I. Cliarcot, op. cit.. p
publiées à Lourdes pendant une année prise au hasard, et j'ai trouvé iio observations de quelque intérêt; sans chercher à éliminer les erreurs et les fraudes qui doivent altérer un grand nombre de ces récits et les rendre moins aisés à interpréter, j'ai cependant constaté 92 cas sur ces iio qui pouvaient être considérés comme des guérisons de symptômes névropathiques. Si on prend les statistiques du magnétisme animal qui sont plus précises, la proportion est encore plus grande. D'ailleurs les magnétiseurs le reconnaissent eux-mêmes : Aubin Gauthier', Rostan^, Morel, Despine% Georget, etc., reconnaissent qu'ils agissent surtout sur des névropathes. Les pratiques qui ont été reconnues utiles pour la réalisation du miracle, les longs voyages en pèlerinage, l'attente prolongée, les récits merveilleux, l'exaltation religieuse, les séances publiques, l'émotion causée par le merveilleux et le terrible, etc., sont des causes certaines de grandes perturbations psychologiques. Enfin, plus récemment, les études sur un fait psychologique assez particulier, le phénomène de la suggestion, sontvenues montrer que l'on pouvait dans certains cas, par des procédés nettement psychologiques, réaliser des faits très comparables à ceux que l'on observait dans les guérisons miraculeuses. De toutes ces remarques on a conclu que c'était dans le domaine de la psychologie qu'il fallait chercher le déterminisme des miracles et les moyens de produire plus régulièrement les mêmes effets.
Certains auteurs, partisans de l'interprétation purement religieuse des miracles, ont protesté, mais assez faiblement contre ces réflexions. Ils ont essayé de contester la qualification de névropathes donnée aux malades de Lourdes et même ils ont montré une certaine hostilité aux malades reconnus névropathes jusqu'à considérer leur guérison comme peu intéressante. C'est là une singulière erreur : rien n'est plus difficile que de guérir un névropathe avéré et Lourdes mériterait cent fois sa réputation s'il excellait seulement dans ce genre de thérapeutique. Il suffit d'un peu de connaissance médicale pour voir que même parmi les malades autrement qualifiés ce sont le plus souvent des névropathes méconnus qui guérissent.
Les autres discussions ont porté le plus souvent sur ce malheu-