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'j.. — Le> MF.niCA I ions directes des névroses.
Ces impulsions k l'absorption de poisons qui excitent nous mettent d'abord en présence d'un danger et ensuite nous donnent une indication thérapeutique. Nous ne pouvons donner malheureusement sur 1 un et l'autre problème que de brèves indications.
Les drogues excitantes ne se bornent pas malheureusement à déterminer de l'excitation, elles ont des effets secondaires des plus nocifs. Sans doute les déprimés résistent plus à l'ivresse que les individus normaux et quelques-uns comme Yg., h. 20, semblent n'y parvenir jamais. Mais ils finissent cependant pour la plupart par arriver a des troubles analogues, souvent plus graves. Il arrive un moment où la tension psychologique n'est plus en rapport avec la quantité des phénomènes psvchologiques et où se manifeste de l'agitation, de 1 incohérenc, du délire. Beaucoup des malades précédents terminent leur agréable excitation par du délire.
Quand l'absorption de lalcool ou des toxiques se répète, quand les doses sont croissantes afin d'augmenter l'excitation, des effets secondaires en rapport avec l'intoxication apparaissent de plus en plus. On pourrait dire qu'au début l'introduction d'un poison dans l'organisme met toutes les fonctions en garde et détermine comme le début d'une guerre une mobilisation de toutes les forces de l'organisme, ce qui relève l'activité générale et par conséquent la tension psvchologique. Mais si l'ingestion du poison continue en doses croissantes, si la guerre se prolonge trop longtemps, les réserves de l'organisme s'épuisent, I intoxication et l'invasion s'installent et la dépression devient telle que rien ne peut plus la sup[)rinier. Ces interprétations hypothétiques de faits si peu analvsés peuvent peut-être nous fournir une image qui rapproche le mécanisme de ces excitations physiologiques par des poisons de celui que nous avons déjà proposé pour les excitations psychologiques [)ar des actions simples et anciennes et en môme temps nous faire comprendre comment ces excitations ont des limites ([ii il est dangen-ux de franchir.
Quand on se trouve en j)réscnce d'un alcoolomane, d'un morphinomane, on a évidemment alVaire en premier lieu à un itidi-
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vidu en état dintoxication et on doit se préoccuper de le désintoxiquer. Supprimer le poison par la surveillance stricte du malade, par l'isolement complet, le supprimer plus ou moins graduellement, établir un régime spécial, se servir des purges, des divers procédés qui facilitent l'élimination, soutenir le malade pendant les éliminations pénibles, etc. Tout cela est bien connu : nous avons déjà indiqué les grandes lignes des traitements par désintoxication et nous ne pouvons pas ici entrer dans les détiails de la démorphinisation. Mais, si je ne me trompe, ce n est là qu'une première j)artie du problème, car nous avons surtout affaire à un individu qui s'est intoxiqué parce qu'il avait b'esoin de cette intoxication. II ne suffit pas de s'occuper du poison, de rattacher tous les troubles à la présence du poison. Nous avons tléjà critiqué ceux qui dans l'alcoolisme ne s'occupent que de l'alcool : ils se fitçurent qu'ils supj)rimeront l'alcoolisme en établissant des droits sur l'alcool, en travaillant à supprimer I alcool lui-même, mais ils oublient de s'occuper de l'homme alcoolique qui a créé l'alcool et qui le remplacera par quelque chose d'équivalent si l'alcool est supprimé. 11 faut donc en second lieu se préoccujier iln trouble de la dépression qui a amené le besoin du poison avant toute intoxication et qui ramènera le même besoin après la désintoxication la plus complète.
L'observation de Om. nous montre bien le rôle (|ue jouent la dépression et ses oscillations dans la désintoxication elle-même, dans le traitement de la morphinomanie. Ce jeune homme tout à fait déséquilibré et d'ordinaire en profonde dépression présente cejtendant, comme cela est fré(juent chez ces malades, des périodes où sous diverses iniluences sa tensicui psychologicjue remonte j)lus ou moins complètemeiil. Il a (|uelquelois une cU^ ces périodes d excitation durant six semaines ou deux mois pendant les chaleurs de l'été, en juillet-août. Si par hasard la tentative de démorphinisation coïncide avec cette période, elle réussi! admirablement. Placé en effet, à l'un de ces moments, dans une maison de santé ce malade a supporté allègrement la diminution assez rapide, puis la suppression complète de l'héroïne, le médecin triomphait. Revenu chez lui. le malade sentit au bout de peu de jours les premiers svmptômes de la dépression qui réapparaissait ; malgré toutes les résistances, il recommença les piqûres et très rapidement remonta à sa dose antérieure d'héroïne. A ce moment on voulut recommencer une nouvelle tentative de
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démorphinisation, mais, le malade étant cette lois en pleine période de dépression, les choses ne se passèrent plus du tout de la même manière que la première fois. La diminution de la drogue amenait immédiatement la réapparition des accidents graves, angoisses, grande entérite, impulsions génitales, crises hystériques avec éjaculation, accès épileptiques, etc. Les accidents qui avaient été supprimés par l'héroïne revenaient quand on la diminuait : il fallut momentanément renoncer à la démorphinisation. Il en est de même pour l'alcool : il va des moments où on supprime très facilement le Champagne de Lvdia et le whisky de Dr., il y a d'autres périodes où celle suppression très dilficile amène de grands troubles physiques et mentaux. Si cependant on réussit momentanément à désintoxiquer ces malades sans traiter leur dépression "sous-jacente, on s'expose à ce qu'ils recommencent peu de jours après l'usage du même poison ou de quelque autre.
En dehors de certains soins particuliers que réclame leur état d'intoxication, le traitement des dipsomanes et des toxicomanes rentre donc vn réalité dans le traitement des impulsions excitantes dont nous avons déjà parlé. Il faut lutter contre lexclusivisme de l'impulsion, chercher d'autres sources variées d'excitation, faire sentir au malade qu'il y a des excitations d'ordre mental comme des excitations physiologiques, et surtout diminuer le besoin d'excitation en diminuant la dépression, en relevant la tension psychologique par lous les moyens, etc. Ce sont là des problèmes dilficiles dont j'ai sans cesse dans ce livre étudié les diverses solutions. Dr. était hypiiotisahle, elle pouvait éprouver à la suit»' d une séance d'u'sthésiogénie la môme excitation que lui procurait l'alcool ; c'était une leinme (jui avait besoin d'une direction et dont les dépenses morales diminuaient quand elle se sentait tenue. En trois mois elle a pu être débarrassée d'une impulsion alcoolique qui durait depuis des années. Dans d'autres cas sont intervenues les méthodes de repos, de simplification de la vie, d'excitation par le travail, etc. I^e traitement des toxicomanes en (h'hors du traitement particulier de telle ou telle intoxication ne présente donc pas de problèmes spéciaux, il nous remet en présence des dillicullés ordinaires du traitement des névropathes déjiriniés.
Si non-- l.l l-^-'iiri'i <!<■ l'i'lff- ci- plnlilrnir N[ic(l.il. I (■ \ I si,- ncc ,|.'
pareilles impulsions nous révèle l'action excitante de certaines substances. L'utilisation de cette notion supposerait des études qui me semblent encore dans l'enfance, des études sur l'ivresse ou plutôt sur les ivresses. Ces études ont été commencées à lépoque de Moreau (de Tours), elles ont été continuées de temps cil temps en particulier dans les beaux travaux de M. Charles Richet, elles me semblent encore très imparfaites. La psvchiatric française qui a si tristement oublié ses traditions pour se mettre à la remorque de métaphysiques étrangères devrait bien y revenir et reprendre l'observation des faits concrets. L'étude des ivresses, de l'action immédiate et lointaine de telle ou .telle substance sur des individus difl'érents dont l'état mental préalable aurait été bien déterminé serait des plus fructueuses : elle nous révélerait des faits importants dont la psvchothérapie pourrait tirer le plus grand profit.
Aujourd'hui nous sommes très ignorants de toutes ces choses et nous ne pouvons avancer qu'en tâtonnant et utiliser timidement les (juelques propriétés à peu près connues de certaines substances. Quand on a alfaire à des malades (jue Ton tient bien en main, chez qui on surveille les elTets psychologiques du médicament, que 1 on sait pouvoir arrêter au moment voulu, on peut tirer bon parti de ces substances excitantes. Poui- prendre tout de suite le cas le plus délicat, il me semble que par respect humain le médecin redoute trop de parler de l'alcool. Le plus souvent le médecin ne parle du vin et de l'alcool que pour en interdire complètement l'usage. Il n'est pas toujours prudent de supprimer complètement des excitations habituelles sans se demander par quoi on va les remplacer. Voici une femme de r)8 ans, Rh., évidemment prédisposée aux troubles névropalhi(jues et facilemejit dépressible, mais intelligente et très active. (Jomme elle présente quelq<iies troubles de l'estomac à iornie hvpersthénique, son médecin examine son régime et constate que depuis des années elle se nourrit de viande et boit régulièrement du vin sans aucun excès, mais en quantité notable, (|u'elle a même l'habitude de prendre du café. Il lui explique, probablement avec raison, que tout cela est fort dangereux pour son estomac : la malade s'en incjuiète et, exagérant peut-être la consigne, se met ctunplètement au régime de l'eau et de la farine. Non seulement les forces physiques, mais encore les lorces morales disparaissent rapidement, les doutes, les phobies
et les obsessions s'installent : « Je n'existe plus, je ne vis plus que pour des sottises. » Sommes-nous bien coupables en rétablissant le régime antérieur, en permettant du vin et quelques excitants qui amènent rapidement une amélioration ? M. Lagrange avait déjà fait des remarques analogues à propos du café ' : « Les boissons excitantes comme le thé ou le café peuvent, disait-il, accidentellement favoriser le sommeil chez des hommes surmenés. J'ai vu des moissonneurs qui après une journée de fatigue écrasante ne pouvaient dormir que s'ils prenaient du café en se couchant; les mêmes hommes auraient passé une nuit blanche en temps ordinaire s'ils avaient fait le même extra un jour de repos. » C'est à la suite des mêmes observations sur l'efiet particulier de ces substances chez des malades déprimés que j'ai conseillé à une dizaine de malades de se servir d'un verre de Champagne, d'un peu d'alcool, de café, ou quelquefois de kola pour arrêter des angoisses, des crises d interrogation anxieuse, des impulsions. J'ai autorisé des malades à continuer leur demi-bouteille ou quelquefois leur bouteille de Champagne par jour, en exigeant de temps en temps une semaine ou deux d'interruption, et je leur ai fait traverser ainsi des périodes dilliciles sans accidents. L'alcool est un médicament et il ne devrait être qu'un médicament ; mais il ne faut pas avoir honte de prescrire du vin, tandis qu'on prescrit la tête haute de la strychnine. Les excitants usuels, s'ils sont bien réglés, ()euvent rendre de véritables services.
Les aliénistes sont plus habitués ii se servir de lopium qui était déjii recommandé par Esquirol- et qui est donné assez largement dans les états mélancoliques. Il peut rendre des services dans la plupart des dépressions quoique son action soit irrégulière et que certains malades n'en ressentent guère les effets excitants. L'usage de la morphine dans le traitement des névroses, (jui a eu une période de célébrité, a été plutôt malheurt'ux. Il a créé bien des morphinomanes, à mon avis parce que les malades étaient beaucoup trop abandonnés à cux-mi^mes sans surveillance. Ce médicament devient cerlaini-nienl dang^riMix i|ua[)d il est laissé enti-e les mains du malade, ou sinipii-nicnt (piand h' médecin ne surveille pas régulièrement les oscilhitions du niveau iiu'iihil iM ne cht-rchr j)as it viiiii-r li-s rxritanis. il faut