‹ Les médications psychologiques (volume 2)Chapitre 62 sur 118 · I^rnyrrs nieilirith. r*"^ j<iiii l()i · texte numérisé non relu

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L'opothérapie commence à prendre et prendra de plus en plus une grande importance dans le traitement des névropathes en raison des constatations et des théoiies sur le rôle des glandes vasculaires sanguines. Bien des faits me semblant indiquer chez ces femmes un trouble de la sécrétion des ovaires, j'ai essayé chez une dizaine de malades un traitement par les extraits d'ovaires. Je dois avouer que les résultats ne m'ont pas semblé bien nets. Peut-être ce traitement a-t-il contribué à ramener les règles de deux malades après une interruption prolongée, mais son influence ne me parait pas certaine. L'usage des extraits de capsules surrénales me semble avoir eu des résultats plus nets et il a certainement rendu des services dans une douzaine de cas, chez des malades aslhéniques à pression artérielle insulfisante. Trois malades ont été obligés de prolonger ce traitement pendant des mois, car elles présentaient des troubles beaucoup plus graves quand elles l'interrompaient. Quelques gouttes de la solution d'adrénaline rendent également des services dans des cas de ce genre : la coloration bleuâtre des mains et des pieds chez Adèle et chez Agathe disparaît rapidement sous l'influence de cette médication et réapparaît au bout de peu de temps quand on la cesse : je n'ai pas noté qu'il v eut chez elles une modification de l'état mental parallèle.

Le médicament opothérapique qui jusqu à présent me semble avoir eu le plus d'importance dans le traitement des névroses c'est l'extrait de corps thvroïde. J'ai fait cet essai de ce traitement sur 35 malades qui me paraissaient présenter les symptômes de l'hvpothyroïdisme et voici d'une manière générale les résultats de cette tentative. Quelques malades, en petit nombre, cinq, n'ont pas pu tolérer ce médicament : ils ne tardaient pas à présenter des palpitations cardiaques et des bouflfées de chaleur qui obligeaient à interrompre. Je dois dire qu'au début de mes recherches je me servais de doses trop élevées, lo ou 5 centigrammes, tandis que j'ai constaté plus tard que des doses faibles de 20 milligrammes sullisaient pour produire des ellets intéressants avec moins de dangers. Il n'en reste pas moins vrai que certains malades ne supportent môme pas ces doses faibles. MM. Léopold Lévv et de Rothschild, se préoccupant surtout du déséquilibre thvroïdien, traitent de la même manière l'hyperthvroïdisme et l'hvpothyroïdisme, « les faibles doses du corps thvroïde, disent ils, régularisent la sécrétion même chez ceux qui

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présentaient de l'exagéiation ». Je regrette de n'avoir pas pu vérifier cette observation. Tous mes malades qui présentaient de l'agitation cardiaque, des boufiees de chaleur, des tremblements, etc., en un mot des symptômes d'hxperthyroïdisme, ont vu les symptômes augmenter môme en usant de doses laibles, 25 et lo milligrammes, et ont dû cesser cette médication. Pépita, par exemple, obèse et intoxiquée mais dont le pouls s'aiïole lacilemcnt, ne tolère pas l'usage du corps thyroïde. Un autre groupe de malades, au nombre de sept, a pu tolérer sans dilliculté le traitement par le corps thyroïde, au moins les doses faibles, mais ne m'a paru présenter aucune amélioration notable. Cette intolérance et ces insuccès ne doivent pas décourager, mais ce sont des faits dont il faut tenir compte pour ne pas édllier trop vite une théorie glandulaire des névroses.

Chez tous les autres malades, au contraire, au nombre de i8, il y a eu certainement des améliorations notables et quelquefois remarquables sous l'influence du corps thyroïde. Chez tous la circulation est devenue plus régulière et plus active, la frilosité a disparu, les migraines ont été diminuées et quelquefois entièrement supprimées, les troubles intestinaux ont été diminués, les menstrues ont été régularisées. Chez les malades obèses et intoxiquées, que j'ai déjà étudiées à plusieurs reprises, le corps thyroïde a apporté une aide importante au traitement de désintoxication et d'amaigrissement. Fe., cette jeune femme de 32 ans, intoxiquée par la suralimentation et par l'alcool, et couverte d'urticaire, a pris de petites doses de corps thyroïde, 25 milligrammes, pendant les trois mois de son traitement qui a été si rapidement favorable ; il est évident t|ue le coips ihyroïtle n a pas ici agi seul, puisque les purgatifs et le régime ont joué le principal rôle. Mais chez le., f. 35, également obèse et intoxiquée, il semble avoir été plus important ; les troubles, on particulier les migraines, réapparaissaient davantage quand on le supprimait. Lema., f. 3/, non seulement a tiré un grand bénéfice du corps thvroïde, mais elle 110 peut plus s'en passer : voici trois ans quelle absorbe journellement une dose tantôt de 5, tantôt do lo centigrammes, sans jamais intei-rompre. Non seulement elle n'a jamais présenté aucun trouble d'hyperthyroïdismc, mais encore elle a vu un grand nombre de ses troubles s'améliorer considérablement : les migraines, loshéinorragios mens t molles, les troubles intestinaux, ont disparu ; lo trailonioni moral do sa phobie de la fatigue a été

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grandement facilité par cette amélioration considérable de la santé physique. 11 en est de même de Cora, f. 33, dont les migraines, les crises de psycholepsie, les métrorrhagies ont disparu, mais qui est obligée de continuer, elle aussi, depuis des années, l'usage régulier du corps thvroïde, à des doses il est vrai beaucoup plus faibles.

L'observation d'Irène est particulièrement intéressante à ce point de vue parce que la malade a été suivie avec soin pendant des années avant et après l'usage de ce médicament. J'ai déjà montré dans cet ouvrage que cette jeune femme, type de déprimée hystérique, présente à la fois toutes sortes d'accidents mentaux et beaucoup de troubles phvsiologiques. j'ai montré aussi qu'il était possible de relever sa tension psvchologique et même son activité physiologique par divers procédés que j'ai décrits à propos de l'œsthésiogénie et du somnambulisme complet. Mais en décrivant des excitations, j'ai fait observer que la malade retombait toujours au bout d'un certain temps et qu'il fallait sans cesse recommencer. En outre, j'ai montré que la production du somnambulisme complet et de l'excitation était chez elle très dilficile et que dans beaucoup de circonstances ces phénomènes ne pouvaient plus être obtenus. Dans les périodes qui précédaient les règles, dans les périodes de maladie, dans les états de fatigue, il était impossible de l'exciter et de la mettre en somnambulisme complet, il fallait souvent lui laisser plusieurs semaines de repos avant de pouvoir de nouveau la relever par ces procédés. A parde igii j'ai essayé chez elle le traitement régulier par le corps thyroïde et, après quelques tâtonnements, je me suis tenu à la dose de 20 milligrammes par jour, en doublant quelquefois cette dose pendant quelques jours, en particulier aux approches des règles. Nous pouvons constater après cinq ans les modifications apportées par ce traitement. D'une façon générale la malade se porte certainement beaucoup mieux depuis quelle prend du corps thyroïde : certains sympt(^mes se sont beaucoup améliorés, les refroidissements, la frilosité ont disparu, les migraines ont beaucoup diminué, les douleurs qui précédaient les règles et surtout la douleur des seins se sont effacées et les rècles ont cessé d'être hémorragifjues. (^es améliorations dépetjdent certainemenl du médicament, car Irène ne pent pas rester un mois sans prendre de corps thyroïde, les migraines et les hémorragies menstruelles recommencent immédiatement. I/état mental n'a pa<» changé et

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la malade présente les mêmes dépressions et il est nécessaire de la relever de la môme manière qu'autrefois par la provocation du somnambulisme complet. Mais il est certain que j'obtiens cette excitation beaucoup plus facilement et qu'il y a moins de périodes où la malade est complètement réfractaire. Sans doute il ne s'agit pas d'une transformation complète, la malade reste au fond ce qu'elle était et la maladie constitutionnelle n'était pas uniquement un état d'hvpothyroïdisme, mais de tous les médicaments qui ont été essayés, le corps thyroïde est celui qui a produit les résultats les plus intéressants.

Sans doute il s'agit là d'expériences encore restreintes et bien incomplètes, mais dans ces études dilficiles chacun doit apporter ses documents quels qu'ils soient. I/adrénaline, les capsules surrénales dans un petit nombre de cas, le corps thyroïde dans un plus grand nombre et avec plus de netteté, semblent avoir exercé une influence salutaire dans le traitement des troubles physiologiques et quelquefois des troubles psychologiques des névropathes. Il v a là une indication importante pour les recherches ultérieures sur le rôle de plus en plus considérable attribué aux glandes vasculaires dans les névroses.

Toutes ces médications qui s'adressent aux troubles de la digestion, de la nutrition, de la circulation ne se bornent pas en effet à modifier un trouble local, elles ont une influence sur toute la conduite du malade et sur la névrose elle-même. Elles ne l'attaquent pas directement par ses symptùmes essentiels, mais elles s'adressent à des troubles importants que nous avons considérés comme une autre expression d'un trouble fondamental peu connu : on peut les considérer comme des traitements indirects de la névrose.

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