvent la constipation chronique. Dans une centaine d'observations on constate des troubles de la digestion intestinale qui sont bien connus depuis les travaux de M. Maurice de Langenhagen ^ sous le nom A' entérite muco-memhianeiise. La constipation chronique si fréquente chez les névropathes surtout chez ceux qui ont de rhvperacidité stomacale, détermine des spasmes de l'abdomen, du météorisme; les selles, rares, dures, laminées, ovillées sont accompagnées de glaires, de fausses membranes, souvent de sang, de temps en temps des

débâcles «rlnireuses déterminent de grandes douleurs : très souri o

vent des flux hémorrhoïdaires complètent le tableau. Ces troubles

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