I. Bramwell, Proceedings of the S. for P. R.. 1896, p
LES PROBLEMES DE L HYPNOTISME 2Ho
tible, c est de l'hypnotisme. » Ces critiques sont justes si on se Hgure que la suggestion est tout. Mais elle ne joue ici qu'un rôle très secondaire, elle remplace cette éducation du somnambule dont nous avons montré la nécessité, elle donne la forme, l'attitude à ce somnambulisme qui se développe à ce moment pour de toutes autres raisons. La véritable cause de l'état hypnotique c'est la dépression, c'est larrêt de la conscience personnelle normale, de cet état mental particulier que nous considérions comme la veille mais qui était chez ces malades dépressibles en équilibre instable et qui a disparu sous 1 influence de la tatio-ue et de l'émotion. La suggestion de dormir ou la suggestion naïve d'être plus suggestible est simplement une direction donnée aux tendances inférieures qui vont remplacer les tendances supprimées. La réunion de cet ensemble de conditions est assez difficile, et on comprend que dans la pratique de l'hypnotisme il y a ici une grande part à faire à l'habileté et à l'expérience de l'opérateur.
La suggestion et l'hypnotisation sont toutes les deux des pratiques dans lesquelles le médecin tire parti de certains symptômes pathologiques. Le malade déprimé est incapable de vouloir avec réflexion et de donner à sa vie consciente de l'équilibre et de la continuité. Mais il peut encore agir avec une certaine force quand il agit d'une manière inférieure, il peut se maintenir pendant quelque temps dans diverses formes d'activité quelquefois brillantes mais passagères ; c'est ce qui donne naissance aux impulsions et aux somnambulismes. D'ordinaire les actions et les états de ce genre sont inutiles ou dangereux. Mais il arrive souvent que le médecin cherche à tirer parti de certains symptômes pathologiques, les vomitifs, les purgatifs, les révulsifs, les vaccins euxmêmes ne font qu'utiliser certains phénomènes pathologiques. La suggestion et l'hypnotis.me ne font pas autre chose que l'utilisation artificielle de limpulsion et du somnambidisnie. La suggestion est la provocation d une impulsion à la place d une volonté réfléchie, l'hvpnotisme est la provocation d'un somnambulisme à la place de l'état de veille. Il nous reste à rechercher comment la provocation de ces phénomènes pathologiques peut jouer un rôle dans la thérapeutique.
Puisque nous connaissons un peu mieux la nature et les conditions de ces deux phénomènes, de la suggestion et de l'hypnotisme, nous pouvons au moins en partie nous rendre compte de leur valeur pratique. Quelle peut être leur efficacité réelle et quels services sont-ils capables de rendre? Est-illégitime et est-il pratiquement possible d'utiliser cette influence? Enfin sommes-nous déjà aujourd'hui parvenus à quelques résultats réels qui justifient cet appel à l'automatisme psychologique ?