Les dangers présentés par ces thérapeutiques
La suggestion et l'hypnotisme peuvent rendre des services ; mais peut-on y avoir recours ? Est-ce que ces procédés ne présentent pas des inconvénients qui compensent leurs avantages ? Récemment encore M. Fr. T. Simson discutait cette question et dans son article « Hystérie, sa nature et son traitement » publié dans la « Psychotherapy » de Parker, III, m, p. 28, énumérait les nombreux auteurs qui ont exprimé sur ce point des opinions contradictoires. Dans un travail déjà ancien, j'ai étudié avec quelques détails ces prétendus dangers de la suggestion hypnotique et je ne puis que résumer ici les conclusions de cette étude. « 11 ne faut pas croire, disaient autrefois Demarquay et Giraud- Teulon, à l'innocuité de l'hypnotisme parce que l'on n'introduit
I. liabiiiski, Gorc't/e /if6(/()//(f((/(!/re, juillet i8()i,p. lO.
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aucun, élément étranger dans le corps humain : une méthode qui commence par foudroyer un système nerveux ne nous rassure qu'à moitié'. » Il y a là à mon avis beaucoup d'exagération et l'hypnotisme n'est pas si foudroyant; je dirais môme que l'hypnotisme et la suggestion sont malheureusement très peu dangereux. Je dis « malheureusement » car un médicament n'est réellement puissant que s'il peut être dangereux et il est bien dilTicile de concevoir une thérapeutique qui soit à la fois efficace et dans tous les cas inofFensive. Le caractère dangereux d'un poison réclame des études sur les applications et les doses, mais il a été le premier indice de la puissance du médicament. Il n'en est guère ainsi de la suggestion et de l'hypnotisme expérimental qui même mal appliqués ne semblent pas jusqu'à présent pouvoir déterminer souvent de grands troubles.
Si ces pratiques sont appliquées à tort et à travers à n'importe quel malade, elles n'auront le plus souvent aucun eff'et et ne feront du tort qu'au médecin. Charcot a écrit autrefois à ce propos une jolie page : « Il se peut qu'un thaumaturge dise à un malade : levez-vous et marchez... pourquoi ne pas faire le thaumaturge, puisqu'il s'agit du bien du malade. Eh bien, messieurs, je ne dis pas non absolument et dans certains cas lorsque votre diagnostic est bien établi, peut-être pourrez-vous vous risquer. Mais soyez prudents en pareille matière, très prudents ; n'oubliez pas que dans la pratique il y a des questions de gont, d'opportunité et, ajouterai-je, de dignité médicale dont il ne faut jamais méconnaître l'importance. N'oubliez pas que rien ne saurait rendre plus ridicule que d'annoncer avec fracas un résultat qui peut-être ne se réalisera pas, car la suggestion est un agent difficile à manier et dont, passez-moi l'expression, il est bien difficile de préciser les doses. Les Anglais, gens j»rali(jues par excellence ont dit : « Do not prophesy unless you be sure, ne prophétisez jamais qu'à coup sûr. » A cet égard je suis entièrement de leur avis et je vous engage à vous conformer à ce principe'. » Si le médecin risque d'y perdre sa réputation, le malade au moins ne perdra pas grand'chose : il pourra éprouver à la suite de tentatives inutiles de la fatigue, de l'ennui et surtout de
1. Dcraarquay et Giraiid-Teulon, Recherches sur t'hypnolisme ou sommeil nerveux, i8uo, p. 8.