‹ Les médications psychologiques (volume 2)Chapitre 72 sur 118 · I. Eymic^t, Le (jniirernemrnl (h soi-mcme · texte numérisé non relu

I. Eymic^t, Le (jniirernemrnl (h soi-mcme

plaçant au point de vue exclusivement médical, que ces directions sont heureuses et que leur interruption amène de très grands troubles. Ce daucrer existe d ailleurs dans d'autres, circonstances, un homme de ôo ans, Ba., est tombé entièrement entre les mains d une femme qui pratiquait habilement la « Christian science » de M""' Eddv. 11 ne s'agit pas du tout, comme on pourrait le croire, d une domination passionnelle : cette femme n'a jamais fait autre chose que de l'intéresser en lui parlant de problèmes philosophiques, de l'occuper, de le faire travailler et surtout de le persuader qu'il est un grand homme méconnu. Cela sulTit pour qu'elle l'empêche de soullrir et de tomber dans le délire, mais cela lui permet de l'exploiter honteusement et de le ruiner au grand désespoir de sa femme et de ses enfants qu'il abandonne sans remords. Une femme de ^'y ans est entièrement entre les mains d'une ancienne garde-malade qui la accompagnée quand elle est sortie d'une maison de santé et qui a pris sur elle une influence dancrereuse sans doute, mais utile. Bien des malades, comme Clarisse, ont été transformées pendant des années par la présence d'une certaine garde et sont retombées après le départ de celleci. Des associations de ce genre existent parfois entre deux amis : Cxc, h. 3o, a vécu plusieurs années à peu près tranquille dans l'intimité dun ami ^v cpii le tenait sans s'en douter ». Daniel, "h. 'ii , tourmenté par tous les doutes, toutes les superstitions, toutes les manies mentales passe sa vie à regretter le temps où un jeune homme qu il fréquentait « lui parlait avec calme de philosophie positiviste et dissipait comme par miracle toutes ses appréhensions. Comment se fait-il qu'il ne puisse plus jamais retrouver un ami qui ait la môme puissance ». Emma', dont nous avons souvent décrit l'intéressante maladie, a été tenue pendant longtemps par une vieille dame (jui l'avait prise en amitié et qui lui servait de directeur, c est depuis le moment où cette dame inquiète lie certains symptômes n'a plus voulu s'en charger que les désordres ont été beaucoup plus graves.

Le cas le plus étrange est celui où l'association existe entre deux malades qui semblent jouer au naturel la lable de l'aveugle et du paralvtique. J ai recueilli trois observations de ce genre dont la plus intéressante, celle de .\i., f. '»3, a déjii été publiée. Celte femme, atteinte d'aboulie, de doute et de phobie du contact ne pouvait plus toucher aucun objet de toilette et vivait dans la malpropreté, elle a rencontré vers I âge de ."^o ans une ancienne

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camarade de pension déprimée elle aussi et aboulique, mais tourmentée par l'obsession de la mort et du suicide. Elles se sont confié réciproquement leurs misères et se sont moquées l'une de lautre ; après ces confidences elleè ont été toutes deux étonnemment remontées et tranquilles pendant quelques jours. Il en est résulté que pendant dix ans elles ont vécu ensemble d'une manière beaucoup plus correcte parce qu'elles se soutenaient mutuellement. Des racontars de domestiques les ont inquiétées sur la pureté de leurs relations et de leur amitié et elles ont résolu de se séparer. Elles sont alors tombées lune et l'autre dans un tel état de maladie que je n'ai rien pu faire de mieux pour les rétablir que de les réunir de nouveau en dissipant leurs scrupules.

Quand on cherche à reconstituer toute l'histoire des malades qui se présentent actuellement avec des troubles graves, on retrouve dans leur vie passée des périodes d'amélioration qui doivent" être étudiées avec autant de soin que les périodes de maladie. Il ne suffit pas de dire qu'il s'agit d'un malade périodique qui se trouve fatalement en bonne santé à certains moments : celte notion de périodicité est vraie dans certains cas particuliers mais plus rarement qu'on ne le croit, mais elle ne doit pas, comme autrefois celle des cataclysmes, dispenser de la recherche des causes et des causes actuelles qui peuvent agir encore actuellement. Parmi les causes qui ont joué un rùle essentiel dans l'évolution de la maladie il faut toujours mettre au premier rang les causes sociales. Très souvent, comme on l'a vu, la société, les personnes environnantes déterminent des rechutes graves. Mais il ne faut pas ignorer que dans certains cas des rétablissements ou même des guérisons prolongées ont été dues à des induences sociales et en particulier à des dominations, à des directions. Celles-ci ont été sans doute accidentelles, irraisonnées, et quelquefois même ignorées par celui-là même qui les exerçait, mais elles ont été puissamment eflicaces.

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